PREMIERE PARTIE

Question sur le texte

I. Une scène décisive

1. Les éléments qui indiquent où et quant se déroule la scène :
"Une après-midi" (complément circonstanciel de temps), "à la
récréation" (complément circonstanciel de lieu), "de quatre
heures" (complément du nom "récréation" et CC de temps) et
"dans un coin de la cour" (complément circonstanciel de lieu).

2. "Je me souviens...menace"
Dans cette phrase se trouvent 2 verbes : "souviens" et
"produisit".
- "souviens" - temps : présent de l'indicatif ; valeur : présent
d'énonciation ; époque de la vie du narrateur : présent de l'écriture,
moment où il écrit.
- "produisit" - temps : passé simple de l'indicatif ; valeur :
action ponctuelle et délimitée dans le passé ; époque de la vie du
narrateur : son passé d'écolier.

3."Il m'initia...confiance"

a) Dans le contexte de cette phrase, le verbe "initier" signifie "faire
part du projet", "raconter comment va se dérouler le projet",
etc.

b) La figure de style employée dans cette phrase est la comparaison,
introduite par le terme comparatif "comme" : "comme un
conscrit dans l'énergie duquel on a une médiocre confiance". Le narrateur
(comparé) se compare lui-même à un conscrit, à un soldat débutant (comparant).

c) Cette comparaison établit entre les deux personnages un rapport de domination/soumission,
entre celui qui est expérimenté et celui qui débute. Cela révèle une hiérarchie
entre Michu (qui domine), et le narrateur (qui est novice).

II. Le Grand Michu et le narrateur

1. Voici plusieurs mots ou expressions que vous pouviez relever,
permettant de dresser un portrait physique de Michu : "grand",
"un air grave", "un gaillard", "aux poings
énormes", "sa voix grasse de paysan à peine dégrossi" et
"ses yeux gris".

2. "il avait un air grave...avoir pour ennemi."
Dans cette phrase il fallait relever les deux propositions subordonnées
suivantes :
- "qui me frappa d'une certaine crainte" : proposition subordonnée
relative introduite par le pronom relatif "qui", complément de
l'antécédent "air".
- "que, pour rien au monde, je n'aurais voulu avoir pour ennemi." :
proposition subordonnée relative introduite par le pronom relatif
"que", complément de l'antécédent "gaillard".
(Il n'était pas demandé de donner les outils introducteurs de ces subordonnées,
ni de donner leur fonction.)

3. Michu inspire au narrateur de la "crainte", de
"l'effroi".

4. Michu produit également sur le narrateur de la joie et de
l'admiration : ""une sensation délicieuse", "les joies
cuisantes", "en admiration devant lui", "l'air d'extase
enthousiaste".

5. "Je me souviens encore du singulier effet que me produisit cette
menace. Elle me donna un courage énorme."
Dans cette phrase, le mot "singulier" signifie : étrange, curieux,
paradoxal, bizarre... En effet, cette menace aurait dû terrifier le narrateur,
mais elle lui a au contraire donné un courage énorme. L'effet de cette menace
fut donc assez étrange !

III. Un sujet bien mystérieux

1. "Veux-tu en être ?"

a) Classe grammaticale de "en" : pronom adverbial

b) On découvre au fil du texte ce que représente ce mot. Il renvoie aux
expressions suivantes du texte : "de quelque chose", "du
complot", "La révolte... au réfectoire."

2. Quatre indices soulignant dans le texte le caractère mystérieux du
projet de Michu :
- On se cache pour en parler tout bas : "dans un coin", "voix
basse".
- Le narrateur est "un complice".
- Le mystère est jeté dès les premières lignes avec l'utilisation du pronom
"en" (on ne sait pas encore à quoi il fait référence).
- Il s'agit d'un "complot", d'un "secret à garder", de
"confidences".

3. "Bast ! me disais-je...Michu !"

a) Dans cette phrase, les paroles sont rapportées au discours direct. On le
repère en effet à la présence d'une ponctuation propre au dialogue (les
guillemets) et à celle d'un verbe de parole : "me disais-je".

b) Ces phrases révèlent très clairement l'état d'esprit du narrateur : il est
enthousiaste. On notera en effet qu'il s'agit de phrases exclamatives.

4. Cet épisode a été déterminant dans la vie du narrateur parce qu'il a
vécu son premier interdit, sa première grosse bêtise, et qu'il a obtenu la
confiance et le respect de celui qu'il admire tant : Michu. Pour illustrer ce
propos, vous deviez relever dans le texte tout ce qui indique que c'est une
première fois pour lui... ("nouveau rôle de complice",
"initia", "conscrit", etc.)

