Le poème commenté

LA JEUNE TARENTINE

.

Pleurez, doux alcyons (1) ! ô vous, oiseaux sacrés,
Oiseaux chers à Thétis (2), doux alcyons, pleurez !

.
Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine (3) !
Un vaisseau la portait aux bords de Camarine (4) :
Là, l'hymen (5), les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.
Une clef vigilante a, pour cette journée,
Sous le cèdre enfermé sa robe d'hyménée (6)
Et l'or dont au festin ses bras seront parés
Et pour ses blonds cheveux les parfums préparés.
Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles,
Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles
L'enveloppe : étonnée, et loin des matelots,
Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots.
.
Elle est au sein des flots, la jeune Tarentine !
Son beau corps a roulé sous la vague marine.
Thétis, les yeux en pleurs, dans le creux d'un rocher
Aux monstres dévorants eut soin de le cacher.
Par ses ordres bientôt les belles Néréides (7)
S'élèvent au-dessus des demeures humides,
Le poussent au rivage, et dans ce monument
L'ont, au cap du Zéphyr, déposé mollement ;
Et de loin, à grands cris appelant leurs compagnes,
Et les Nymphes des bois, des sources, des montagnes,
Toutes, frappant leur sein et traînant un long deuil,
Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil :

.
Hélas ! chez ton amant tu n'es point ramenée,
Tu n'as point revêtu ta robe d'hyménée,
L'or autour de tes bras n'a point serré de noeuds,
Les doux parfums n'ont point coulé sur tes cheveux.

.

Bucoliques, André Chénier, 1819 (posthume)

Vocabulaire

NuméroMotDéfinition
1AlcyonOiseau mythologique qui fait son nid sur la mer
2ThétisNymphe marine, mère d'Achille
3TarentineHabitante de Tarente, ville de la région des Pouilles, en Italie
4CamarineAncienne ville grecque de Sicile
5HymenMariage
6d'hyménéede mariage
7NéréidesNymphes marines
Qui est l'auteur de La jeune Tarentine ?
Portrait du poète André Chénier (1762-1794), Horace Vernet, 1825
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C'est parti

Méthode du commentaire composé en poésie

Avant la lecture

Il faut étudier le paratexte, c'est-à-dire le titre, l'auteur, la date, etc. Ces informations doivent être recoupées avec vos connaissances émanant du cours (courant littéraire, poète, recueil, etc.).

Le titre engage également à des attentes. Il donne des indices sur la nature du poème que le lecteur s'apprête à lire.

En poésie, la forme est décisive : regarder le texte « de loin » permet d'avoir déjà une idée de la démarche du poète :

  • Vers, strophes ?
  • Si vers : vers réguliers, vers libres ?
  • Si vers réguliers : quel type de rimes ?
  • Le nombre de strophes...

Pour la lecture

Nous vous conseillons de lire le poème plusieurs fois, avec un stylo à la main qui vous permettra de noter ou souligner une découverte, une idée.

1ère lecture :

  • Identifier le thème général du poème,
  • Identifier le registre : comique ? pathétique ? lyrique ? etc.,
  • Identifier les procédés d'écriture pour diffuser le sentiment du registre choisi : l'exclamation ? La diérèse ? etc.

2ème lecture :

  • Dégager le champ lexical,
  • Place des mots : un mot au début du vers n'a pas la même valeur qu'un mot placé en fin de vers,
  • Déceler les figures de style (généralement très nombreuses dans un poème),
  • Travail sur les rimes : lien entre des mots qui riment, rimes riches ou faibles, etc.,
  • Analyse du rythme avec les règles de métriques.

En filigrane, vous devez garder cette question en tête pour l'analyse des procédés d'écriture : comment le poète diffuse-t-il son thème général et comment fait-il ressentir au lecteur ses émotions ?

Rédaction du commentaire

Partie du commentaireViséeInformations indispensablesÉcueils à éviter
Introduction- Présenter et situer le poète dans l'histoire de la littérature
- Présenter et situer le poème dans le recueil
- Présenter le projet de lecture (= annonce de la problématique)
- Présenter le plan (généralement, deux axes)
- Renseignements brefs sur l'auteur
- Localisation poème dans le recueil (début ? Milieu ? Fin ? Quelle partie du recueil ?)
- Problématique (En quoi… ? Dans quelle mesure… ?)
- Les axes de réflexions
- Ne pas problématiser
- Utiliser des formules trop lourdes pour la présentation de l'auteur
Développement- Expliquer le poème le plus exhaustivement possible
- Argumenter pour justifier ses interprétations (le commentaire composé est un texte argumentatif)
- Etude de la forme (champs lexicaux, figures de styles, rimes, métrique, etc.)
- Etude du fond (ne jamais perdre de vue le fond)
- Les transitions entre chaque idée/partie
- Construire le plan sur l'opposition fond/forme : chacune des parties doit contenir des deux
- Suivre le déroulement du poème, raconter l'histoire, paraphraser
- Ne pas commenter les citations utilisées
Conclusion- Dresser le bilan
- Exprimer clairement ses conclusions
- Elargir ses réflexions par une ouverture (lien avec un autre poème, un autre poète ? etc.)
- Les conclusions de l'argumentation- Répéter simplement ce qui a précédé

