A interrompt le cours du dialogue "j'ai une prière à vous faire"

Triple changement à l'intérieur du texte

-         récit oral et non plus lecture d'un texte

-         changement de lieu : de Tahiti à Boston dans le cadre d'un tribunal

-         changement de culture

Situation

Miss Polly Baker est une fille mère (=jeune fille qui a des enfants sans être mariée)

Victime d'une loi particulière condamnant les filles mères : risque amende ou châtiment corporel + excommunion

Plaidoirie (long discours de Polly Baker)

Ironie de Diderot : fille non instruite qui ne peut se payer un avocat mais qui respecte parfaitement les règles du discours judiciaire en quatre temps.

1er temps : exorde

Introduction : l'avocat cherche à s'attirer la bienveillance du juge

-         politesse, soumise, humble "malheureuse et pauvre"

-         ménage son auditoire, prend ses précautions "permettez moi…"

2ème temps : la narration

Exposition des faits

Elle rappelle le passé brièvement "voici la cinquième fois, Messieurs"

3ème temps : la confirmation

Arguments avancés par la défense (ou accusation dans le cas d'un réquisitoire)

Ne cherche pas à nier mais renverse la situation

ž      critique des lois, ce sont les coupables "injustes et trop sévères"

ž      reprend l'argument que la loi engendre le crime

Elle se pose en victime et fait appel aux sentiments des juges (donne l'image d'une fille pauvre et innocente)

Argumentation civile

Son action est innocente

-         elle n'a nuit à personne

-         son action a été utile et bienfaisante

ž      gradation : passage de l'innocence à l'utilité de son action

Question oratoire "Est-ce un crime que d'augmenter les sujets de Sa Majesté dans une nouvelle contrée qui manque d'habitants?"

ž      justice injuste qui condamne une mère prodigue

début p.68 : autoportrait élogieux

Bonne mère, soucieuse de ses enfants

dimension pathétique "j'ai mis cinq beaux enfants… ôté les moyens"

Tableau de ses souffrances : met en évidence sa morale, la pureté de ses mœurs, sa vertu

žéloge d'elle-même pour s'attirer l'indulgence du tribunal

En même temps, justice accusée de mal fonctionner : induit un cercle vicieux "ôté les moyens"

Concession

Elle reconnaît une faute "je n'ai point payé de droits de mariage"

Pour mieux s'innocenter "Mais est-ce ma faute?"

Elle préférerait le mariage et serait une bonne épouse "la bonne conduite, l'économie et l'industrie convenables à une femme"

Origine de son malheur : l'homme qui l'a abandonnée (un magistrat!) est responsable de son état "j'eus la simplicité de confier mon honneur à un homme qui n'en avait point"

Inégalité de la justice selon le sexe et le statut social :

-         l'homme coupable du même péché qu'elle obtient pouvoir et honneur

-         elle est punie d'une amende

Mise en accusation de la justice qui profite aux hommes, surtout à ceux de pouvoir (magistrats)

Argumentation religieuse

Elle reprend une objection que pourraient lui faire les magistrats "on me répondra que"

Elle réfute l'idée des adversaires qui considère son acte comme une offense à Dieu

-         ils 'arrogent un droit divin : si offense il y a, c'est à dieu de la punir "laissez lui le soin de m'en punir"

-         disproportion crime/châtiment "vous m'avez déjà exclue […] cela ne vous suffit-il pas?"

-         faire des enfants plaît à dieu "qui l'adorent"

-         le châtiment publique entraîne un cercle vicieux : honte ž exclusion ž pas de possibilité de mariage

incohérence de ce châtiment

4ème temps : la péroraison

Revient sur la dénonciation des lois "changent la nature des actions et en font des crimes"

ž      faire d'un acte naturel un crime

Ironie suprême : réclame une loi tout aussi absurde contre les célibataires qui trompent les jeunes femmes ž démontre l'absurdité de la loi

Conclusion – reprise du récit par B

Chute: retournement de situation, fin morale et édifiante, comme si le discours avait été efficace ž conversion du magistrat.

Restituer le conte dans l'histoire

-         enchâssé dans un dialogue entre A et B ; entre l'aumônier et Orou

-         relation entre le conte et le dialogue

apologue comme exemple illustrant la thèse d'Orou

ž      incohérence des lois occidentales engendrant crimes et malheurs

-         lien fin de l'histoire Polly Baker – fin de l'histoire à Tahiti

conversion du magistrat anticipe la conversion future de l'aumônier

-         répliques de A et B

A : "et ce n'est pas là un conte de votre invention?"

Il questionne systématiquement la vérité,  remet en cause l'authenticité de l'histoire

B : "non"

Si pas conte, alors anecdote. Réponse vraie et fausse : pas invention de B, mais de Benjamin Franklin

Ironie de Diderot : trop beau pour être vrai, met à distance ses propres histoires.

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (5,00/ 5 pour 1 votes)
Loading...

Vous avez aimé
cette ressource ?

Bravo !

Téléchargez-là au format pdf en ajoutant simplement votre e-mail !

{{ downloadEmailSaved }}

Votre email est invalide