Dialogue argumentatif :  entre deux personnages sans noms, désignés par des lettres.

-         portée générale : les personnages pourraient être n'importe qui

-         dialogue plutôt théâtral que romanesque

Rôles des personnages

× Répliques de A

-         beaucoup de questions

-         étonnement, surprise "quoi!"

ž celui qui est un peu naïf

× Répliques de B :

-         parfois tirades

-         il explique, affirme

ž celui qui sait

Situation

Les deux personnages parlent d'un livre (livre fictif de Diderot)

Intérêt pour la lecture : représentants de l'esprit des Lumières

Parler, discuter rappelle la conversation et le débat du 18e

ž cultivés, société occidentale

Ton natureld'une conversation

1ere réplique de A "et les sauvages…" changement de sujet

ž côté décousu : retrouver le naturel d'une conversation (salons littéraires, cafés)

Goût de la conversation typique des Lumières : sociabilité

ž Dialogue qui met en scène deux hommes des Lumières

L'extrait porte sur deux sujets

× Le jugement de B sur les sauvages

× personnage d'Aotourou : tahitien ramené en France par Bougainville

Le point de vue de B s'exprime le plus clairement.

Les sauvages

1.Définition de la nature du sauvage par un double aspect

"caractère cruel", "innocent et doux" opposition ; pas mis au même plan : "quelque fois" ≠ "partout"

trait négatif minimisé, et seulement quand il se défend

douceur valorisée

ž cf. mythe du bon sauvage (cours 1, seq 2)

1.Oppose innocence/cruauté et nature/culture

cause : notion de propriété

homme civilisé caractérisé par la guerre

ž dévalorise la civilisation occidentale

Venue d'Aotourou en Europe

B se présente comme témoin et développe cette fiction en 4 points (prolonge le portrait de l'homme naturel)

× Aotourou crut que la première terre était la patrie de Bougainville

-naïveté qui vient de son ignorance du monde "trompé naturellement"

-trompé par Bougainville (mensonge des occidentaux) "qu'on lui en eût imposé"

× Aotourou se précipite sur une Européenne (invention Diderot)

-adopte en Europe les usages de Tahiti ; découvre la diversité

-guidé par l'instinct naturel, sexuel

ž ignore la notion de pudeur et de propriété

-périphrase pour désigner l'acte sexuel "faire la politesse"

valeur du mot "politesse"qui renvoie l'acte sexuel au domaine de la culture et pas de la sauvagerie (ironie de Diderot)

× L'ennui d'Aotourou en Europe (nostalgie de son pays)

-valorise Tahiti indirectement

-renversement des valeurs (pas impressionné par la technologie)

× Difficultés à apprendre la langue

-alphabet et prononciation trop différents

-cause physiologique "organes inflexibles"

ž implicitement : réfute le préjugé d'une infériorité intellectuelle (difficultés pas dues au manque d'intelligence)

Imagine le retour d'Aotourou à Tahiti (projection)

× Réponse de B en deux temps

-"peu de choses" paradoxe (retour de voyage)

choses qui n'existe pas à Tahiti : fiction ≠ langue

"peu conçues" il n'a pas compris grand-chose de ce qu'il a vu

-"ne le croiront pas"

nouvelle argumentation : parallèle entre culture etnature

nature = sagesse ; monde occidental = folie "que de nous croire si fous"

× Argumentation développée dans la dernière réplique de B

-métaphore et antithèse"la vie sauvage est si simple, et nos sociétés sont des machines si compliquées"

opposition monde sauvage/civilisé ; antithèse complexe/simple

-"machine" : naturel/artificiel

-métaphore "l'enfant qui naît" monde sauvage "homme décrépit" monde occidental

-3eantithèse entre la civilisation sauvage où règne la liberté et le monde occidental où se multiplient les lois (=entraves, contraintes)

ž valorisation du monde sauvage

Explique la nostalgie d'Aotourou pour Tahiti

Fascination de B pour cette contrée

Le point de vue de A fait avancer le dialogue

× Adopte un point de vue critique par rapport à B

Notion de propriété appartient à la nature

1ere réplique remet en cause la réponse de B

ž instinct de possession et de guerre existe dans la nature (instinct de survie)

× Fin du dialogue, ironie de Diderot

"est ce que vous donneriez dans la fable d'Otaïti?"

invention, mythe, esprit critique : est ce une pure fiction ?

Réponse de B ce n'est point une fable"

Preuve : "si vous connaissiez le Supplément de son Voyage" cite un livre fictif !

ž invoque une fable

A est le lecteur idéal, il garde un esprit critique

ž invitation à ne pas prendre ce qui va suivre au pied de la lettre

Conclusion – quel rôle a le dialogue ?

Diderot oriente le lecteur vers une critique de la civilisation occidentale

Dialogue : plus ouvert ; de plus, théâtral = pas de narrateur

Ex. la guerre : impossible de savoir le point de vue de l'auteur

ž polyphonie du dialogue

Plusieurs voix, point de vue ouvert : contradictions pas toujours résolues par les notations critiques de A.

ž lecteur invité à réfléchir, à dialoguer avec le texte

Diderot n'impose pas sa thèse au lecteur.

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