Ici, nous détaillerons par l'italique les différents moments du développement, mais ils ne sont normalement pas à signaler. De même, il ne doit pas figurer de tableaux dans votre commentaire composé. Les listes à puces sont également à éviter, tout spécialement pour l'annonce du plan.

En outre, votre commentaire ne doit pas être aussi long que celui ici, qui a pour objectif d'être exhaustif. Vous n'aurez jamais le temps d'écrire autant !

Le commentaire du poème

Introduction

André Chénier est un poète français classique du XVIIIème siècle et précurseur du romantisme. S'enthousiasmant d'abord pour la Révolution, il finit par en condamner les excès, et pour cette raison, il est condamné à mort et exécuté le 25 juillet 1794.

Homme de son temps, il fut aussi un excellent connaisseur et admirateur de la Grèce antique, à qui ses poèmes rendent souvent hommage.

Bucoliques, œuvre composée de 1785 à 1787, est une œuvre inachevée et publiée à titre posthume en 1819 pour une première édition. Les poèmes y traitent de la nature, de la nostalgie, de la séparation et de la mort, sur fond de mythologie et de symboles antiques. De fait, le titre lui-même est une référence à un fameux recueil du poète latin Virgile, Les Bucoliques.

Rien ne nous permet d'affirmer que « La jeune Tarentine » est un pièce achevée. Il s'agit peut-être d'un fragment narratif d'une plus longue histoire. Mais sa perfection oblige à l'admirer comme telle : sans forme fixe, c'est un poème construit sur des alexandrins et des rimes plates qui s'apparente à une éloge funèbre.

Annonce de la problématique

Dès lors, dans quelle mesure la célébration poétique rend-elle la mort de la Tarentine moins injuste ?

Annonce des axes

Nous verrons dans un premier temps que le récit de la mort est clair, répondant à l'esthétique classique. Nous analyserons ensuite la manière dont l'expression poétique adoucie l'événement tragique. Nous mettrons enfin en évidence les caractéristiques pré-romantiques de ce poème.

Qui était André Chénier ?
Appel des dernières victimes de la terreur dans la prison de saint Lazare, 7-9 thermidor 1794, Charles Louis MULLER (Beaux-Arts de Carcassonne)

Développement

Un récit tragique

Le poème nous fait découvrir l'histoire tragique de Myrto, une jeune Tarentine qui rejoint son amant pour se marier avec lui mais qui périra durant son voyage en mer. Chénier répond aux exigences de la narration en posant d'abord un cadre qui informe sur les circonstances, puis en suivant une trame claire et chronologique.

Le cadre

Le lecteur lisant les vers découvre une protagoniste et comprend son histoire. Le poète répond très clairement aux questions « Qui ? », « Quoi ? », « Quand ? », « Où ? » et « Pourquoi ? », qui fondent le cadre d'un récit.

Le vers 3 présente le « Qui ? » par son nom et son origine : « Myrto, la jeune Tarentine ». Tarente est une ville italienne située dans la région des Pouilles. Elle est donc partie de là-bas pour rejoindre Camarine, comme l'indique le vers 4 : « Un vaisseau la portait aux bords de Camarine ».

« Un vaisseau » répond en même temps à la question « ? » : l'histoire se déroule en mer, comme viendra le confirmer le champ lexical fourni de la mer (« voiles », « flots », « rocher », « monstres », ...).

À la question « Quand ? », les nombreuses références mythologiques (« alcyons » ou « Thétis » en tête) placent le récit au temps antique, entre réalité et imaginaire.

Enfin, à la question « Pourquoi ? », on peut malicieusement répondre « pour l'amour ». En effet, les vers 5 et 6 nous informent que la belle Myrto s'en va rejoindre son fiancé pour se marier :

Là l'hymen, les chansons, les flûtes, lentement,
Devaient la reconduire au seuil de son amant.

Les péripéties du récit

Une fois son cadre posé, ce récit connaît néanmoins des évolutions. Il s'agit tout naturellement de péripéties.

Entre les vers 4 et 10, le récit s'attarde sur le coffre de cèdre qui renferme les objets précieux du mariage : la robe, l'or et les parfums. Tranquille, le bateau trace son sillage tandis que la belle peut rêver.

