I: Introduction

Vautrin
est un personnage qui réapparaît dans plusieurs romans, ce qui
contribue à lui donner une dimension mythique. En lisant Le Père
Goriot, Les Illusions perdues et Splendeurs et misères
des Courtisanes, on arrive à retracer son itinéraire.

Lorsqu'il
est à la pension Vauquer, il est évadé du bagne dans lequel il
devait purger une peine de 5 ans de prison pour avoir endossé des
faux en écritures « d'un beau jeune homme qu'il aimait
beaucoup ».

Après
son arrestation à la pension Vauquer, il s'évade à nouveau, il
remplit auprès de Lucien de Rubempré une fonction semblable à
celle qu'il remplit auprès de Rastignac dans le Père Goriot.

C'est
lui qui réussit à persuader Lucien d'abandonner l'amour d'Esther
pour faire un mariage avantageux.

C'est
un personnage convaincu que l'ordre social repose sur l'injustice et
qu'il faut profiter sans scrupules, il vient l'âme damnée des
jeunes ambitieux qu'il remarque.

A
l'égard de Balzac, il est à la fois son porte parole, dénonçant
l'immoralisme profond d'une société qui corrompt les individus ;
mais il est aussi en quelque sorte le diable, celui qui agit dans
l'ombre et exerce nu ascendant maléfique, sans qu'on sache jusqu'où
sas mystérieux et inquiétants pouvoirs vont aller.

II :Lecture Analytique

Problématique
: Comment Balzac réussit-il à travers un portrait réaliste, à
peindre un homme aux caractéristiques exceptionnelles ?

I : Un
portrait réaliste.

1 : Un portrait
progressif, soucieux du détail.

2 : Un personnage
typique.

3 : Un personnage au
centre de l'univers de la pension.

II : Un
homme aux caractéristiques exceptionnelles.

1 : Au delà du
personnage type, un personnage singulier : le forçat évadé,
alliant force et finesse.

2 : Vautrin, figure
diabolique ?

III :Rédaction du commentaire

I
) 1 ) Un portrait progressif, soucieux du détail.

Le
portrait du personnage est progressif. On part de l'effet produit
chez les autres, puis c'est son buste qui est décris, sa figure,
puis sa voix, pour enfin évoluer vers son caractère et son
comportement en général : on a donc une progression qui élargit la
vision du personnage. Du physique à son ancrage dans son
environnement social.

Le
portrait se développe à travers des indications générales qui
s'appuient sur des détails particuliers. Cela singularise son image
et permet de fixer le personnage. Dans l'esprit du lecteur :
« favoris peints » « épaules larges »
« force musculaire », description minutieuse des mains, à
travers une succession d'adjectifs.

Sur
le plan du comportement, le « jet de salive » ( ligne 15
) permet d'articuler un détail précis et matériel avec un jugement
moral plus général ( ici, l'idée de « sang froid » ).
D'autres détails saugrenus comme la « réparation des
serrures » montrent le souci du détail réaliste, de la part
du narrateur.

I
) 2 ) Un personnage typique.

Toujours
soucieux de réalisme, Balzac mêle particularité du personnage, à
d'autres détails qui relèvent du « type ». C'est dans
la formulation généralisante des termes qui introduisent le
portrait de Vautrin, que Balzac rappelle à quel point chaque
individu, selon lui, s'inscrit dans un système social : chaque
individu est le représentant d'un « type » : ceci est
rappelé à la ligne 1 : « Vautrin, l'homme de 40 ans »,
ou dans l'expression « un de ces gens dont le peuple dit... ».

Le
reste du portrait cependant témoigne de la dimension exceptionnelle
et profondément singulière du personnage.

Balzac
allie le caractère extraordinaire du héros de roman ( figure
complexe et originale ) avec le souci d'affirmer le cadre social de
son œuvre, en représentant une catégorie d'individus : le forçat
évadé.

I
) 3 ) Un personnage au centre de l'univers de la pension.

Vautrin
est présenté comme un personnage qui jouit d'un statut exceptionnel
au sein de la maison Vauquer : Il est celui qui va partout grâce à
son « passe partout » confié par l'hôtesse. C'est donc
un personnage au pouvoir singulier, qui exerce ce pouvoir sur son
entourage. C'est lui qui paraît au centre de la vie de la petite
communauté, se liant les uns et les autres en leur prêtant de
l'argent, capable de réparer les serrures, « connaissant tout
d'ailleurs » ( ligne 9 ) : il dispose donc d'un véritable
pouvoir fondé sur son rayonnement personnel, alliant gentillesse et
puissance d'introspection, qui met à nu les secrets de chacun.

Vautrin
est donc présenté comme un personnage de pouvoir mais qui possède
aussi, de par le portrait qui en est fait, une dimension troublante.

II
) 1 ) Au delà du personnage type, un personnage singulier : le
forçat évadé, alliant force et finesse.

A
tout égards, Balzac dresse l'image d'un homme exceptionnel, par ses
caractéristiques physiques et morales. C'est une figure ambivalente,
qui allie une grande force d'impression sur les autres et une finesse
redoutable.

Sa
force est dénotée par sa puissance musculaire et virile, et sur le
caractère marqué de son visage : « fameux gaillard »,
« épaules larges » «  muscles apparents »
« signes de dureté » « un juge sévère ».
Mais cette force et cette dureté sans contrebalancées de façon un
peu contradictoire par souplesse, obligeance, gaieté : « Son
air bonhomme » « manières souples et liantes »
« grosse gaieté » « obligeant et rieur ».

Ce
portrait montre un homme assez mystérieux, dont l'aura sur les
autres est importante, un homme à double visage.

Cette
ambivalence est complétée par une dimension symbolique qui apporte
un supplément d'inquiétude et d'interrogation.

II
) 2 ) Vautrin, figure diabolique ?

Au-delà
de sa force, Vautrin est exceptionnel également par son caractère
dérangeant : les « poils roux », le « buste bien
développé » apportent inquiétudes et interrogations sur la
véritables personnalité du personnage. C'est un personnage qui est
aussi décrit comme « imprimant la crainte » ( ligne 14 )
et doté d'une grande détermination et d'un « sang froid
imperturbable » ( ligne 1igne 15 ). Balzac va jusqu'à
mentionner l'absence de limite de ce personnage presque diabolique :
« Il annonçait un sang-froid imperturbable qui ne devait pas
le faire reculer devant un crime pour sortir d'une position
équivoque ». Ce caractère extrémiste de sa personnalité est
également illustré par l'expression suivante : « son œil
semblait aller au fond » ( ligne 16 et 17 ).

Conclusion
: Cet extrait illustre la puissance du texte de Balzac qui
dépasse la simple description réaliste soucieuse de précision
socio-historique, pour donner une véritable dimension symbolique à
ses personnages, tout en les ancrant fortement dans la réalité de
leur cadre social et dans les relations qu'ils entretiennent avec les
autres personnages du roman.

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Mathieu

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