Introduction

La Fontaine, grand fabuliste du XVIIe siècle, commença à écrire ses Fables en 1668, et celles-ci prirent des tournures polémiques, en plus de dénoncer certaines moeurs de l’époque. Le Gland et la Citrouille, parue dans le livre IX de ce recueil et écrite sous la forme d’une farce, présente un personnage, Garo, qui remet l’oeuvre de Dieu en cause à partir d’un gland et d’une citrouille.

Une farce

L’intrigue de la farce

Sources : la farce de Tabarin, le personnage comique de Cyrano de Bergerac, dans la pièce du Pédant Joué, où Garo est le villageois qui se parle à lui-même
Un paysan remet en question l’oeuvre de Dieu avant de s’allonger sous un arbre et de recevoir un gland, qui lui démontre qu’il a tort
Retournement de situation classique : Garo fait la leçon à Dieu, puis Dieu fait la leçon a Garo

Le registre bas de la farce

Farce : Comédie paysanne, très utilisée au Moyen-Age. Humour bas
Personnages : paysan seul dans l’action, des légumes
Expressions archaïques/paysannes : “parbleu” (v.8), “treuve” (v.3)
=> La Fontaine s’adapte et se met au niveau de son texte, changement de registre au mot “treuve” (v.3)

Jeu de scène farcesque

On peut le qualifier de burlesque également : expressions triviales pour parler d’un sujet noble
Asyndète au vers 23 (pas de mots de liaison) : conséquence rapide => on imagine l’action, Garo qui dort et soudain un gland !
Hyperbole : “meurtri” (v.26), “saigne” (v.27) => on imagine Garo sautillant, en hurlant
Le corps prend pas sur l’esprit : “le force” (v.26) => Le nez lui fait changer de raisonnement. Aussi aux vers 21 et 22 : “On ne dort pas, dit-il, quand on a tant d’esprit”

Un raisonnement comique

Garo juge Dieu

Nombreuses périphrases : v.6 : “l’auteur de tout cela”, v.13 : “celui que prêche ton curé”
Il se parle à la troisième personne ou à la seconde

Garo le nouveau Dieu

Il juge qu’il aurait fait mieux que Dieu : v.8 : “je l’aurais pendue/à l’un des chênes que voilà”
Critique toute l’oeuvre de Dieu à partir d’une citrouille

Un monde à la mesure de Garo

Garo se met à son propre point de vue, et ne prend aucun recul.
Dieu n’est que l’auteur de ce qui l’entoure : v.13 : “ton curé”
Démonstratifs et présentatifs : “cette citrouille-là” (v.7)
“en cet endroit” (v.16)
Il ne part pas d’un exemple vers la généralité, mais tire ses conclusions à partir d’un seul exemple

“tel fruit, tel arbre” (v.11)
“tel père, tel fils”
Raisonne par analogie, mais il prend ici le raisonnement inversé, et devrait plutôt dire, tel arbre, tel fruit.

La portée religieuse

La démonstration de la perfection du monde dans une citrouille

Garo parle d’un ton péremptoire, qui n’admet aucune réplique. Il est absolument certain de son raisonnement, et comme il ne peut avoir d’autre points de vue que le sien, il n’est contredit par personne.
La fable commence par la morale, ce qui est plutôt rare

Un raisonnement parfait ?

Le raisonnement de Garo est inversé : raisonnement d’enfant qui ne voit pas bien loin
“La vue raccourci à la longueur de son nez” (Montaigne à propos de Garo)

Une leçon de modestie

L’homme ne doit pas juger Dieu
Péché d’hubris de Garo, qui s’est cru plus fort
Preuve de son redressement : après que le gland soit tombé sur sa tête, il ne parle plus à la deuxième personne, mais bien à la première pour se plaindre
Ici, la Fontaine condamne la prétention humaine

Conclusion

Ouverture sur la fable de Tabarin

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