Le vers 11 marque une rupture avec la conjonction « Mais » : c'est le début du problème, « [l]e vent impétueux » qui vient envelopper Myrto. Alors à partir de ce « Mais », tout s'accélère, le récit n'a plus le temps, et ce rythme se fait ressentir à partir de plusieurs figures de style :

  • une anacoluthe (= rupture syntaxique dans la construction d'une phrase, sans qu'il y ait rupture de sens) : la proposition subordonnée « Mais, seule sur la proue, invoquant les étoiles » n'a pas le même sujet que la proposition principale « Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles/L'enveloppe ». Cela a pour effet d'accélérer le rythme du récit.
  • un rejet : « Le vent impétueux qui soufflait dans les voiles/L'enveloppe ». Là encore, l'action se veut rapide et ce rejet permet aussi de signifier matériellement le basculement de Myrto par-dessus bord.
  • une gradation, qui est aussi accumulation et juxtaposition de verbes au présent : « Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots. » Là encore, tout se passe en une seconde : Myrto n'a pas eu le temps de crier qu'elle est déjà dans l'eau.

Le vers 15 est une conclusion à mi-chemin, faite au présent, à l'aide d'un chiasme (= figure de style qui croise en X deux formules) : « Elle est au sein des flots ». C'est le résultat des péripéties précédentes, intervenues très rapidement. Et à partir du vers 16, l'action est révolue : on ne pourra pas revenir en arrière.

Ce second tableau (entre les vers 16 et 26) sera symétrique au précédent. Mais cette fois, plutôt que le mariage à venir, le poète magnifie la mort et les funérailles assurées par les Nymphes. C'est le récit tranquille et triste d'un cortège funèbre sur la mer, encore fait au présent narratif.

Que raconte la nouvelle L'Epave de Maupassant ?
Joseph Vernet, Tempête de mer avec épaves de navires, 1770

Transition

Et ce récit-là n'est pas moins beau que le précédent, au contraire. Il vient rendre la mort de Myrto presque douce.

La poésie et la mort

Le poète n'est pas menteur : les deux premiers vers de son récit sont une invitation à pleurer, donc à communier. Ils rappellent volontiers un chant qui serait repris par un chœur antique au milieu d'une scène. On y remarque la présence d'un chiasme sur l'impératif « pleurez » ainsi que les « alcyons », oiseaux antiques qui aimaient, selon le poète Virgile, gémir et pleurer. Du reste, il faut à chaque fois faire une diérèse (« al-cy-ons ») pour obtenir un alexandrin, ce qui ajoute à l'impression de lamentation et insiste sur la figure mythique.

De fait, c'est bien que ce poème se veut éloge funèbre. Et pour célébrer la mort de Myrto, le poème sait jouer sur plusieurs plans : l'ambiguïté sur les temporalités, des formules euphémisantes, et une réthorique au diapason.

Ambiguïté des temps

Le poème fait coexister plusieurs modes :

  • l'indicatif, au service de son récit : « elle a vécu », « les voiles l'enveloppe », « Elle est », ...
  • l'impératif, qui enjoint les alcyons à pleurer

En parallèle, on trouve différents temps :

  • le passé composé : « Elle a vécu, Myrto, la jeune Tarentine », qui ouvre le récit, et qui annonce déjà le bilan qu'il faut faire de la vie de Myrto
  • l'imparfait : « Un vaisseau la portait », « les flûtes, lentement,/Devaient la reconduire », ... qui sert à exposer la situation initiale et le « pourquoi ? » du récit, faisant ainsi comprendre au lecteur que tout ne s'est pas bien déroulé
  • le présent de narration : « L'enveloppe », « Elle crie, elle tombe, elle est au sein des flots. », « les belles Néréides/L'élèvent au-dessus des demeures humides, » qui sert l'accélération du récit
  • le passé simple, par deux fois : « Thétis [...] eut soin de la cacher. » et « les Nymphes [...] Répétèrent : [...] », ce qui donne une impression de brièveté, d'unicité aux deux événements
  • le participe présent, pour l'action des Nympes : « appelant », « frappant », qui décrit les lamentations incessantes des Nympes au moment où elles accompagnent la jeune morte
  • le présent d'énonciation qui vient clore le poème et qui fait entendre la voix du poète, se joignant aux lamentations de ses Nymphes

On trouve également au vers 9 un conditionnel présent au sens passif, qui a une valeur de futur dans le passé.

Ce va-et-vient incessant entre les temps du passé et du présent, qui ont souvent des valeurs différentes, contribuent à rendre cette histoire intemporelle ; elle devient une véritable chanson, comme une chanson populaire qu'on chanterait pour célébrer des temps immémoriaux et constitutifs d'une identité.