Réécriture

"Aussi, pendant que les deux garçons parlent,
suis-je en admiration devant eux. Ils m'initient d'un ton un peu
rude, comme un conscrit dans l'énergie duquel on a une médiocre confiance.
Cependant, le frémissement d'aise, l'air d'extase enthousiaste que je dois
avoir en les écoutant finissent par leur donner une meilleure
opinion de moi."

Dictée

Ce jour-là, ils traînaient le long des chemins et
leurs pas semblaient alourdis de toute la mélancolie du temps, de la saison et
du paysage.
Quelques-uns cependant, les grands, étaient déjà dans la cour de l'école et
discutaient avec animation. Le père Simon, le maître, sa calotte en arrière et
ses lunettes sur le front, dominant les yeux, était installé devant la porte
qui donnait sur la rue. Il surveillait l'entrée, gourmandait les traînards, et,
au fur et à mesure de leur arrivée, les petits garçons, soulevant leur
casquette, passaient devant lui, traversaient le couloir et se répandaient dans
la cour.

Louis PERGAUD

La Guerre
des boutons

DEUXIEME  PARTIE

Rédaction

Quelques pistes ...

- Respect des codes de la lettre : mention du
destinataire, date et lieu de l'énonciation, émetteur, adresse à l'émetteur
(chère maman, par exemple), signature. Attention à la disposition de tous ces
éléments.

- Respect de la situation d'énonciation : c'est le narrateur, l'émetteur, qui
écrit à sa mère, la destinataire, après la révolte de la cantine.

- Cohérence par rapport au texte de départ : réutilisez des éléments du texte
de départ pour marquer la continuité et assurer la cohérence : par exemple, en
évoquant les émotions ressenties, le physique de Michu, etc. Ne pas hésiter à
réutiliser des mots ou expressions du texte de départ (en recopiant avec
beaucoup d'attention pour éviter les fautes d'orthographe !).

- Utilisation du discours narratif : il faut, dans votre rédaction, des
passages de récit, où le narrateur raconte les faits.

- Utilisation du discours argumentatif : on vous demande donc d'écrire une
thèse, des arguments, et des exemples. Le narrateur doit justifier sa
participation au complot.

Une proposition de
corrigé par Claire, professeur de français :

Internat de Nanterre Le 2 octobre 1852
Salle d'étude

Ma chère maman chérie,

Je t'écris depuis l'étude où je travaille depuis déjà deux heures. Il faut que
je te l'avoue : j'ai été puni... Non, ma petite maman, ne t'énerve pas contre
moi, ne pleure pas, ne t'en fais pas, ce n'est pas bien grave ! Je n'ai plus
qu'à recopier cinquante-quatre fois : "Je ne dois pas lancer de petits
pois au réfectoire avec ma petite cuillère", et je serai libre de quitter
l'étude !
Maintenant, laisse-moi te raconter comment ça c'est passé. Quand Michu s'est
présenté devant moi, qu'il m'a conduit dans un coin de la cour pour me demander
si je souhaitais participer, je n'ai pas pu refuser. Tu sais, Michu, il est
très costaud, ses poings sont énormes, il est très grand, c'est un véritable
gaillard... Il est beaucoup plus fort que moi tu sais. Non pas qu'il m'aurait
battu mais il m'aurait traité de traître et plus personne ne m'aurait plus
parlé à l'école.
J'avais vraiment envie de participer, c'est un privilège, tu sais, de faire
partie de la bande à Michu. Tu ne peux pas savoir ce que j'ai ressenti
lorsqu'il m'a dit : "Tu es des nôtres." D'un seul coup, je me suis
senti intégré dans une vraie fratrie. Je me suis senti enfin un homme.
Nous n'avons pas fait beaucoup de dégâts, et puis c'était trop rigolo ! Tu
aurais dû voir le sol de la cantine jonché de petits pois et d'épluchures de
bananes ! C'était fantastique ! Toute la bande s'y est mise en même temps, un
vrai raffut.
En plus, on a déjà tout remis en ordre : après les cours hier, nous avons dû
retourner au réfectoire pour tout laver. Le carrelage n'a jamais autant brillé
!
Tu sais maman, je fais maintenant partie de la bande à Michu, je suis un homme,
je ne suis plus un petit garçon. J'ai déjà été bien puni alors attends-moi avec
un grand sourire !
Je t'embrasse de tout mon cœur,

Ton fils,
Gaspard

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !