Auteur et date de l'ouvrage

Roman écrit par Michel Houellebecq, publié en 1998.

Résumé du livre

L’histoire, en trois parties,
se passe entre le 1er juillet 1998 et le 27 mars 2009, et raconte l’histoire
alternée de deux demi-frères, Bruno et Michel, nés à la fin des années
cinquante que les hasards de la vie (et un coup de pouce des géniteurs) ont mis
à un certain moment en relation. Leur mère, Janine, a vécu à fond les idéaux de
la société permissive. Née en 1928, elle grandit en Algérie (où son père était
venu travailler comme ingénieur) et vint à Paris pour compléter ses
études ; elle dansa le be-bop avec Jean-Paul Sartre (qu’elle trouvait
remarquablement moche), eut beaucoup d’amants (elle était très belle) et se
maria avec un jeune chirurgien viril qui faisait alors fortune dans le domaine
relativement nouveau de la chirurgie plastique (profession qui doit sans doute
incarner la superficialité de l’époque). Le couple divorça deux ans après la
naissance de Bruno, puis lui et son frère Michel furent abandonnés chez des
grands-parents très patients, Janine partant vivre dans une communauté en
Californie. Dans d’éprouvants flash-backs, on constate la négligence qui
régnait à la maison et la brutalité à l’école où Bruno et Michel étaient
inscrits. Aucun des deux frères, c’est sous-entendu, n’a jamais vraiment
récupéré de ces débuts dans la vie.

Michel Djerzinski, abandonné par ses parents, a vécu avec sa
grand-mère dont la mort provoqua chez lui un traumatisme violent qui lui
interdira par la suite d’éprouver de vrais sentiments. Il n’a jamais ressenti
aucun sentiment profond envers ses semblables, hormis peut-être envers sa
grand-mère, qui l’a élevé et qui symbolise à ses yeux une espèce en voie de
disparition : « Des êtres humains qui travaillaient toute leur vie,
et qui travaillaient dur, uniquement par dévouement et par amour ; qui
donnaient littéralement leur vie aux autres dans un esprit de dévouement et
d’amour. » Il eut un amour d’adolescence, Annabelle. Michel voit Annabelle
se détacher de lui pour le fils d’un des amants californiens de Janine, lequel
se voulait une rock-star. Chercheur en biologie, Michel mène une existence
grise entre son supermarché Monoprix et le laboratoire où il mène des
expériences de pointe sur le clonage des animaux. L’unique personne dont il ne
soit pas éloigné par des années-lumière, c’est son demi-frère Bruno. Il donne
son congé après quinze années passées dans un prestigieux laboratoire parisien
du CNRS. Il ne donne d’autre explication à ses supérieurs que celle exprimant
le besoin de temps « pour penser ». Il a peur de la vie et trouve
refuge derrière un écran de certitudes positivistes et dans la relecture de
l’autobiographie de Heisenberg. Célibataire et indépendant, Michel (qui a perdu
sa virginité à trente ans) se sent incapable d’aimer et a peu de libido
sexuelle, contrairement à son demi-frère de quarante-deux ans, Bruno, qui est
obsédé par le sexe : « Michel vivait dans un monde (...) rythmé par
certaines cérémonies commerciales - le tournoi de Roland-Garros, Noël, le 31 décembre,
le rendez-vous biannuel des catalogues 3 Suisses. Homosexuel, il aurait pu
prendre part au Sidathon, ou à la Gay Pride. Libertin, il se serait
enthousiasmé pour le Salon de l’érotisme. Plus sportif, il vivrait à cette même
minute une étape pyrénéenne du Tour de France. Consommateur sans
caractéristiques, il accueillait cependant avec joie le retour des quinzaines
italiennes dans son Monoprix de quartier. » Durant ces années, Anabelle a
pris part à des orgies et a eu deux avortements. Après leurs retrouvailles, Michel
fait dans ses bras une expérience quasi mystique qui lui procure une vision de
l’espace « comme une ligne très fine qui séparait deux sphères. Dans la
première sphère était l’être, et la séparation ; dans la seconde sphère
étaient le non-être, et la disparition individuelle. Calmement, sans hésiter,
il se retourna et se dirigea vers la seconde sphère » . Leur tentative
pour rebâtir ce qu’ils ont perdu est gênée par la froideur émotionnelle de
Michel ; il ressent de la compassion pour elle mais pas d’amour.

