Question

Les règles en matière de poésie ont été imposées au XVIIème siècle par Boileau dans son Art poétique. Les contraintes formelles sont importantes : le sonnet devient un poème à forme fixe qui s'il est respecté est jugé plus beau qu'un long poème. Le sonnet de Du Bellay est antérieur à ces règles : pour cette raison, on y trouve ce que Boileau aurait jugé comme une erreur formelle comme l'atteste la répétition du terme « honnête » (v.3 et 4). Les quatre strophes sont néanmoins conformes aux recommandations de Boileau : deux quatrains, deux tercets. On ne pourrait dire, à moins de l'analyser avec précision, que la forme constitue quelque chose de choquant.

Si Corbière est un poète du XIXème siècle, il continue de construire son sonnet comme ses prédécesseurs, mais les vers sont plus saccadés. Le respect n'est donc qu'apparent. Beaucoup de chiffres ponctuent le sonnet et les nombreux tirets, marquant l'intervention du poète lui-même, ne sont pas autorisés dans les poèmes classiques. L'effet produit par ces libertés est d'alléger le caractère rigoureux du sonnet.

A la même époque, Laforgue dans Les sanglots de la terre, semble créer un poème aussi proche des règles établies que ceux du XVIIème. Seuls certains termes évoqués pourraient lui être reprochés : en effet Boileau interdit les évocations licencieuses : éléphants et moustiques sont inhabituels dans un sonnet. Cela produit un effet de surprise.

Seul à visiblement contrefaire les règles imposées, B.Cendrars écrit un sonnet qui ne ressemble que de loin au genre du XVIIème. Les strophes sont cassées, les termes sont écrits à l'envers, les polices changent au cours du poème adoptant le gras ou l'italique. L'accolade laisse le choix entre deux propositions. Le sonnet pourrait être ici considéré comme un calligramme : en effet, il s'agit d'une danse entreprise par le poète, une danse avec les mots, où rupture du rythme, pas en arrière et accélération sont mimés par la disposition des vers et strophes. Le charme opère facilement et rompt avec l'habitude.

Sujets

Commentaire :

Une proposition d'axes :

I-                   Le désespoir du poète : champ lexical de la mort, une situation peu enviable, la condition humaine, opposition entre moi/ les autres

II-                La possibilité d'évasion : paradis artificiels, le plaisir de s'échapper, les hallucinations plaisantes

III-              Le réveil paradoxal : création de vers mais conséquences néfastes sur le corps, découverte des séquelles sans déplaisir : la création n'a pas de prix.

Dissertation :

Voici ma stratégie : montrer dans un premier temps que les contraintes formelles constituent bien un obstacle à l'expression libre (pensez à V.Hugo qui rejette ces contraintes et ose parler d'un cochon dans un poème car il trouve pénible de pas être autorisé à le faire ) mais que, dans un second temps, l'originalité n'a pas toujours été recherchée par les poètes (les poètes de la Pléiade privilégiaient la beauté de la forme à l'originalité des thèmes et adoptaient même des lieux communs comme sujet de leurs poèmes) ; enfin remarquer que l'expression libre et la recherche d'originalité n'ont de sens qu'en réaction à un univers régi par les règles (les poètes surréalistes n'auraient pas eu de légitimité, ni même de succès s'ils ne s'étaient inscrits dans un contexte singulièrement contraignant, celui de la guerre.)

Invention :

-         adresser le poème choisi à une revue de poésie

-         rédiger une lettre d'accompagnement

-         défendre l'intérêt de ce type de poèmes.

Chers lecteurs de Poiesis ,

Fervent admirateur de votre revue et des choix que vous y faites, je prends la liberté de vous écrire pour vous adresser un singulier poème. Le sonnet de J. Laforgue, intitulé Le Sanglot de la terre mérite en effet votre attention.

Si l'auteur est un homme du XIXème, son influence est toute dix-septiémiste. Il y a du Du Bellay chez ce poète-là ! La forme est parfaitement imitée : deux quatrains et deux tercets, un rythme régulier et assez lent, des rimes respectées.

Mais ledit poète est aussi un homme de son temps : face à la misère de l'homme dans son existence, il recourt à des paradis artificiels : ces derniers constituent une source certaine d'inspiration et lui permettent également de prendre quelque distance par rapport à la tradition poétique : il évoque en effet sans vergogne des éléphants en rut et des chœurs de moustiques.  Ces éléments auraient été proscrits par Boileau mais s'intègrent parfaitement bien dans l'univers de Laforgue qui se laisse aller au gré de son délire.

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Mathieu

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