Question

 Chaque texte du corpus est un extrait de théâtre. Plus précisément, chaque extrait est un monologue : le personnage y est seul sur scène. Les pièces sont du XIXème siècle pour celle de Musset et du XXème pour Giraudoux et Beckett.

Dans ces textes, un personnage est en proie aux doutes. La solitude dont témoigne le monologue a des causes différentes et s'exprime de façon singulière.

 Le premier, Lorenzo, cherche à piéger son ennemi : ses motivations sont donc d'ordre politique. Il se joue en lui un dialogue, dont l'attente est sans doute la cause : « Entrez donc» (l. 8). La vengeance semble l'animer : afin de mettre au mieux en œuvre son projet d'assassinat, il anticipe sur les circonstances et tâche de prévoir les réactions de sa victime : il est tout entier tourné vers les scènes à venir : « l'heure va venir » (l. 27) Il joue la scène afin de me mieux s'y préparer.

Le jardinier d'Electre de Giraudoux s'adresse directement au public : « je suis libre de venir vous dire » (l. 1) , « merci d'être là » (l. 10). A ceux auxquels il se confie, il promet l'authenticité car il n'a plus rien à perdre, il a en effet perdu tout ce qu'il désirait : Electre elle-même.  C'est donc seul qu'il se livre à cet exercice de vérité. Au milieu d'un contexte de violence, il relève le défi de parler d'amour. Ce personnage malheureux tente de nous convaincre et de se convaincre lui-même que la vie vaut malgré tout d'être vécue.

Un faux dialogue est entamé dans le texte de Beckett. Le personnage principal parle à un interlocuteur absent, peut-être mort, mais aimé. C'est l'occasion pour Winnie de faire le bilan de son existence : le constat est amer : « avoir été toujours celle que je suis- et être si différente de celle que j'étais. » (l. 30) Comme le personnage de Giraudoux, celui de Beckett s'interroge sur le pouvoir des mots et le sens qu'on leur donne habituellement : « il y a si peu qu'on puisse dire » (l. 32)

Sujets

 Commentaire de texte : Lorenzaccio de Musset

Voici deux axes possibles :

Insister sur le caractère paradoxal de la scène : tout semble parfaitement organisé mais rien n'est suffisant pour rassurer le personnage.

I-                   Un meurtre prémédité : montrer que tout est organisé (liens logiques), que le personnage se projette à l'heure du rendez-vous, qu'il joue la scène

II-                [par] un personnage en proie à l'agitation : montrer que jouer la scène  l'avance permet de se rassurer, l'évocation plaintive et répétée de la mère atteste le trouble dans lequel il est, le dialogue intérieur ponctué d'interrogations et d'exclamations  trahit son agitation.

Dissertation : Pensez-vous que le théâtre en Occident soit uniquement un « théâtre de la parole » comme le déplore Antonin Artaud ?

Analyse du sujet :

-         limite du sujet au théâtre occidental

-         résultat d'une critique négative d'un auteur contemporain « déplore »

-         seulement un « théâtre de la parole »

-         définir « théâtre de la parole » : où tout passe par les répliques ou les monologues, ou la mise en scène est placée en arrière plan, où les décors sont réduits à de simples ustensiles et où la musique enfin n'a pas sa place.

Idées en vrac :

-         penser à la fin du Malade Imaginaire de Molière où musique et dans sont les principaux acteurs.

-         Faut-il déplorer que le théâtre soit un lieu d'expression privilégié du langage ?

-         Les farces étaient avant tout du jeu d'acteurs mais trouverait-elle encore son public aujourd'hui ? dans quelles circonstances serait-ce possible ?

-         De nombreux moyens sont aujourd'hui mis en place pour créer des effets de scène au théâtre : hologrammes dans la pièce Blanc avec I.Carré et L.Drucker, mise en scène par Z.Breitmann, véritable maison à étage dans Crimes et Châtiments  de Dostoïevski mise en scène par R.Hossein, interprété par F.Huster.

-         Le théâtre du Xxème est un théâtre de l'absurde où les mots n'ont pas la même importance : Ubu Roi de A.Jarry où les personnages ont adopté un vocabulaire incongru comme « merdre » répété à de nombreuses reprises, Jarry faisant partie d'un mouvement lié à l'Oulipo nommé la pataphysique.

Invention

Imaginez un personnage désenchanté, comme le sont ceux des extraits du corpus, en raison d'une désillusion d'ordre sentimental, professionnel ou existentiel à votre choix et rédigez son monologue.

Rem : l'intitulé du sujet d'invention vous mettait largement sur la voie pour la réponse à la question d'ensemble. Chaque personnage s'exprime dans le cadre d'un monologue et est mû par des circonstances différentes. La solitude du premier est professionnelle, celle du second est sentimentale, la troisième est en proie à des interrogations existentielles. Voici la preuve par l'exemple qu'il est utile de lire l'intégralité des sujets d'une part et d'autre part de lire chaque sujet avant de répondre à la question d'ensemble.

Marc est enseignant en mathématiques et vient d'être confronté à un élève qui l'a repris sur une erreur grossière qu'il avait faite. Cet épisode apparemment anodin suscite chez le personnage un trouble profond.

MARC : Vingt ans ! Vingt ans ! voilà vingt que j'enseigne la même règle et que je l'illustre du même exemple et vingt ans aussi que je commets une erreur dans le raisonnement. Jamais personne n'avait osé me reprendre. Peut-être même que personne n'avait vu la faute. Fallait-il que je sois buté comme cela pour croire que ce que je leur apprenais était infaillible ! Comment a-t-il osé ? Quel mathématicien est-il pour reprendre comme cela en cours. Oui mon raisonnement comportait une erreur dans une des prémisses mais devait –il m'infliger devant tous ses camarades une telle honte ! (S'effondrant dans un fauteuil, las) Bien sûr, il devait le faire ! C'est lamentable que j'aie pu infliger à tous ceux qui l'ont précédé pendant ces vingt années une aussi grossière erreur ! Je devrais passer à autre chose, partir loin. Je n'oserai pas revenir, lundi, dans l'établissement. Je vais être la risée de tous. Tous s'imagineront que les erreurs sont pléthoriques et tous se méfieront désormais de mes compétences. Ma crédibilité est ruinée mais je n'ai que ce que je mérite. Mon élève sera porté aux nues par ses camardes et mes anciens collègues. Peut-être lui proposera-t-on un jour mon poste. J'entends d'ici le ricanement du proviseur en le recevant pour lui en faire l'offre. Je voudrais être enterré dans la soirée….

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Mathieu

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