Résumé

Gertrude, une jeune fille aveugle et orpheline de sa grand-mère, est recueillie par un pasteur qui l'accueille auprès de sa famille. Il tient un journal intime dans lequel il raconte les difficultés de la jeune fille et l'éducation protestante qu'il lui offre. Le pasteur finit par tomber amoureux de Gertrude à qui il peint la vie à travers le prisme du bien ; néanmoins, son fils Jacques, également amoureux, est convié à quitter la maison familiale. Après l'opération chirurgicale, Gertrude recouvre la vue et réalise aimer le fils plus que le père, et Gertrude est attristée par le sentiment de bonheur aveugle suscitée chez elle en lui cachant le mal et le péché. Déçue par la morale protestante, elle prend conscience de n'avoir pas goûté au bonheur et souhaite mettre fin à sa vie. Ce suicide est l'apogée d'un sentiment de culpabilité à l'égard du pasteur, d'Amélie et du fils.

Les principaux personnages

Le pasteur : il est le narrateur et est fondamentalement généreux. il est qualifié par sa cécité religieuse, morale : il ne se rend pas compte qu'il tombe amoureux de Gertrude. Il donne à son élève une connaissance globale mais sélectionne les informations pour ne pas lui présenter un paysage amer et entaché de péchés.

Gertrude : d'abord incapable de parler et aveugle, elle se révèle être belle, profonde et vertueuse. Elle s'éprend du pasteur, et une fois réalisée la peine fait à Amélie, elle décide de mettre fin à sa vie.

Amélie : épouse du narrateur, elle est vertueuse mais taciturne, peu apte au dialogue. Elle prend rapidement conscience des égarements de son mari et de son attirance pour Gertrude ; elle ne s'exprime pas clairement préférant les sous-entendus, les allusions.

Jacques : fils aîné du pasteur, il n'hésite pas à affronter son père sur les thèmes bibliques ; en opposition avec son père, il se convertit au catholicisme et devient prêtre. Il est amoureux de Gertrude et il est le premier à lui lire des textes bibliques qui parlent du  péché.

Opposition entre les deux figures féminines principales.

Les deux figures féminines s'opposent sous bien des angles.

En effet, il est à noter que l'âge est le premier écart entre Amélie, qualifiée comme une mère au foyer accomplie et dévouée, et Gertrude, jeune aveugle protégée par le pasteur.

Ces deux femmes ont également un rapport à la culture totalement différente : d'un côté, l'épouse est réticente aux sorties culturelle de toue sorte, elle est plutôt casanière, alors que le protagoniste aime à sortir bras dessus, bras dessous avec Gertrude pour des balades dans les champs qu'il lui décrits ; c'est d'ailleurs ensemble qu'ils se rendent à l'opéra où se joue la symphonie pastorale.

Enfin, il est a remarquer que ces deux femmes s'opposent dans leur caractère : là où Amélie est une personne silencieuse et prête à juger son mari dans des prises de position opposées aux siennes, Gertrude, quant à elle, est beaucoup plus souriante et apte à l'écoute, à l'échange.

C'est ce qui explique que ces deux principales figures féminines s'opposent si clairement ; on peut d'ailleurs penser que ce choix est volontaire par l'auteur.

Les thèmes présents

L'éducation et l'aveuglement : Gertrude est un jeune femme brillante qui fait des progrès rapides et remarquables, l'éducation du pasteur se fond essentiellement que les questionnements de l'élève à son maître. L'éveil intellectuel est établi par des promenades, des sorties. La cécité de Gertrude s'amenuise pour s'effacer complètement au moment même où celle du pasteur grandit : il est aveugle au sentiment amoureux qui s'éveille en lui. Sa cécité n'est pas physique, elle est la mauvaise foi derrière laquelle le pasteur se cache pour éviter d'affronter la nature réelle de l'amour qu'il ressent.

L'amour : différentes formes d'amour s'expriment dans le roman. Amour parental, filial, marital, coup de foudre et même amour interdit. Le problème moral ne se pose que dans le dernier cas ; il s'achoppe au domaine religieux : le couple Gertrude-pasteur est source de péché bien qu'il ait soutenu que le "mal ne [soit] pas dans l'amour".

Le bonheur et la quête du savoir : Gertrude est volontairement tenue dans l'ignorance au sens où le pasteur ne lui enseigne que des éléments du beau (les paysages, le chant des oiseaux ...) et du bien. La quête du savoir s'effectue de manière biaisée : elle découvre le malheur, le péché et la peine après l'opération, cette connaissance la perturbe au plus haut point si bien qu'elle se juge incapable de continuer à vivre plus longtemps.

La religion : les références religieuses sont très présentes dans le roman puisque le narrateur est un pasteur et que Jacques étudie la théologie. Les lectures de la Bible entre eux sont sujettes à polémique : le père vit la religion comme un chemin à suivre alors que le fils est bien plus rigoureux.

Le titre

Le titre de l'oeuvre est significatif puisque le roman fait référence à un passage du texte.

En effet, le couple pasteur-Gertrude assiste à un concert dans lequel est joué la cinquième symphonie de Beethoven. L'équivoque du titre tient au fait qu'il désigne à la fois le journal intime du narrateur, le pasteur (pastoral), et la tonalité musical de l'oeuvre. Gide établit un parallèle entre la découverte des couleurs et l'harmonie des sons : la musicalité imprègne donc à la fois le fond et la forme du texte.

La thématique religieuse

La thématique religieuse est omniprésente dans le roman puisqu'elle définit les liens entre les personnages. L'ambiance religieuse est source de tensions entre la famille du pasteur et Gertrude ; de même, une tension émerge entre le pasteur et les siens puisqu'il entre en conflit avec son fils. Les citations bibliques émaillent le roman en proposant un opposition entre la conception protestante et catholique. En réalité, l'importance qu'accorde Gide à cette thématique tient au fait qu'il démontre que les dogmes religieux sont peu de secours face à la force du sentiment amoureux. Le pasteur fait preuve de mauvaise foi, il refuse longtemps d'accepter cet amour ; or, en y faisant face, il aurait pu le combattre plus dignement.

La religion est, en somme, source d'aveuglement.

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Agathe

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