Euphémismes

En outre, plusieurs euphémismes et tournures atténuantes rendent la mort de Myrto plus acceptable, voire sublime :

  • « Elle a vécu, Myrto » ouvre le récit et vient annoncer le malheur tout en évitant les mots les plus violents.
  • L'expression « sein des flots » est une périphrase qui vient rappeler le ventre maternel au moment même où Myrto se noie.
  • « Son beau corps a roulé sous la vague marine » est également un euphémisme qui veut dire qu'elle s'est noyée.
  • « mollement », au vers 22, n'a pas de valeur péjorative : le mot vient au contraire signifier toutes les attentions délicates dont le corps de la jeune fille est l'objet

Enfin, le poème use d'un langage toujours beau, toujours fin, l'expression y est toujours soutenue. On pourra citer, au hasard, les mots suivants : « hyménée », « festin », « étoiles », « flots », « belles », « rivages », « monument », « Zéphir », « Nymphes », ...

Cette réthorique transforme positivement la réalité : elle la rend moins brutale par le biais d'images douces et berçantes, quand l'événement lui-même est tragique.

Que raconte le poème L'Amour et la Mort ?
Théophile Schuler, Le char de la mort, 1848

Transition

Cette esthétisation de la mort par les sentiments annoncent le courant romantique, alors que Chénier écrit ce poème à la fin du XVIIIème siècle.

Pré-romantisme

Plusieurs éléments que ce poème recèle font penser au courant romantique, qui connaîtra son apogée dans les décennies qui suivront la mort de Chénier. Rappelons rapidement que le romantisme, particulièrement en poésie, cherche à exprimer les sentiments personnels et l'émotion intérieure.

La jeunesse et la mort

Myrto, si elle est jeune, devient le symbole de la mort à la fin du poème.

À la fin de la dernière strophe, on trouve une association de rimes entre « deuil » et « cercueil ». Or, le deuxième mot est plus moderne et presqu'impropre ; il vient ainsi replacer Myrto dans la modernité, ce qui sera également l'une des ambitions du romantisme.

On peut aussi s'attarder sur la répétition du « hélas ! », lui-même répété par les Nymphes (« Répétèrent : « hélas ! » autour de son cercueil. »). Ce mot, qui est toujours le signe de la fatalité et de l'irréversibilité, de l'impuissance de l'Homme face au temps qui passe ou à l'événement advenu, vient renouer avec les lamentations du début du poème - car, face à un « hélas », on ne peut que pleureur. Myrto aurait dû se marier ; elle est maintenant sœur des Nymphes. C'est la mort qui rejoint la naissance.

Cela fait également beaucoup de pleurs et de peine pour une seule personne. Tout se passe comme si, avec Myrto, c'était davantage qu'elle-même qui disparaissait. La présence très importante du champ lexical de la douleur (« cris », « frappant », « deuil », « hélas ! », « cercueil », ...) révèle un lyrisme digne du romantisme. La mort de la jeune femme atteint le poète au plus profond de son âme, puisqu'il se fait, par cette dernière strophe dans laquelle il reprend le « hélas » à son compte, Nymphe à son tour.

Qu'est-ce que le romantisme ?
La jeune Tarentine, statue en marbre d'Alexandre Schoenewerk, 1871 d'après un poème d'André Chenier, Musée d'Orsay de Paris
Héroïne sacrifiée

Le retour aux références antiques chéries par Chénier le rapproche également des futurs auteurs romantiques.

Dans ce poème, les humains sont tout à fait effacés : sur le bateau, les marins n'existent pas ; dans l'eau, ce sont les Nymphes qui font le cortège. Bientôt, Myrto prend place aux côtés des divinités : elle s'efface de la société pour rentrer dans le mythe.

C'est que Myrto devient une héroïne, sacrifiée sur l'autel de la poésie. Morte à cause du Zéphir trop puissant, elle est encensée par l'art du poète et l'ouvrage des Muses : elle devient symbole, emblème, allégorie poétique.

Conclusion

En définitive, par sa composition et par sa mélodie, « La jeune Tarentine » se révèle être un chant funèbre. Néanmoins, loin de provoquer l'horreur, il révèle en soi une grâce mélancolique qui magnifie l'événement tragique.

Ouverture

Rythmes, rimes et sonorités se rejoignent dans leur puissance évocatrice : ils créent une harmonie de douceur et de tristesse. Dans un élan pré-romantique, ils font écho à ce que ressent le poète mis face à cette destinée fauchée trop vite.

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Nathan

Ancien étudiant de classe préparatoire b/l (que je recommande à tous les élèves avides de savoir, qui nous lisent ici) et passionné par la littérature, me voilà maintenant auto-entrepreneur pour mêler des activités professionnelles concrètes au sein du monde de l'entreprise, et étudiant en Master de Littératures Comparées pour garder les pieds dans le rêve des mots.