Texte A : Gustave Flaubert, Mémoires d'un fou (posthume, 1901), chapitre X

Texte B : Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale (1869), première partie, chapitre I

Texte C : Gustave Flaubert, L'éducation sentimentale (1869), troisième partie, chapitre VI

Texte D : Louis Aragon, Blanche ou l'oubli (1967), troisième partie, chapitre 3, "Une mèche de cheveux n'est pas une hypothèse".

Selon vous, réécrire, est-ce chercher à dépasser son modèle ?

Vous développerez votre argumentation en vous appuyant sur les textes du corpus, ainsi que sur ceux étudiés en classe et sur vos lectures personnelles. Vous pourrez vous intéresser à d'autres genres que le roman.

Eléments de corrigé

Proposition de plan :

Introduction :

Réécrire, est ce chercher à dépasser son modèle ? Nous nous efforcerons de répondre à cette question en montrant que la réécriture à plusieurs finalités, elle peut en effet se référer à l’histoire et à l’histoire littéraire, c’est-à-dire, à l’imitation des modèles admirés ou encore à des choix que nous qualifierons de plus personnels, mais nous devons admettre qu’elle obéit toujours aux règles d’une nouvelle création. Dans un premier temps, nous verrons en quoi et comment la réécriture est une composante essentielle du travail de l’écrivain, en second lieu, pourquoi nous pouvons affirmer d’elle qu’elle est une forme d’hommage aux modèles admirés et enfin en dernière partie, en quel sens la réécriture peut être perçue comme une œuvre originale et singulière.

I.         La réécriture : une composante essentielle du travail d’écrivain

1- on peut considérer comme « réécriture » le travail effectué par un écrivain sur ses propres œuvres, mais nous devons nuancer nos propos en admettant qu’il y a toujours un décalage entre les notes prises par un écrivain et les romans, on peut ainsi justifier cette remarque en citant Flaubert, le texte source Mémoires d’un fou et l’extrait correspondant de l’éducation sentimentale.

2- la réécriture peut également correspondre à, des versions différentes :

Par exemple, nous constatons que le poète Baudelaire utilise les mêmes thématiques à savoir des formes poétiques diverses et variées comme la prose, « la chevelure » ou « l’invitation au voyage ».

Mais si la réécriture est une composante essentielle du travail de l’écrivain, elle n’en reste pas moins une inscription dans l’histoire littéraire, un hommage aux modèles

II.        La réécriture : une forme d’hommage aux modèles admirés

1 - Nous pouvons nous référer à la pléiade et au classicisme pour avancer l’idée selon laquelle certains mouvements littéraires se basent sur des modèles empruntés à la tradition gréco latine, on peut citer à cet effet, Du Bellay qui recherche la pureté de la langue considérée comme excellente, voire parfaite dans l’imitation des poètes latins. L’antiquité sert donc de référence, Boileau dans L’art poétique met en avant l’idée qu’il faut toujours prendre modèle sur les anciens, il reprend les règles définies par Aristote, de même La Fontaine s’inspire des fabulistes grecs, latins et orientaux comme Esope.

2 - Nous pouvons en outre mentionner la renaissance italienne par la forme du sonnet de Pétrarque ou encore Voltaire et les encyclopédistes qui se sont inspirés d’ouvrages anglais

Nous voyons ainsi que si la réécriture fait toujours référence à un modèle d’imitation considéré comme parfait, il n’en reste pas moins, qu’elle nous renvoie à une source de création originale.

III.       La réécriture : une source de création originale

1 - La réécriture se veut et se réclame toujours supérieure au modèle imité, il y a cette idée de comparatif qui domine, on le retrouve chez La Fontaine, dans les Fables considéré comme genre majeur avec à la différence d’Esope, une adaptation versifiée et de nombreux dialogues.

2 - Cette nuance apportée nous force à constater que la réécriture devient unique, une œuvre originale, singulière même si elle s’inspire de modèles antiques et s’adapte aux messages plus contemporains. On peut de ce fait citer pour faire valoir cette idée, La Guerre de Troie n’aura pas lieu de Giraudoux ou encore Antigone d’Anouilh. Nous pouvons ainsi affirmer sans crainte de nous tromper que parfois même elle peut opérer un détournement, ainsi Anouilh réactualise t’il sous une forme plaisante la fable de la cigale et de la fourmi de La Fontaine.

Conclusion :

Nous voyons ainsi que la réécriture est une composante essentielle du travail de l’écrivain, elle est inhérente à son activité et son investissement intellectuel, mais nous devons nuancer davantage nos propose et affirmer que son originalité vient du fait qu’elle s’inspire de modèles admirés comme l’antiquité et enfin, qu’elle devient au final une création unique et singulière.

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Mathieu

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