Les questions

Baccalauréat série ES S  session 2007

Objet d'étude : convaincre, persuader, délibérer

Textes : La Bruyère, Les Caractères, « De l'homme »

Hugo, Choses vues

Prévert, Paroles, « La Grasse matinée »

I- Question d'ensemble : montrez que les textes du corpus ont une visée commune mais qu'ils atteignent ce but par des voies différentes.

Les trois textes du corpus visent tous trois à dénoncer les inégalités sociales. Tous abordent la question sous l'angle de la plus stricte nécessité : la nourriture. Gnathon dans les Caractères de La Bruyère est vorace et ne laisse aux autres que les miettes, incarnant par là le plus complet égoïsme : « il se rend maître du plat, et fait son propre de chaque service ». Les hommes qu'évoquent Victor Hugo et Jacques Prévert souffrent au contraire de la faim : le premier est accusé du vol d'un pain, le second souffre en regardant la nourriture exposée et protégée de tout et de tous sauf des regards des affamés. Tous deux sont confrontés aux tentations : l'homme que voit le narrateur des Choses vues aperçoit une femme argentée, aux signes extérieurs de richesse nombreux ; l'indifférence et plus encore l'ignorance de cette dernière sont violemment condamnées par le témoin : « Cette femme ne voyait pas l'homme terrible qui la regardait ». L'homme de la Grasse matinée feint de se regarder dans la glace : en réalité, c'est « la vitrine de chez Potin » devant laquelle il songe : « cela fait trois jours qu'il n'a pas mangé. »

Ces trois textes emploient pourtant des voies différentes pour dénoncer les inégalités criantes auxquelles sont confrontées les trois individus : le premier la créant, les deux autres la subissant. Dépeindre un être grossier dans un portrait proche du blâme dans lequel les termes sont péjoratifs, l'ironie palpable, comme c'est le cas dans les Caractères, permet de susciter chez le lecteur le dégoût, la moquerie : il prend ainsi le parti des autres, les bénéficiaires des miettes. Le texte de Hugo utilise un témoignage, vraisemblablement le sien comme l'indique la référence à la Chambre des pairs, à laquelle l'auteur appartient. Ce point de vue interne renforce la dénonciation: une relation triangulaire s'établit entre l'homme, la femme et le témoin qui les voit tous les deux sans être vu lui-même. C'est un fait que l'on peut supposer réel puisqu'il s'est déroulé sous les yeux de l'auteur et est situé précisément dans le temps : « hier, 22 février ». Enfin le poème en vers libres et blancs de Prévert frappe par la cruauté des images, par les refrains lancinants, les répétitions : le lecteur est rapidement empathique. Le rythme haché accentue la violence de la dénonciation. Tous trois parviennent à faire réagir les lecteurs.

Traiter l'un des sujets au choix

Dissertation

Dans quelle mesure la forme littéraire peut-elle rendre une argumentation plus efficace ?

-         parce qu'elle séduit d'abord la fable fait passer plus facilement son message : double objectif : plaire et séduire, plusieurs lectures possibles.

-         parce qu'il est apparemment désuet, le conte philosophique n'a pas l'air de défendre une idée, une vision des choses : il peut ainsi être critique sans risquer la censure et permet une mise à distance des événements.

-         parce que la poésie est un genre assez inattendu dans l'argumentation, elle peut être plus virulente dans la dénonciation

L'efficacité de l'argumentation est rendue possible par une multitude de formes littéraires ; leur diversité est propice aux idées qui sont véhiculées et s'adaptent aux modes ou aux exigences séculaires.

 Invention

-         discours : P1, à l'adresse des députés

-         but : dénoncer l'injustice au vu de l'événement vécu

-         ton : indigné (d'où exclamations et brutalité de la réalité évoquée)

Chers députés et amis,

Nous voici réunis une fois de plus au sein de cette assemblée, repus et heureux, prêts à débattre de l'avenir législatif de la France. Pourtant que savons-nous vraiment d'elle ? Que savons-nous de ces hommes et ces femmes qui composent le corps de nos concitoyens nous qui vivons dans des appartements cossus à Paris, nous qui ne nous soucions guère que de l'originalité du plat qui nous attend le soir, sans imaginer une seconde ne rien avoir, nous enfin qui dictons des lois destinées à punir ceux qui, affamés, sont contraints de violer la loi pour subvenir à leurs besoins.

La scène qu'il m'a été donné de voir à l'instant me ramène à la dure réalité, devrais-je dire à la simple réalité de ceux qui n'ont rien et qui sont nombreux, ceux que l'on croise dans la rue sans leur prêter un regard, ceux qu'on ne considère même plus, tant ils font partie du paysage urbain, ceux enfin que depuis nos fenêtres, nos appartements éclairés, nous ne voyons plus.

Ouvrons nos yeux et tendons notre main à ces hommes et à ces femmes qui n'ont plus que leurs yeux pour pleurer, qui se nourrissent des miettes des autres, au risque de leur vie parfois ! Réagissons alors qu'il en est encore temps ! Avant que les écarts ne soient définitivement acceptés par tous, au détriment des plus pauvres, avant qu'il ne soit trop tard, rétablissons un peu d'équité, permettons à ceux qui aujourd'hui n'en rêveraient déjà plus de pouvoir vivre décemment sans imiter les chiens errants. Allons- nous accepter ces inégalités encore longtemps ?

Mes chers députés et amis, ensemble, changeons l'ordre des choses !!

Merci de votre attention.

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