Le sujet

Sujet de l'épreuve.

Texte : Victor Hugo, Les Misérables, 1862.

Un aubergiste singulier

1)      a- Imparfait et passé simple sont les deux temps utilisés dans le récit au passé. A la première ligne, l'imparfait renvoie à une action longue, qui est en train de se faire et se poursuit. Cette action est contemporaine d'autres actions plus brèves qui se succèdent, au passé simple, accomplies par un autre personnage : « pendant que » atteste cette contemporanéité.

b- l'emploi de ces temps attire l'attention sur l'aubergiste qui s'affaire comme l'indiquent les nombreux verbes d'action conjugués au passé simple.

2)      a- Le terme qui désigne l'aubergiste est celui d'  « hôte » (l. 9).

b- Un hôte est celui qui fait honneur à ses invités : on attend de lui qu'il soit convivial,     chaleureux, qu'il accueille les personnes qui se présentent chez lui.

3)      a- Les phrases énoncées par l'aubergiste sont le plus souvent négatives : « je n'ai pas », « je ne puis ».

b- Trois expressions désignent la façon dont l'aubergiste répond au voyageur : « cette déclaration faite d'un ton mesuré, mais ferme » (l. 28), « d'un accent qui le fit tressaillir » (l. 43), et « ajouta toujours à voix basse » (l. 46-47).

4)      Jacques Labarre ne correspond pas à l'image que l'on se fait ordinairement d'un « digne aubergiste » : en effet, il est méfiant au lieu d'être accueillant, il s'adresse sèchement aux personnes venues pour dîner, et refuse même de servir certaines d'entre elles avant de les pousser à partir par la menace.

Un voyageur indésirable

1)      Le voyageur affirme les propos suivants : «  Mais je meurs de faim, moi. J'ai marché dès le soleil levé. J'ai fait douze lieues. Je paye. Je veux manger. » (l. 29-30) Il justifie sa présence par la faim ; celle-ci est due à la journée harassante qu'il a eue. La crainte qui pourrait motiver le refus de l'hôte, le manque d'argent est devancée par le voyageur qui affirme qu'il est apte à payer son repas. Il n'y a donc pas apparemment aucune raison pour qu'on lui refuse un repas. Les raisons invoquées sont donc légitimes.

2)       La conjonction de coordination « et » marque ordinairement l'addition. Ici elle prend une valeur singulière de conséquence : « donc » ; elle achève le raisonnement logique amorcé par Jean Valjean.

3)      Le terme mis en relief est le pronom moi : à la forme tonique il reprend et renforce le pronom personnel sujet « je » et provoque un effet d'insistance.

4)      Le voyageur semble ne pas comprendre les raisons du refus de l'aubergiste : rassuré sur la capacité du voyageur à honorer les frais de son repas, l'aubergiste n'a plus aucune raison de ne pas nourrir le voyageur. Il cède à la colère, s'emporte, la faim et la fatigue aidant, réclamant ce qu'il lui semble légitime d'obtenir dans une auberge : de quoi se restaurer.

5)      a-Le narrateur désigne le voyageur en usant des termes suivants : « le nouveau venu » (l. 1) , « le voyageur » (l. 6) puis « l'homme » ( l. 13) et enfin « l'étranger » ( l. 28) ;

b-Quant à l'aubergiste, il s'adresse à lui en le nommant « Monsieur »(l. 12) puis il le désigne par sa véritable identité : « Jean Valjean » (l. 48)

c- Cette dernière désignation permet au voyageur de comprendre que sous cette véritable identité, il ne saurait obtenir ce qui lui revient pourtant de droit : l'autorisation de se restaurer dans une auberge. Son nom est celui d'un forçat.

Le face à face

1)      Le voyageur souhaite faire valoir son droit élémentaire à se restaurer dans une auberge, moyennant le prix de son repas, rien de plus. Il vise à être un individu anonyme, à se fondre dans la peau d'un simple voyageur sans que l'image de forçat ne lui colle à la peau. Pour cela, il accepte toutes les conditions de l'aubergiste : y compris celle de dormir avec les chevaux. Il essaye en outre de convaincre l'aubergiste qu'il y a assez de nourriture pour satisfaire l'appétit de ceux qui l'ont prétendument réservée mais aussi celui des autres. L'aubergiste en revanche fait tout pour voir ses doutes levés puis pour dissuader le voyageur de s'attarder chez lui : il refuse ainsi de le loger et de lui servir à dîner, prétextant au début que toute la nourriture est réservée, avouant ensuite que c'est parce qu'il connaît son identité. Son but est de le voir partir.

