Introduction

Comment nous y prenons-nous pour interroger ? Savons-nous poser des questions claires, grammaticalement correctes et adaptées à l'information recherchée ?

Comment passer de l'affirmation à l'interrogation ? Les exercices et travaux qui suivront font réfléchir à cette difficulté de la langue.

Exercice 1 : Intonation et inversion

Lisez les deux phrases suivantes à haute voix :

a) - Vous comprenez.

b) - Vous comprenez ?

Par quoi est marqué le sens interrogatif dans la phrase b) : quand vous la lisez ? Quand vous la prononcez ?

c) - Comprenez-vous ?

Comment est marqué le sens interrogatif dans cette phrase ?

La phrase "Monique vient" énonce une affirmation. Si vous voulez poser une question sur la venue de Monique, vous transformez cet énoncé affirmatif en énoncé interrogatif. Faites-le.

Quel procédé avez-vous utilisé pour inverser l'ordre "sujet-verbe" ?

Exercice 2 : Mots interrogatifs

a) - Il part.

b) - Part-il ?

c) - Qui part ?

d) - Où part-il ?

Comment a-t-on introduit l'interrogation :

- dans la phrase b) ?

- dans la phrase c) ?

- dans la phrase d) ?

Pourquoi n'a-t-on pas fait une inversion du sujet dans la phrase c) ? Quelle est la fonction du pronon qui ?

Exercice 3 : Sur quelle idée porte l'interrogation ?

a) - Jean viendra demain en auto.

b) - Est-ce que Jean viendra demain en auto ?

c) - Est-ce demain que Jean viendra en auto ?

d) - Comment Jean viendra-t-il demain ?

Les phrases b), c), d) reprennent la première phrase en introduisant une interrogation. Mais ces trois phrases n'ont pas toutes le même sens. Pourquoi ?

Exercice 4 : Interrogation directe et indirecte

a) - Que veux-tu pour tes étrennes ? - Un stylo.

b) - Dis-moi ce que tu veux pour tes étrennes. - Un stylo.

Les deux questions ont le même sens puisqu'elles obtiennent la même réponse : recevoir un stylo pour les étrennes.

Pourquoi la phrase b) ne se termine-t-elle pas par un point d'interrogation ?

Exercice 5 : Langage écrit, langage parlé

a) - Quand venez-vous ?

b) - Vous venez quand ?

c) - Est-ce que vous venez ce soir ?

d) - Quand est-ce que c'est que vous venez ?

- Parmi ces cinq phrases, certaines sont correctes et peuvent s'écrire. Lesquelles ?

- Certaines appartiennent seulement au langage parlé. Lesquelles ?

- Certaines sont incorrectes et à proscrire. Lesquelles ? Pourquoi ?

Corrigé

L'objectif de ces exercices était d'attirer votre attention sur la structure de la phrase interrogative. En effet, le mécanisme de l'interrogation est assez complexe, car il introduit dans la phrase affirmative ou une inversion, ou un mot interrogatif, ou les deux.

Qu'avez-vous dû observer au fur et à mesure que vous faisiez les exercices ?

Exercice 1 : Intonation et inversion

L'interrogation peut se marquer sans apport de mot nouveau et sans inversion, simplement par l'intonation en langage parlé ou un point d'interrogation en langage écrit.

Exemple : Vous comprenez ?

L'interrogation se marque aussi (et c'est un langage écrit) par une inversion sujet-verbe.

Exemple : Comprenez-vous ?

Si le sujet du verbe est un pronom, on fait une inversion simple. Si le sujet est un nom, il reste devant le verbe et est repris par un pronom après le verbe.

Exemple : - Vient-elle ? - Monique vient-elle ?

Exercice 2 : Mots interrogatifs

Pour interroger, on utilise aussi :

- des locutions interrogatives construites à partir des mots "c'est".

Par exemple : est-ce ; est-ce que ; qui est-ce qui ; etc. Dans ce cas, on ne fait pas d'inversion verbe-sujet, l'inversion se trouvant déjà dans la locution "est-ce".

Exemples : - Est-ce qu'il part ? - Est-ce que vous venez avec moi ?

- des mots interrogatifs : pourquoi, comment, qui, lequel, etc.

Les mots interrogatifs ne dispensent :

- ni de l'inversion simple : pourquoi sortent-ils ?

- ni de l'inversion avec reprise du sujet : pourquoi ces enfant sortent-ils ?

Ce n'est que lorsque le mot interrogatif est le sujet du verbe qu'il n'y a pas d'inversion :

- Qui sort ?

- Qui part avec moi ?

Exercice 3 : Sur quelle idée porte l'interrogation ?

Vous pouvez désirer interroger :

a) - sur toute la phrase :

Exemples :

- Est-ce que Jean viendra demain en auto ?

ou :

- Jean viendra-t-il demain en auto ?

b) - sur un point particulier : date, mode de locomotion, etc.

- la date :

. Est-ce demain que Jean viendra en auto ?

. Quand Jean viendra-t-il en auto ?

- le mode de locomotion :

. Est-ce en auto que Jean viendra demain ?

Dans ce cas, la locution "est-ce" est bien pratique : elle dispense de faire une inversion qui peut poser des difficultés si la phrase est complexe. Elle convient bien au langage parlé.

Pour le langage écrit, elle est un peu "lourde" : en écrivant, faites un effort pour trouver une formule meilleure.

Exercice 4 : Interrogation directe et indirecte

L'interrogation est indirecte quand elle dépend d'une proposition principale qui l'annonce :

- Dis-moi ce que tu veux pour tes étrennes.

- Je te demande où tu vas.

Dans ce cas, pas de point d'interrogation en fin de phrase.

Exercice 5 : Langage parlé, langage écrit

Les deux phrases utilisées dans le langage écrit sont :

a) - Quand venez-vous ?

c) - Est-ce que vous venez ce soir ? ou mieux : Venez-vous ce soir ?

Dans le langage courant, on dit :

b) - Vous venez quand ?

Pour conclure, à proscrire ABSOLUMENT du langage parlé comme de l'écrit :

d) - Quand est-ce que c'est que vous venez ?

Vous avez aimé l’article ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (Aucun vote)
Loading...

Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !

Vous avez aimé
cette ressource ?

Bravo !

Téléchargez-là au format pdf en ajoutant simplement votre e-mail !

{{ downloadEmailSaved }}

Votre email est invalide