Dans son enfance, son demi-frère Bruno fut contraint dans un
internat à des viols à répétition et des humiliations quotidiennes. La
souffrance de Bruno à l’école est aggravée par le relâchement délibéré de
l’autorité scolaire à la suite des protestations de Mai 68, l’accent étant
désormais mis sur l’autodiscipline : « l’année 1970 vit une extension
rapide de la consommation érotique ». Adolescent, Bruno a l’habitude de se
masturber secrètement alors qu’il est assis près d’une jolie fillette dans le
train qui le ramène de l’école. Parachuté dans l’appartement bohème de sa mère
durant les vacances d’été, pâle et déjà trop gros pour ses dix-huit ans, il se
sent embarrassé et mal à sa place en présence des amants hippies et bronzés de
sa mère, et face à l’impatiente insistance de celle-ci à discuter de ses
inhibitions sexuelles. La haine que nourrit Bruno pour Janine trouve son
expression des années plus tard lorsqu’il lui crache des insultes à la figure
alors qu’elle est couchée sur son lit de mort. Bruno enseigne maintenant la
littérature dans un lycée de Dijon et aspire toujours à devenir écrivain. Aux
yeux de Michel, Bruno approche de la crise de la quarantaine (il s’est mis à
porter un manteau de cuir et à parler comme un personnage de film à suspense de
série B). Au bord du divorce et avec un bébé, dans une quête sexuelle sans
espoir, il sort dans les night-clubs lorsqu’il est supposé surveiller leur
fils ; il est continuellement en quête de rencontres sexuelles très
souvent désastreuses « Il enfila un caleçon de bain, glissa des
préservatifs dans sa sacoche d’un geste qui lui arracha un rire bref. Pendant
des années il avait porté des préservatifs sur lui en permanence, ça ne lui
avait jamais servi à rien ; de toute façon, les putes en avaient ». À
d’autres moments, il surfe pour chercher du porno sur Internet (avec pour
résultat une facture de téléphone de 14.000 francs qu’il cache à sa femme).
Bruno, est totalement immergé dans la vie, son désir le conduit à multiplier
les expériences (mariage, lingerie, salon de massage, prostitution, Minitel
rose, échangisme, partouze, sex-shops, etc.). Dangereusement attiré par ses
élèves adolescentes, il provoque le petit ami noir de l’une d’entre-elles au
point de s’attirer des représailles et des railleries. En un moment de jalousie
rageuse, il se lance dans un tract raciste envoyé à L’Infini, une revue publiée
par le sulfureux écrivain d’avant-garde Philippe Sollers. Les deux se
rencontrent dans un café parisien, Sollers brandit son porte-cigarette :
Philippe Sollers semblait être un écrivain connu ; pourtant, la lecture de
Femmes le montrait avec évidence, il ne réussissait à tringler que de vieilles
putes appartenant aux milieux culturels ; les minettes, visiblement,
préféraient les chanteurs. Dans ces conditions, à quoi bon publier des poèmes à
la con dans une revue merdique ? Sollers apprécie son texte sur Jean-Paul
II : « Vous êtes réactionnaire, c’est bien. Tous les grands écrivains
sont réactionnaires. Balzac, Flaubert, Baudelaire, Dostoïevski : que des
réactionnaires. Mais il faut baiser, aussi, hein ? Il faut partouzer.
C’est important.” Sollers revient sur sa décision de publier cet article mais
Bruno le jette à la poubelle en reconnaissant qu’il s’agissait d’une
"absurdité". Bruno rencontre Christiane lors d’un séjour au Lieu du
Changement, camping post-soixante-huitard tendance new age. Comme Christiane,
qui a cinquante-cinq ans, mère divorcée d’un garçon d’une dizaine d’année, il
est venu là pour le sexe. Pour elle les ravages de la génération de 68 sont
évidents sur les femmes qui participent aux ateliers : « En général
elles ont fait une analyse, ça les a complètement séchées ». Avec elle, il
fonde une famille et construit donc un certain équilibre - qu’il détruit
aussitôt après. Christiane emmène Bruno dans un implacable voyage de sexe en
groupe avec des touristes allemands et d’orgie en boîte de nuit parisienne mal
famée.

Alors que la frustration conduit Bruno aux portes de la
folie et du suicide, et après la mort d’Annabelle, Michel s’engage dans une
réflexion solitaire qui entraînera une révolution scientifique comparable à
l’œuvre d’Einstein : en dissociant radicalement la reproduction du
plaisir, il permettra à l’humanité de connaître enfin la paix. On retrouve
Michel dans un Centre de Recherche de Génétique à Galway ; sa vie a reçu
un nouvel élan à cause d’une théorie révolutionnaire qu’il a développé :
convaincu que la race humaine est condamnée par sa lutte insensée contre
l'angoisse de la mort, et par la contradiction entre vie moderne d'une part et
d'autre part la vie affective inhérente à la reproduction, il travaille à un
projet de race génétiquement modifiée, immortelle et stérile -- bien que non
dénuée de personnalité ni de plaisir sexuel. Son travail, qui est poursuivi
après sa mort en 2009, conduit à rien moins que la création, en 2029, d’une
race génétiquement contrôlée et finalement à l’extinction de la race humaine.

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