2)      a- Jean Valjean ne se laisse pas faire par l'aubergiste.

b-Posant des questions, il tâche de prouver à son interlocuteur que les réponses apportées ne contredisent en rien la possibilité de le garder à dîner. Ses phrases interrogatives sont suives de phrases nominales.

3)      « Allez vous-en » vient du verbe pronominal s'en aller. Il est ici conjugué au présent de l'impératif. Cette phrase est importante car elle énonce un ordre donné par l'aubergiste à Jean Valjean et sonne comme une menace. Elle affirme ce que souhaite vraiment l'hôte.

4)      Les propos de l'aubergiste sont de mauvaise foi. La répétition du pronom indéfini « tout » montre qu'il ne veut rien donner au voyageur. L'idée que tout est pris et que rien n'est disponible atteste la mauvais foi de l'aubergiste. En outre, les quantités préparées ne correspondent pas à ce qu'affirme l'hôte. Terminer enfin par des propos menaçants montre que les affirmations précédentes n'avaient pas de valeur.

Réécriture

-         réécrire au PQP

-         passer de P1 à P6

-         lignes 49-50

« En vous voyant entrer, ils s'étaient doutés* de quelque chose, ils avaient envoyé à la mairie et voici ce qu'on leur avait répondu. »

* l'accord du participe passé des verbes pronominaux est extrêmement difficile : ici le pronom réfléchi « s' » n'est pas analysable ; la grammaire considère alors que l'auxiliaire être l'emporte : donc accord avec le sujet « ils ».

Rédaction

-         imaginez la suite du texte

-         aubergiste à sa femme

-         sa femme lui montre qu'il a eu tort

-         récit au passé

-         inclure les arguments échangés et les réactions de l'un et de l'autre.

« Dès qu'il est entré, je me suis douté de quelque chose : cet homme ne semblait pas à l'aise, il ne regardait pas les gens qui l'entouraient dans les yeux. » L'aubergiste raconta à sa femme les recherches qu'il avait menées auprès des services de la mairie pour obtenir des renseignements sur un individu suspect arrivé dans la journée en ville. La femme l'écoutait attentivement, à l'affût du moindre détail. Elle regrettait de ne pas avoir assisté à la scène et se demandait comment elle aurait réagi si elle avait été confrontée à cet homme. Aurait-elle eu, comme son  mari, la présence d'esprit de solliciter les autorités locales ? Pourtant elle ne comprenait pas la réaction de celui-ci. Elle osa lui demander :

« Notre homme avait-il de quoi honorer son repas ?

-Oui, d'après ce qu'il disait mais il était hors de question pour moi d'accueillir à ma table un forçat, un homme dangereux. Qu'il aille au diable !

-Pourtant il devait avoir  faim et souhaiter se reposer ? Tout forçat qu'il a été, il n'est reste pas moins un homme. Il méritait sans doute un peu de considération. En outre s'il était prêt à payer d'avance, pourquoi ne pas avoir accepté qu'il se restaure à l'abris des regards, pour éviter le scandale ?

-J'ai fait ce que j'ai cru bon pour mon établissement.

-Tu n'en as fait qu'à ta tête et sans cœur encore !

Le femme de l'aubergiste avait presque les larmes aux yeux à la pensée que cet homme affamé fût chassé de cette maison. Son mari ne méritait décidément pas le titre de digne aubergiste qu'elle avait souvent entendu dans la bouche de ses clients fidèles. Comment avait-il justifié son refus ? L'aubergiste lui reporta les échanges vifs auxquels l'avait confronté cette situation. Il semblait heureux d'avoir déjoué toutes les questions que lui avaient posées le voyageur. La nourriture ? Elle était réservée. Les personnes ? Des rouliers qui avaient tout payé d'avance. Mais l'homme avait l'œil affûté et il s'était rendu compte qu'il y avait de quoi nourrir bon nombre de personnes. Qu'importe ! L'aubergiste ne supportait pas l'idée que cet homme, cet étranger, ce voleur ne restât dans sa maison. En disant cela il s'enflammait : sa femme compris que la réaction avait été vive, presque épidermique, que jamais son mari n'avait eu la moindre compassion pour cet homme qui avait sûrement déjà volé, mû par la faim. Elle espérait de son côté voir l'homme reparaître sur le seuil de son auberge : elle lui offrirait le gîte et le couvert comme n'importe quel autre voyageur. Peut-être même le cacherait-elle.

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