Texte A: Molière, Le bourgeois gentilhomme, acte II scène 4, 1670

Texte B: Feydeau, On purge bébé, 1910

Texte C: Ionesco, La leçon, 1951

I- Réponse aux questions

1) comparez les relations entre les personnages mis en scène dans ces extraits.

Les trois extraits présentent des personnages en situation d’apprentissage: Monsieur Jourdain, Rose (et en un sens aussi Mr Follavoine) et l’Élève vont au cours de l’extrait acquérir une connaissance; la différence entre voyelles et consonnes et leur prononciation pour le premier, l’existence des Hébrides et la définition d’une île pour la seconde et la manière la plus efficace d’articuler les sons pour la dernière.

Tous ont respectivement un maître. Le maître de philosophie révèle à monsieur Jourdain les joies de la phonétique, Rose apprend de Mr Folle-avoine un peu de géographie et le professeur inculque à l’élève la stratégie du port de tête. Mais aucun n’entretient avec celui-ci les mêmes rapports. Le maître de philosophie a été engagé par Monsieur Jourdain pour lui apprendre des choses: celui-ci est son précepteur. Rose est la domestique de Mr Follavoine. Seule l’élève de La leçon est dans un rapport traditionnel d’apprentissage, face à un maître peu enclin à écouter son élève.

A cause de ces rapports différents, le ton change. L’admiration de Monsieur Jourdain pour le savoir que représente le maître de philosophie lui apprenant les bases de la langue fait place à l’étonnement soumis et peu convaincu de la jeune domestique. Enfin, l’élève feint par politesse l’admiration mais se laisse vite rattraper par un mal de dent qui l’empêche d’être conquise par les propos de son professeur.

Tous en revanche semblent soumis aux exigences de leur maître.

 2) Qu’est-ce qui rend ces trois textes comiques?

Les trois textes proposés relèvent du registre comique. Le comique naît d’une part des personnages eux-mêmes mais aussi des situations dans lesquelles ceux-ci sont placés.

Les personnages sont comiques car ils s’extasient pour un rien: c’est le cas de monsieur Jourdain « Ah! Que cela est beau! » l. 18 . Sa réaction est décalée par rapport au contenu de l’apprentissage: « A, E, I, I, I, I. Cela est vrai. Vive la science! » l. 21. En réalité le personnage part de loin et son ignorance finir par émouvoir: « Ah! La belle chose que de savoir quelque chose! » l. 28-29. Rose a un aspect comique par son attitude: les didascalies la décrivent « ahurie » l. 6, « ouvrant de grands yeux » l. 13 ou encore « voulant avoir compris » l. 22. Là encore son personnage provoque le rire mais Rose est également touchante. Le comique naît dans la Leçon de la grimace de l’élève qui souffre d’un mal de dent: « aura l’air de souffrir de plus en plus »l. 32

Les situations également prêtent à rire. Le maître de philosophie commence vraiment par les bases de la connaissance or nous étions en droit d’attendre autre chose d’un tel maître. Monsieur Follavoine ne sait, quant à lui, pas grand chose de plus que sa domestique: maugréant contre l’ inculture de celle-ci, il se révèle en réalité parfaitement ignare lui-même puisqu’il ne sait pas écrire le terme qu’il cherche dans le dictionnaire. En outre, le quiproquo du début sur la question du lieu où se trouvent les Hébrides est très efficace. Enfin, l’indifférence du Professeur face au mal de dent de sa jeune élève et le décalage entre son exaltation et l’absence de réaction celle-ci est un puissant effet comique: « ça n’a pas d’importance. Nous n’allons pas nous arrêter pour si peu de chose. Continuons! » l. 30

 II- Sujets à traiter

1) Commentaire de l’extrait de La Leçon

Introduction: Dans La Leçon, Ionesco met en scène en 1951 deux personnages: une élève attentive, intéressée et volontiers soumise et un Professeur au fort caractère. Si toute la force comique de l’extrait qui nous est proposé vient de ce personnage, celui-ci adopte pourtant à plusieurs reprises une attitude dérangeante, qui n’est pas sans rappeler les heures noires de la politique internationale.

