Introduction

Texte hybride qui fait appel à plusieurs genres littéraires.

v     dialogue philosophique

v     essai

v     apologue (grande partie narrative, conte de l'aumônier)

v     prolongement récit de voyage de Bougainville

Texte qui repose sur l'enchâssement (= récit à l'intérieur du récit)

Texte cadre

Dialogue entre A et B au début et à la fin essentiellement.

En occident, deux hommes des Lumières s'intéressent à des questions philosophiques.

Lecture d'un livre fictif qui justifie les trois enchâssements.

Textes encadrés

v           discours du vieux Tahitien

v           conte de l'aumônier (dialogue et récit)

v           conte de Polly Baker

 Qu'apporte le changement de lieu et de temps ?

  1. relation entre dialogue cadre et contes encadrés : système d'écho

Débat entre A et B sur les effets néfastes des lois occidentales et conte de Polly Baker qui est :

v     point de départ de la discussion

v     illustration du débat

  1. écho entre les récits encadrés

Conte de Polly Baker encadré dans celui d'Orou et de l'aumônier : illustration des thèses d'Orou

  1. introduction d'une polyphonie

v     Confrontation de cultures et de sociétés

-         occidentale : A ; B et Polly Baker

-         tahitienne : le vieillard, Orou et Aotourou

Très souvent, société tahitienne valorisée, fait figure d'utopie.

v     Multiplication des points de vue sur la question centrale (nature/culture)

-         convergents : B reprend Orou ž  volonté de Diderot d'affirmer sa thèse = fonction argumentative

-         divergents : le texte ouvre la voie à la réflexion personnelle du lecteur

 Double fonction de l'utopie

-         critiquer la société occidentale (regard éloigné)

-         définir un idéal

Critique de la civilisation occidentale

Quatre points de vue contribuent à cette critique : ceux du vieux tahitien, d'Orou, de Polly Baker et de B.

Quelle direction prend cette critique ?

Critique politique (colonialisme et esclavage)

v     vieux tahitien et colonialisme des occidentaux

v     missions des jésuites et esclavage des indiens au Paraguay (p.33)

-         Travail forcé "travail assidu", "s'abreuvait de leur sueur", "un fouet à la main"

-         Dénonciation des jésuites désignés par une périphrase "ces cruels Spartiates en jaquettes noires"

-         Critique implicite de la religion utilisée à des fins politiques pour les maintenir en esclavage "sous l'abrutissement de la superstition"

ž      deux points de vue convergents contre le colonialisme

 Critique religieuse

Dialogue entre Orou et l'aumônier.

Pas d'évocation d'une religion des tahitiens : représentation du matérialisme athée de Diderot (ne croire qu'à la nature, au monde physique).

Deux aspects principaux sont critiqués

v     La conception métaphysique de Dieu, les superstitions et la Bible

Diderot se moque de la Bible à laquelle Orou fait allusion

-         p. 59 "un jour on te dirait tue…" allusion ironique aux 10 commandements et aux interdits alimentaires

-         p.74 débat sur l'inceste : Orou rappelle qu'il y en a forcément eu au début (Adam et Eve)

-         Ironie et démonstration par l'absurde : contradiction dogme moral ≠ texte biblique

v     Les couvents (p.79-80)

-         moines et nonnes oisifs et inutiles socialement "Que faite vous donc?" "Rien."

-         vœux de chasteté contre nature, rebaptisé ironiquement "vœux de stérilité"

Dénoncés dans leurs conséquences

-         non respect de la loi le moine y est-il bien fidèle?" ž introduit l'hypocrisie

-         destruction de l'individu "sèchent de douleur, périssent d'ennui"

Critique des lois

 

Cette critique est au cœur de l'ouvrage. "Nous parlerons contre les lois insensées jusqu'à ce qu'on les réforme" (p.96)

Théorie des trois codes (p.59) :  naturel, civil et religieux

Les sources de ces trois lois

-         code religieux : dieu à travers la Bible, mais aussi le dogme des prêtres et des théologiens

-         code civil : les magistrats (pouvoir politique et judiciaire)

-         code naturel : la nature

Contradiction entre ces trois codes qui entraînent le malheur

  1. Lois religieuses et civiles infondées

Elles sont faites dans l'intérêt de quelque uns et ne seraient pas en contradiction si elles n'étaient pas arbitraires.

