Tragédie écrite par Jean Racine, créée en  1670.

Acte I

(1) Antiochus envoie son confident Arsace chercher la reine.
(2) Resté seul, il frémit à l’idée de voir Bérénice pour la
dernière fois. Il l’aime en secret depuis 5 ans et ne peut supporter de la voir
épouser Titus. Doit il se taire ou parler ?
(3) Arsace revient et essaie de le convaincre de rester.
Antiochus voudrait lui expliquer ses sentiments.
(4) Bérénice arrive, radieuse et rassurée. Malgré son long
silence après la mort de son père, Titus l’aime toujours et doit l’épouser.
Antiochus lui fait ses adieux mais finit par lui avouer les vraies raisons de
son départ. Choquée dans sa gloire et déçue dans son amitié, elle le laisse
partir, désespéré.
(5) Phénice, sa confidente, regrette ce départ dans
l’incertitude de la décision de Titus.

Acte II

(1) Titus parait et renvoie sa suite.
(2) Il interroge Paulin sur l’opinion de Rome concernant son
mariage avec une reine étrangère. Celui-ci répond qu’elle n’est pas favorable.
Mais Titus a déjà pris la décision de sacrifier celle qu’il aime à sa propre
gloire. Il est désespéré;
(3) On annonce Bérénice et Titus chancelle.
(4) Elle s’interroge sur l’attitude de son amant, se plaint,
tandis que Titus est incapable de répondre.
(5) Inquiète de sa brusque fuite et de son silence, elle en
cherche les raisons et parvient à se rassurer.

Acte III

(1) Les deux rôles masculins, qui avaient occupés chacun un
acte, se rencontrent enfin. Titus s’étonne du départ précipité d’Antiochus mais
n’en demande pas la raison. Il le charge d’aller annoncer à Bérénice qu’il la
renvoie.
(2) Malgré les encouragements d’Arsace, Antiochus se
rappelle les sentiments de Bérénice à son égard et oscille entre espoir et
inquiétude. Il décide de ne pas être le porteur de la mauvaise nouvelle.
(3) Mais Bérénice entre en scène à ce moment et force
Antiochus à parler. Elle ne le croit pas et le bannit pour toujours de sa vue
avant de sortir, effondrée.
(4) Antiochus attend la nuit pour partir, et la confirmation
que la reine n’a pas, par désespoir, cherché à attenter à ses jours.

Acte IV

(1) Bref monologue de Bérénice qui nous révèle son profond
et douloureux désespoir.
(2) Bérénice ne veut pas se changer car elle pense que seule
l’image visible de son désespoir peut toucher Titus.
(3) Titus envoie Paulin voir Bérénice et reste seul.
(4) Il s’interroge sur la conduite à tenir. Il cherche des
raisons pour revenir sur sa décision mais son honneur d’empereur fini par
l’emporter sur ses sentiments.
(5) Arrivée de Bérénice. Ils sont en larmes. Titus prêt à
céder parvient à se hausser à une décision présentée comme "romaine".
Bérénice qui s’était déclarée prête à rester comme concubine, retrouve sa
fierté et sort en annonçant sa mort prochaine, seul issue.
(6) Titus se compare à Néron et s’égare dans la douleur.
(7) Antiochus lui fait du reproche et l’encourage à aller
voir la reine.
(8) Les corps constitués de Rome arrivent au palais. Titus
choisit sans hésiter de les recevoir plutôt que de rejoindre Bérénice.

Acte V

(1) Le dernier acte s’ouvre sur un Arsace heureux en quête
de son maître.
(2) Bérénice s’apprête à quitter Rome annonce-t-il à
Antiochus qui n’ose plus espérer.
(3) Titus invite Antiochus à contempler pour la dernière
fois l’amour qu’il voue à sa maîtresse.
(4) Quiproquo: Antiochus pense qu’il s’agit d’une
réconciliation. Il sort, décidé à mourir.
(5) Bérénice veut partir sans écouter Titus, qui l’aime plus
que jamais. Pendant qu’elle lui renouvelle ses reproches, il apprend par la
lettre qu’il lui avait arrachée que son départ est feint et qu’elle veut
mourir. Il envoie Phénice chercher Antiochus.
(6) Titus explique en une longue tirade ses sentiments, ses
raisons d’agir, son souhait de mourir.
(7) Pour la première et dernière fois les trois héros sont
réunis: Antiochus avoue à Titus qu’il est son rival et qu’il souhaite mourir.
Bérénice intervient alors et prononce les mots de la séparation: que tous trois
vivent, mais séparés, cultivant le souvenir de leur malheureuse histoire.

Commentaire

Racine se serait inspiré de la romance avortée entre Louis
XIV et Marie Mancini et on dit que Louis XIV présent à la première de la pièce
aurait versé quelques larmes. Racine semble avoir choisi le thème de la
séparation de Titus et de Bérénice pour concurrencer Corneille, qui préparait
au même moment sa pièce Tite et Bérénice.

Suétone avait raconté l'histoire de l'empereur romain et de
la reine de Palestine : parce que Rome s'opposait à leur mariage, Titus
dut renvoyer Bérénice chez elle, invitus invitam (malgré lui, malgré
elle). Racine élève la liaison sans doute assez banale d'un Romain et de sa
maîtresse au niveau d'un amour absolu et tragique.

La tragédie naît de l'affrontement de deux impératifs
inconciliables. Titus ne peut mettre en danger sa mission à la tête de Rome au
nom de la passion qui l'unit à Bérénice. La pièce aurait pu procéder par
revirements et coups de théâtre pour unir puis éloigner successivement les deux
personnages. Racine choisit au contraire de supprimer tous les événements qui
pourraient faire de l'ombre à l'unique action du drame : l'annonce, par
Titus, du choix qu'il a fait de quitter Bérénice. Titus a en effet pris sa
décision avant le début de la pièce ; il lui reste à l'annoncer à Bérénice
et celle-ci doit l'accepter. Leur passion n'est jamais mise en doute, à aucun
moment la vie d'un personnage n'est en danger : rien ne vient distraire
l'attention. Le très grand art de Racine consiste à « faire quelque chose
à partir de rien » (préface de Bérénice), à créer chez le spectateur
« cette tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la
tragédie » à partir d'un sujet que l'on peut raconter en une phrase. La
tension atteint son paroxysme à la fin du 4e acte, lorsque Titus explique le
drame qui le déchire à Bérénice, qui refuse la décision qu'il a prise. Puis le
5e acte montre admirablement les deux personnages faire face à leur
devoir : contrairement à d'autres personnages de Racine, ils acceptent
leur séparation sans se réfugier dans la mort.

Bérénice est restée longtemps dans un purgatoire dont
elle n'est ressortie qu'au XXe siècle.
Aujourd'hui, c'est l'une des tragédies de Racine les plus jouées après Phèdre,
Andromaque et Britannicus.

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Mathieu

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