C'est au cours d'un diner à la cour de Berlin que l'idée d'un dictionnaire rédigé collectivement apparaît. Voltaire est motivé par son indignation après un certains nombres d'affaires liées à l'intolérance religieuse. « Il veut écraser l'infamme » ( l'église ; la religion révélée et la rigidité des dogmes ).

L'encyclopédie le déçoit, c'est un ouvrage qui selon lui n'est pas assez militant ni incisif, l'écriture du dictionnaire philosophique devient une écriture de combat.

Voltaire va pratiquer prioritairement la passion, la satire et l'ironie.

I : Une écriture incisive pour dénoncer l'intolérance.

1 : Un dictionnaire « subjectif » : une forme délibérément choisie.

2 : Une écriture incisive qui fait place à la passion : le rôle de la métaphore.

3 : Une prise de position fermé basée sur l'ironie et les exemples issus de la religion elle-même.

II : Contre l'obscurantisme, les lumières de la philosophie.

1 : La philosophie comme remède à l'intolérance.

2 : Le philosophe comme voie de l'apaisement.

En général, l'appellation « dictionnaire » renvoie à une idée de mise à distance et d'objectivité du rédacteur : il n'y a donc pas de valeur ( façon de traduire son jugement = prise de position du locuteur ). Cependant, ici Voltaire choisit de s'investir en prenant directement pour cible ceux qui font obstacle à la raison et ce sur un ton très polémique ( un texte relève du registre polémique lorsqu'il s'en prend avec violence à une personne, à une institution, a un système politique ou social... ). On note l'utilisation de l'analogie dès le début du texte pour donner une définition du fanatisme ( analogie : c'est la ressemblance, point commun entre deux réalités différentes ). « Le Fanatisme est à la superstition ce que la rage est à la colère ».

Sous l'appellation « dictionnaire », l'auteur se place non pas dans la fiction mais dans le registre du vrai, et par l'appellation philosophique, il laisse ouverte la voie à l'expression personnelle et à tous les types de raisonnement qui peuvent le conduire à une remise en question de l'obscurantisme.

Pour rendre son article incisif et cinglant, Voltaire fait appel à différents effets de types rhétorique dont la métaphore pour dénoncer le caractère pathologique du fanatisme. La métaphore utilisée est la peste des âmes pour dénoncer ce fanatisme. On retrouve par ailleurs dans le texte d'autres mots appartenant au champ lexical de la maladie et de l'épidémie : « remède » ; « maladie épidémique » ; « accès du mal » ; « progrès du mal » ; « poison » ; « aliment salutaire » ; « cerveau infecté »...

Puis il déplore que les fanatiques « puisent leur fureur dans la religion qui les condamnes » ( paragraphe 2 ). Auparavant, Voltaire a enchaîné plusieurs exemples de cruauté présents dans les textes religieux fondateurs, mais on remarque une forte présence des exemples de sarcasme et d'ironie : voir la définition de l'enthousiasme, voir aussi ironie présente dans la description des actes de bravoure « coucher avec lui » « hachée en morceau ». Il dénonce également les frénétiques qui avaient des convulsions miraculeuses. Il dénonce le dieu de la montagne et ses fidèles « imbéciles » ( ligne 22 ).

Le vocabulaire est surtout évaluatif qu'il s'agisse de l'image de la peste développée tout au long du texte ou des termes familiers à la limite de l'injure « misérable » « fripon » « imbécile » certains mots traduisent des jugements de valeur « abominable » « respectable » « tranquillité ».

Le discours de Voltaire est hyperbolique du fait de la métaphore de la maladie qui se propage. Mais il existe un remède : la philosophie.

Dans ce texte parallèlement à l'image du fanatisme comme peste, on trouve celle de la philosophie comme remède, Voltaire utilise tout d'abord une image proche de la contagion pour la philosophie : « Il n'y a pas d'autres remèdes à cette maladie épidémique que l'esprit philosophique, qui répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes ». Il utilise aussi des exemples dans différentes époques et différentes religions et souligne l'universalité du phénomène. On trouve a la fin du texte, une réconciliation entre religion et philosophe car « lettrés de chine » sont réputées exempt de cette peste.

A côté de cette image du remède on trouve de la tranquillité opposée à l' « enthousiasme » . Cette idée se trouve au début et à la fin du texte : « elle adoucit » ( ligne 6 ) ; « l'effet de la philosophie est de rendre l'âme tranquille et le fantasme est incompatible avec la tranquillité ». ( ligne 28 – 29 ).

Cette fin de texte achève de les rendre exclusives l'une de l'autre : si on termine le raisonnement, la philosophie est incompatible avec le fanatisme car ce dernier est synonyme d'agitation forcenée. On perçoit donc un effet de boucle entre le début et la fin du texte qui renforce la puissance de persuasion du texte par la cohérence dont il semble disposer.

Cet article du dictionnaire philosophique est particulièrement efficace car il emploie une métaphore filée, celle de l'épidémie qui permet de dénoncer les excès de la religion. Cela met d'autant plus en lumière la philosophie qui apparaît comme seul remède possible contre l'obscurantisme des lumières.

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Mathieu

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