  1. Déchirement interne de l'homme

Les actes considérés comme des crimes (point de vue civil) ou des péchés (point de vue religieux) sont autorisés par la nature.

ž      Mise en évidence de la contradiction entre les lois occidentales et la loi naturelle qui engendre la souffrance.

Il peut aussi y avoir contradiction entre les lois civile et religieuse.

Loi du mariage et répression de la sexualité (p.61)

Passage virulent qui dénonce le caractère insensé des lois.

Utilisation du style coupé, accumulation et énumération.

Tableaux qui dénoncent les effets de la condamnation de la sexualité

-         l'interdit engendre la transgression en le rendant plus désirable ž débauche et libertinage

-         la clandestinité introduit le mensonge et l'hypocrisie

-         crimes non négligeables : infanticides et abandons d'enfants illégitimes

ž Paradoxe car la loi, censée rendre les gens vertueux, génère le vice et la corruption

Chapitre V : point de vue de B convergent avec les critiques ci-dessus (p.82)

Les trois lois se contredisent : "Or comment voulez-vous que des lois s'observent quand elles se contredisent ?"

Solution déduite par A

-         suppression de la loi religieuse "peut-être superflue"

-         "la loi civile ne doit être que l'énonciation de la loi de la nature"

ž Invitation à la réforme

Conflit et déchirement, dualité chez l'homme artificiel (= homme moral)

Trois points de vue convergent : B ; Orou et Polly Baker

Illustration par le conte de l'aumônier, homme de religion

Incarne la loi religieuse et morale

-         il est "naif" et l'homme du préjugé

-         il critique le libertinage

-         conception de le sexualité comme un crime, un péché (p.72-73)

Excès verbal et vocabulaire hyperbolique "des crimes, des crimes énormes !"

ž reflet du fanatisme religieux

Reste dans la répétition et refuse le raisonnement "tu m'embarrasses, et tu as beau dire […] et parlons d'autre chose"

   Incarne le conflit interne

Conflit illustré par une sorte de comédie (p.54 à 56)

-         scène de tentation "aussi pressante tentation" p.55

Répétition comique "et mon état, et ma religion" (convention religieuse)

Son corps trahit son désir et exprime la nature dans une sorte de pantomime

"il s'agitait, il se tourmentait ; il détournait ses regards"

 

žPersonnage ridicule, contradiction propos/corps

Réfutation par l'exemple du vœu de chasteté

Le prêtre finit par céder quatre fois.

Evolution du personnage. "naïf aumônier" ž "bon aumônier"

Conversion

Inversion ironique : c'est le prêtre qui est convertit, d'abord sur son point de vue sur la société occidentale puis dans l'acte sexuel.

p.62 "cela ressemble" p.77 "je craint bien que ce sauvage n'ait raison"

p.80 jugement de A sur l'aumônier : "poli" référence à la politesse de Tahiti, qui n'a pas le même sens en occident.

à La vraie honnêteté est de s'adonner à l'acte sexuel. Renversement des valeurs et attribution à la nature des traits de la civilisation.

L'utopie tahitienne

Monde idéal, utopie en particulier dans le domaine des relations amoureuses.

Liberté sexuelle

Cela répond aux lois de la nature

-         Principe d'utilité : procréation, enrichit la nation

-         Principe de plaisir "l'homme a besoin la nuit d'une compagne à son côté"

ž      Conforme à la fois au bonheur individuel et à l'intérêt collectif, contrairement à la société occidentale qui ne concilie pas ces deux aspects.

Orou (p.60)

-         "Tu est en délire, si tu crois qu'il y ait rien […] qui puisse ajouter ou retrancher aux lois de la nature"

-         "Sa volonté éternelle est que le bien soit préféré au mal et le bien général au bien particulier"

Caractéristiques de la société tahitienne :

Elles sont les conséquences de la liberté sexuelle.

