André Chénier, poète français classique du 18éme siècle mais précurseur du romantisme. S'enthousiasme d'abord pour la Révolution, puis en condamna les excès, il est condamné à mort et exécuté le 25 juillet 1794. C'est un homme de son temps, un excellent connaisseur et admirateur de la Grèce antique. Mort en Martyr de la Terreux Révolutionnaire.

Les Bucoliques, composé de 1785 à 1787, une œuvre à titre posthume, rassemblée lors d'une première édition en 1819. Recueil poétique inachevé, traitant de thèmes sur la nature, la nostalgie, la séparation et la mort.

« La jeune Tarentine » n'est pas un titre attesté de Chénier, fragment narratif, sa perfection, son fini la fait prendre pour une pièce achevée, se suffisant à elle-même et admirée comme telle. Alexandrins avec rimes plates, pas de forme fixe, éloge funèbre (ici sur la beauté) normalement sur la personnalité. « La jeune Tarentine » symbolise la fragilité de toute existence.

Demandons nous maintenant comment le récit de la mort (décomposition chronologique), modifie, transfigure poétiquement l'injuste disparition de la jeune fille ?

I Le récit de la mort est très net (clarté), simple, conformément à l'esthétisme classique

a) Un cadre : information sur les circonstances :

Evolution du concret au singulier. Champ lexical de la mer (géographie marine : on est dans une réalité), lieu d'habitation d'espèces imaginaires (« monstres »). « Vaisseau » : matériel, une feuille de route (port) qui devient flou, un objet qui s'efface. La mer se transforme en un endroit dangereux, menaçant (évolution lumineuse puis assombrissement). Très réel et en même temps très imaginaire (mythologie).

b) Evolution de la situation :

Trois étapes à partir du vers ¾. Vers 4-10 : met en valeur l'objectif déclaré, dure un certain temps, tout est bien, rien de peut détourner le bateau, tout semble suggérer une action continue. Vers 11-15 : rupture, accélération de la mort (beaucoup de verbes d'actions : exécuté rapidement), on n'y peut rien, sorte de mécanique inéluctable / irréfutable, très narratif. Vers 16 : action révolue. Vers 17-26 : on constat, on n'y reviens pas, fin après la mort avec tout le rituel, « la vague » : meurtrière mais la ramène sur terre. On passe de la mer au rivage. L'accident de la mer réel au début devient imaginaire avec la cérémonie du deuil.

=>Le poète cherche à être simple, clair, échappe à la réalité : effacement des signes réalistes, l'imaginaire, l'antique prend le dessus.

II L'expression poétique adoucit l'expression de la mort (la réalité) améliore et universalise

a) Ambiguïté du jeu des temps :

Association des temps de l'indicatif (récit) mais aussi de l'impératif dans le discours. Vers 9 : conditionnel présent au sens passif, qui a une valeur de futur dans le passé. Va et viens entre les temps du passé et du présent. Vers 28-30 : la fin ne se termine pas dans l'illusion, retour au début du texte, inventaire bilan.

b) Mots et tournures qui atténuent l'impact de la mort :

L'endroit ponctuel, les circonstances de la mort, le lieu (vers 14-16) : sorte de cocon, plus protégée qu'agressée. Vers 16 : son beau corps, l'esthétisme prend le relais de la mort.

c) Usage massif de la rhétorique (du langage rhétorique) :

Le beau langage, élève la qualité d'expression (soutenu), transforme la réalité (améliore) parait moins brutale par le biais des images : effets positifs. On modifie la perception du présent.

III Comment l'émotion, les sentiments annonce le romantique

a) Association de jeunesse et de mort :

Thème relativement « tabou », champ lexical de la douleur : très fort. On constate toujours mais on ne nous dit pourquoi : lyrisme, pas de phénomène de masse (une seule victime). On a l'impression que ce n'est pas un accident.

b) Importance de la mythologie grecque :

Les humains sont effacés, les rares hommes ne le considèrent plus, juste la perception de la silhouette est prise en compte. La mythologie est mise en valeur. Elle prend place aux côtés des divinités, elle s'efface de la société pour aller vers la mythologie : permet une douceur, on échappe au pourquoi de la mort.

c) Elle devient Myrto une héroïne :

Elle devient une héroïne sacrifié, le sacrifice parait cruel, elle devient par le retour à une réalité, un symbole, un emblème, une figure allégorique de la mort injuste. Myrto symbolise le malheur de notre destiné.

Vocabulaire du texte

Inéluctable = qu'on ne peut éluder, éviter.

Irréfutable = qui ne peut pas être réfuté, c'est-à-dire dont on ne peut absolument pas démontrer la fausseté. Indiscutable, incontestable, qu'on ne pas contredire.

Allégorique = elle représente une idée abstraite sous l'apparence d'un personnage (humain ou animal), elle se reconnaît souvent à l'usage de la majuscule.

Tabou = interdit absolu, chose interdite. Se dit en particulier de réalités dont il est recommandé de ne pas en parler.

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Mathieu

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