Le registre comique caractérise toutes les formes d'expression qui visent à provoquer le rire ou le sourire. Il connaît donc une grande extension: le comique peut être subtil ou grossier, léger ou grave, naïf ou profond... Ses formes mettent en jeu le language mais aussi les gestes et les situations. Et ses procédés varient selon l'effet et le but recherchés, du simple divertissement à la reflexion critique.

Le comique

Pourquoi et de quoi rit-on? Pour que s'impose le comique, il faut surtout deux conditions.

L'anomalie risible

-Le comique provient de la perception d'une anomalie, réelle ou supposée, dans un monde humain imparfait. Le sens du comique naît devant la laideur, le désordre ou l'injustice. -Cette anomalie comique est attribuée à un individu ou à un type humain, dont les défauts suscitent le rire du groupe. Par le rire, la société réagit à des comportements qu'elle juge inadaptés.Le sujet comique a des aspects mécaniques qui contredisent les lois de la vie.

La distance du rieur

-Par apport à ce qui fait rire, le rieur reste à distance, dans une position d'extériorité et souvent de supériorité. On rit des faiblesses et des malheurs d'autrui, ce qui suppose que l'émotion et la compassion soient momentanément suspendues. -Pour être comique, l'anomalie doit être rester inoffensive. Elle peut faire rire le lecteur ou le spectateur parce qu'elle ne l'atteint pas et ne lui cause aucun dommage.

Les formes du comique

Le comique de pensée

-Dans l'ironie, le locuteur fait sourire en disant le contraire de ce qu'il veut faire entendre. Il instaure un écart entre le sens apparent et le sens véritable du discours. L'ironie suppose donc la complicité du destinataire, qui doit comprendre le sens véritable. Elle peut être une figure de style ponctuelle, ou s'étendre à l'ensemble d'un texte. Sous une apparence légère, elle a une visée sérieuse par sa fonction critique; elle mêle donc la gravité au comique. Moyen de dénonciation et arme polémique (chez Voltaire notamment), elle relie le registre comique au registre satirique. -Dans l'humour, le locuteur jette un regard neuf sur les conventions et les usages, dont il percoit les insuffisances. Il les met à distance pour en dénoncer les défauts. S'il suscite le sourire, c'est en feignant le sérieux, la colère ou la naïveté. L'humoriste, à la différence de l'ironiste, n'hésite pas à se mettre en cause et à faire rire de lui-même. -Dans l'humour noir, on fait de réalités sinistres ou macabres, pour faire ressortir la cruauté de la vie tout en l'apprivoisant.

Les catégories du comique théâtral

La tradition de la comédie distingue différents ressorte du comique. Ces catégories peuvent s'appliquer à d'autres spectacles comiques (comme le cinéma) ou genres littéraires (comme le roman).

Le comique de mots

-Le comique de mots (ou comique verbal) inclut tous les jeux sur le signifiant (les sonorités) et le signifié (le sens) des mots. On en trouve des illustrations dans les répétitions ou déformations verbales du comique de farce, dans les jeux du surrélstes ou de l'OuLiPo avec le language (R. Queneau) dans les sketches des chansonniers ou humoristes d'aujourd'hui...

Le comique de gestes

-Le comique de gestes se manifeste par des grimaces, mimiques, chutes ou coup de bâton... Il est omniprésent dans les spectacles populaires comme la farce, la commedia dell'arte, les clownerie, le cinéma muet. Les comédies de Molière y recourent abondamment.

Le comique de situation

-Le comique de situation repose sur le caractères plaisant ou insolite d'une découverte, d'une rencontre, d'une péripétie (subtitutions, déguisements, témoins cachés, quiproquos, malentendus...). Il se rencontre principalement dans les comédies d'intrigue et les vaudevilles; et on le retrouve aujourd'hui dans les scénarios de films comiques.

Le comique de caractère

-Le comique de caractère exploite les défauts ou vices d'un personnage, d'un type ou d'un groupe social. L'Avare de Molière repose sur ce type de comique, qui se nourrit du portrait et de la caricature et que l'on rencontre aussi dans le roman. Le fabliau, la farce et le roman picaresque présentent des "caractères" de personnages gloutons ou débauchés; la bande dessinée fait rire de héros stupides, gaffeurs ou alcooliques...

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Agathe

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