Valorisation de la fécondité car intérêt général, donc valorisation de l'enfant (p.62-63)

-         richesse pour la nation, bonheur pour la famille et la société

-         consacre aux enfants 1/6 de leur PIB

-         enfant représente une dot pour la mère

-         séparation des époux : partage équitable des enfants

ž      Perspective nataliste

Définition de la beauté tahitienne (p.66)

-         beauté utilitaire "Vénus féconde"

-         femme belle = femme capable de donner des enfants robustes

Le mariage tahitien (p.62)

Définition : "consentement d'habiter une même cabane et de coucher dans un même lit tant que nous nous y trouverons bien"

ž      durée définie par le bonheur des époux (union libre)

Des limites qui semblent logiques car proches de la loi naturelle

-         de durée pour une question de paternité "d'une lune à l'autre" ou si la femme est enceinte

-         d'âge : celui de la puberté et de la nubilité (p.63-64), rôle social du vêtement

Lors de l'atteinte de la puberté, sorte de fête, d'émancipation du jeune. Exaltation euphorique de la nudité et dévalorisation de la pudeur.

Autre contrainte : choix des époux (p.65)

-         "l'un peut solliciter […] accepter ou refuser les caresses"

Certaine liberté de choix, mais limite car les parents jouent un rôle en les conseillant sur leur choix.

B définit deux critères de choix

-         physiologique (fécondité)

-         physique mais ramené à utilitaire

 

Liberté amoureuse qui va jusqu'à l'inceste et fait tomber un tabou occidental :

Pas de prohibition de l'inceste cf. p.74

-         argument biblique

-         principe d'utilité : cas de la mort de la mère ou du père : logique de procréation

Restriction : légitime au nom de la procréation

Pas interdit mais rare : loi de la nature "la disparité d'âge"

Au nom de la nature : attirance pour quelqu'un de plus âgé peut être naturel

Utopie dans le domaine de l'économie et de la société

-         réduction de leurs besoins à l'essentiel

-         valeurs inverses de la société de consommation occidentale

žsociété occidentale qui valorise la peine et le travail

žsociété tahitienne qui valorise le repos et le plaisir

-         absence de la notion de propriété "tout est à tous" les femmes et les biens p.81

-         sorte de communisme primitif "les travaux et les récoltes s'y faisaient en commun"

žpas de tensions ou conflits internes, de guerres civiles

žpas de guerre avec les autres pays pour des raisons économiques

à Dimension pacifique.

La base de la richesse tahitienne est les enfants ( en occident : marchandises et biens)

"criculation d'hommes, de femmes, d'enfant ou de bras"  p.72

Utopie car société heureuse qui fonctionne bien, grâce à deux principes :

-         communisme primitif (tous les biens sont en communs)

-         hédonisme (plaisir au premier plan)

Remise en cause de l'idéal tahitien

Diderot ne donne pas la société tahitienne comme modèle d'une société idéale, ironie permanente.

Ambiguïté dans la société

Il règne à Tahiti le code de la nature, une liberté amoureuse qui va jusqu'à l'autorisation de l'inceste mais tout les êtres y ont-ils droits ? La liberté de l'amour est-elle absolue?

Retour de l'interdit

Trois types de voiles désignant les femmes interdites à l'amour (invention de Diderot)

-         voile blanc : jeunes filles non nubiles

-         voile noir : stérilité de naissance ou d'âge

-         voile gris : menstruations "maladie périodique"

Punition qui suit cet interdit, châtiment quand on soulève son voile

-         blâme

-         esclavage ou exil

-         emprisonnement p.76

è L'interdit concerne les femmes en état de stérilité. La liberté amoureuse n'est donc pas totale puisque le plaisir sexuel est assujetti à la procréation.

Libertinage = gaspiller son énergie sexuelle en dissociant le plaisir de la procréation

Pas tellement différent du mariage chrétien sauf dans la notion de péché.

Réification des femmes et des enfants

réifier= réduire à l'état d'objet

Les femmes sont une propriété

Rien n'est dit de la stérilité des hommes, quasi soumission des femmes au désir masculin.

"Nos femmes nous sont communes" propriété collective mais la réciproque n'est pas vraie

hospitalité tahitienne = offrir une fille

Contradiction : liberté de mœurs mais obligation pour les femmes.

"Elles m'appartiennent et je te les offre" p.55

Orou entre en contradiction avec lui-même (pas de droit de propriété sur les êtres)

Les enfants sont réduits à des objets

Marchandise qu'on échange et partage "objet d'intérêt et de richesse"

Il est une dot pour la mère.

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