a) le professeur est un personnage ridicule:

  • un professeur exalté: convaincu par l’exactitude de ce qu’il apprend à sa jeune élève, il en exagère l’importance jusqu’à en faire quelque chose de vital : « jusqu’à l’heure de votre mort » l. 1-2
  • il transmet sa connaissance sous une forme pompeuse : les principes n’ont pas grand sens: « toute langue n’est en somme qu’un langage » l. 4-5 et malgré les liens logiques qui font penser à une démonstration mathématique comme « ce qui implique nécessairement »l. 5, « par conséquent » l. 10, la théorie ne semble pas très cohérente.
  • il utilise des poncifs pour fonder sa théorie: l’idée que les paroles tombent dans l’oreille d’un sourd est au fondement de sa théorie sur l’articulation. Or il s’agit d’un proverbe qui en aucun cas ne saurait avoir une valeur scientifique.

Transition: si le personnage est à plusieurs égards ridicule et par là suscite le rire, il a en revanche une autre facette qui pourrait être plus inquiétante.

b) Cette scène n’est pas seulement comique mais comporte aussi un effet inquiétant.

  • le professeur fait preuve d’autoritarisme: les nombreux verbes à l’impératif montrent qu’il est très autoritaire et ne supporte pas d’être interrompu, devancé ou contredit: « Taisez-vous. Restez assise, n’interrompez pas… » l. 14.
  • il semble être le seul garant de la connaissance et annonce ainsi des idées uniques sur la science: « N’étalez donc pas votre savoir. Écoutez, plutôt. » l. 7
  • sa conviction sur une théorie aussi farfelue fait froid dans le dos: comment un homme peut-il véhiculer de telles idées sur ce qui était déjà en 1951 une science, la linguistique ?
  • enfin sa complète indifférence aux maux de la jeune élève laisse présager le peu d’écoute de cet homme et le manque d’aptitude à se comporter comme un vrai professeur vis-à-vis de ses élèves.

Conclusion:  SI l’aspect comique domine dans cette scène, d’autres élément s plus noirs émergent du personnage du Professeur. Celui-ci n’est pas sans rappeler une attitude totalitaire par son autoritarisme, sa force de conviction et son manque d’écoute d’autrui.

2) Dissertation:

Plan suggéré:

  1. oui une pièce comique sert à faire rire et cela procure du plaisir
  2. mais il y a une autre dimension du comique qui vise à dénoncer les travers de la société, d’une classe sociale ou d’un caractère. = c’est souvent le cas chez Molière qui dans ses pièces critique les travers d’une catégorie sociale (la bourgeoisie dans le Bourgeois Gentilhomme ou les faux-dévots dans Tartuffe, par exemple)
  3. c’est enfin une manière de prendre position politiquement ou socialement. = c’est le cas pour le théâtre de Ionesco qui dénonce dans une pièce comme Rhinocéros la montée du totalitarisme.

3) Écriture d’invention

Attention au vocabulaire ! Pas de mots familiers!

- écrire un dialogue de comédie

  • Mettre le nom des personnages avant les répliques
  • Introduire la situation brièvement dans du para texte

- monsieur Jourdain contemporain

  • Homme âgé qui veut se mettre à la page
  • Qui s’extasie devant les choses qu’il a la possibilité d’apprendre

- savoir récemment acquis

  • Apprendre à rédiger des SMS
  • Ou apprendre quelques phrases de rap auprès d’un jeune des banlieues

- utiliser des procédés comiques utilisés dans le texte

  • Montrer le décalage entre la réaction émerveillée de Mr jourdain quand il apprend « Wesh, wesh, la banlieue, les cités, c’est ton quotidien » en rythme!
  • Soulignez le caractère savant du jeune qui le lui apprend.

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Mathieu

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