I - Une quête de vérité par les mots et les sentiments

Un mot a toujours un sens

Le travail sur les mots suppose un au-delà des mots, il y a une prise de position par rapport au monde. La poésie reste de la poésie, le mot en lui-même n’est jamais dénué de sens. Le poète parle toujours du monde et de l’homme, donc elle à un sens. L’artiste est quelqu’un de très sensible aux choses plus que les hommes dénués de sens artistique, sa perception du monde se voit donc changée en ce sens, il est sans doute plus attentif à la réalité, il peut dès lors dresser une peinture du monde très originale de façon réaliste voire, surréaliste. La vérité des choses le pénètre de la manière la plus vibrante qui soit, tout son être en est imprégné, sa compréhension du monde et des choses qui le composent est manifeste, pleine de sensibilité, de vulnérabilité, il sait faire voir, ce qu’il perçoit. Nous retrouvons chez Ponge par exemple, une réalité quotidienne complètement retravaillée, recréée, dans « le parti pris des choses », avec des poésies comme « le pain », « l’orange », « l’huître » etc.

Une expression des sentiments

Une vérité se cache au-delà des mots, et une expression des sentiments, vérité de sa vérité intérieure, expression de sa propre subjectivité. Les images jouent leur rôle, elles sont essentielles, ainsi les romantiques utilisent les comparaisons et les allégories pour transmettre leurs sentiments. La réalité des émotions dans ce qu’elles ont de plus profond se transcrit par les mots, par conséquent, derrière le mot, nous avons plus que le mot et son sens premier, nous pénétrons l’univers de la dénotation, de la connotation, tout peut être dit, au premier comme au second sens. La seule limite est l’imagination. Nous entrons dans la poésie lyrique, une certaine réalité du monde dans le langage poétique. Le lecteur se retrouve dans les chants poétiques les plus divers, le poète nous révèle à nous-mêmes, ainsi l’affirmait déjà Baudelaire, lorsqu’il disait, « hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère ». La vérité du monde peut également être sociale et politique, il va de soi qu’il existe aussi des poésies engagées. Dans ce cas de figure la poésie devient une arme au service de la vérité. Ainsi, Rimbaud nous relate la réalité de la guerre dans « le dormeur du val ». La fonction peut être polémique et politique. Enfin, pour revenir à Rimbaud, nous pouvons imaginer le poète voyant, traducteur, déchiffreur et qui sait montrer et dévoiler la vérité aux hommes, il devient alors un messager, le témoin du monde. Le « je « devient autre et de ce fait la poésie devient à son tour contemplation, révélation, interrogation sur le monde. Le poète se  fait voyant au sens rimbaldien. Le lecteur se rapproche de la vérité.

II - la poésie, une vérité transcrite par les mots

La vérité des mots

Par le travail sur les mots, la poésie approche la vérité et le poète se fait voyant, voire visionnaire. C’est par les mots que tout se fait, il retrouve le sens originel des mots et recrée sa réalité, il peut aussi redonner un autre sens aux mots et proposer ainsi une autre vérité, le langage est la base sur laquelle repose toutes les vérités poétiques. Il refait le langage avec ses règles, et par celui-ci transmet sa vérité. La poésie devient agrammaticale; nous avons une autre vérité du mot. Le champ des possibles s’ouvre à l’homme poète.

 La création de la vérité par les mots

La réalité exprimée par les mots en poésie reflète une vérité suggérée au lecteur, c’est donc une vérité singulière, profonde car recréée. Le poète dit et fait ressentir les choses. Il fait davantage appel aux sens qu’à la raison. Il est question ici du pouvoir suggestif des mots. Ainsi par exemple, Apollinaire utilise le verbe, « râle mourir » et par ce néologisme suggère un état d’esprit.  Ponge dans ses poèmes du parti pris des choses recrée la réalité quotidienne avec des liens étranges. Baudelaire dans ses correspondances dialogue avec la nature. Ainsi, nous ne pouvons pas réduire la poésie au langage mais par le langage, elle devient un accès à la vérité. Les mots sont à l’origine de la vérité. C’est une combinaison du fond et de la forme.

Conclusion

Il semble donc que la poésie ne soit pas si facile à définir, elle n’est ni un langage, ni une vérité à part, mais une combinaison des deux, elle recrée sa vérité par les mots qu’elles suggèrent. Elle met en avant le pouvoir des mots. Elle semble donc échapper à toute définition, puisqu’elle s’apparente en fait davantage à une invention toujours unique et renouvelée.

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Mathieu

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