Le dialogue et le monologue – c'est-à-dire les paroles des personnages – d'une part, les didascalies d'autre part constituent les deux éléments dis­tincts et indissociables du texte théâtral.

le dialogue et le monologue

un langage proche de l'oral

Se distinguant de l'écrit par l'emploi exclusif du dis­cours (style) direct, dialogue et monologue imitent l'oral dont ils suppriment cependant la plupart des marques. Ils ont pour fonctions communes de faire connaître au spectateur les pensées et les sentiments d'un personnage sur les autres personnages et sur l'action, et de provoquer chez lui des émotions.

une double énonciation

On appelle double énonciation dans le dialogue et le monologue le fait que le personnage et l'auteur dramatique sont énonciateurs (locuteurs) en même temps : les paroles énoncées par le personnage sont aussi celles de l'auteur dramatique. À cette double énonciation correspond une double destination : un personnage s'adresse en même temps à un autre personnage (ou à lui-même dans le cas du mono­logue) et au public. Cette situation de double énonciation produit des effets comiques, tragiques, etc., car l'auteur dra­matique, qui a délégué au personnage sa parole, joue sur le degré de connaissance de chaque desti­nataire.

les différentes formes du dialogue

  • La réplique. Base du dialogue, elle est de longueur variable. Le nombre des personnages, la longueur des répliques, les reprises de mots et d'idées d'une réplique à l'autre permettent de déterminer la qua­lité du dialogue (organisé, cacophonique, de sourds, etc.) et de caractériser la nature des relations entre les personnages. Ainsi la répartie, réplique brève et spirituelle, est souvent une réponse à une agression ou énonce un nouveau point de vue. Elle peut prendre la forme d'une sentence.
  • La tirade. Caractérisée par des phrases complexes, souvent à visée argumentative, la tirade revêt géné­ralement un registre lyrique ou épique.
  • La stichomythie. C'est un dialogue où les per­sonnages se répondent vers par vers. Alerte et piquante ou acide et polémique, elle est réservée aux moments intenses de la comédie ou de la tragédie, aux débats d'idées et aux conflits affectifs.
  • Le récit théâtral. Il a pour mission d'éclairer les autres personnages et les spectateurs sur des faits qui ne peuvent être représentés sur scène pour des raisons techniques ou de bienséance (batailles, duels, meurtres, etc.). Il marque un changement de rythme, une pause durant laquelle les spectateurs doivent contenir leurs émotions. Il peut prendre la forme d'une narration, de la lecture d'une lettre, etc.

les différentes formes du monologue

  • Le monologue proprement dit. C'est en fait un dialogue fictif : un personnage, seul sur scène, se parle à lui-même, interpelle un personnage absent, Dieu, un objet ou un sentiment, etc., pour exprimer son trouble ou son dilemme. Le monologue  s'adresse aussi aux spectateurs à qui il fait connaître les pensées et les sentiments d'un personnage.
  • Les stances. Elles se différencient du monologue ordinaire par leur forme littéraire et poétique. Elles traduisent l'émotion d'un personnage, son débat.
  • L'aparté. Présent surtout dans la comédie, il est constitué de propos brefs prononcés par un person­nage pour lui-même, au milieu et à l'insu des autres. Il s'adresse aussi au public qu'il rapproche du per­sonnage.
  • L'adresse au public. Dans les formes les plus populaires de la comédie, l'adresse au public permet de faire communiquer la scène et la salle. Pris à parti, le spectateur devient le destinataire désigné de ce type d'aparté.

les didascalies

Éléments du langage dramatique et de la représen­tation, les didascalies, comprennent tout ce qui n'est pas dit par les personnages et permettent à l'auteur de communiquer des informations au met­teur en scène, aux acteurs et aux lecteurs. Relevant de la langue écrite, elles apparaissent seulement à la lecture de la pièce.

les didascalies apparaissent

  • avant le début des dialogues : appelées « didascalies initiales », elles donnent le titre de la pièce, les commentaires de l'auteur, la liste des per­sonnages, les indications générales de lieu et d'époque, de décor, d'éclairage, de musique, etc.
  • avec le dialogue : précédant une réplique ou inté­grées à une réplique, elles peuvent préciser le nom du personnage qui s'exprime, ses gestes, ses dépla­cements, le ton de sa réplique, sa diction, les brui­tages, la musique, les accessoires, etc.

Il peut arriver aussi que les didascalies se déduisent du dialogue lui-même. On parle alors de « didasca­lies internes ».

les fonctions des didascalies

Les didascalies ont pour fonction principale de pré­ciser la situation d'énonciation du dialogue : qui parle à qui, quels rapports entretiennent les interlo­cuteurs, quand se situe la prise de parole, etc. Dans le théâtre contemporain cependant, elles sont souvent abondantes, marquant l'intrusion crois­sante de l'auteur dans le travail du metteur en scène. Il peut même arriver qu'elles constituent à elles seules le texte théâtral. Dans ce cas, elles peuvent être dites sur scène par une voix « off ».

l'énonciation dans les didascalies

Dans les didascalies, il n'y a pas de double énoncia­tion. L'auteur dramatique est le seul énonciateur ; il s'adresse exclusivement au metteur en scène, aux acteurs et aux lecteurs à qui il donne des indications sur la manière de jouer la pièce.

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Agathe

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