Poésie au CM2

Mise en voix d'un texte en prose  pour travailler la voix dans l'espace au cm2

(travail sur l'intensité, la hauteur, l'attaque et la chute du son, les rythmes et les silences, les déplacements, la mise en commun)

Le texte choisi pour être mis collectivement en voix dans l'espace est un extrait des Misérables, de Victor Hugo. Bien que ce soit un texte en prose, le rythme du texte est proche d'un texte poétique.

Les Misérables, tome 1, deuxième partie, livre premier, chapitre XIII

(autres textes à travailler dans l'espace)

Le texte a été choisi d'une part en lien avec la période historique étudiée au cm2, les guerres napoléonniennes, et d'autre part en raison de la richesse rythmique de l'extrait, dans lequel j'ai enlevé ce qui risquait de rompre le rythme de la narration.

L'intérêt de cet extrait est d'alterner des descriptions générales:"les escadrons et les bataillons se brisent et se dispersent les uns contre les autres"

des actions: "Ney emprunte un cheval, saute dessus..."

des rythmes très précipités grace à des successions de verbes:"Tout fléchit, se fêle, craque, flotte, roule, tombe, se heurte, se hâte, se précipite..."

des moments évoquant le silence: "Toutes ces bouches qui criaient le matin "Vive l'empereur", restent béantes..."

Extrait sur lequel nous avons travaillé avec des cm2 mais qui peut être repris dans une autre classe du cycle 3 en le réduisant:

La déroute derrière la garde fut lugubre.

L'armée plia brusquement de tous les côtés à la fois, de Hougomont, de la Haie-Sainte, de Papelotte, de Plancenoit. Le cri Trahison! fut suivi du cri Sauve-qui-peut! Une armée qui se débande, c'est un dégel. Tout fléchit, se fêle, craque, flotte, roule, tombe, se heurte, se hâte, se précipite. Désagrégation inouïe. Ney emprunte un cheval, saute dessus, et, sans chapeau, sans cravate, sans épée, se met en travers de la chaussée de Bruxelles, arrêtant à la fois les Anglais et les Français. Il tâche de retenir l'armée, il la rappelle, il l'insulte, il se cramponne à la déroute. Il est débordé. Les soldats le fuient, en criant: Vive le maréchal Ney! ;(...) la pire des mêlées, c'est la déroute, les amis s'entre-tuent pour fuir; les escadrons et les bataillons se brisent et se dispersent les uns contre les autres, énorme écume de la bataille. Lobau à une extrémité comme Reille à l'autre sont roulés dans le flot. En vain Napoléon fait des murailles avec ce qui lui reste de la garde; en vain il dépense à un dernier effort ses escadrons de service.(...) Napoléon court au galop le long des fuyards, les harangue, presse, menace, supplie. Toutes ces bouches qui criaient le matin vive l'empereur, restent béantes c'est à peine si on le connaît. La cavalerie prussienne, fraîche venue, s'élance, vole, sabre, taille, hache, tue, extermine. Les attelages se ruent, les canons se sauvent; les soldats du train détellent les caissons et en prennent les chevaux pour s'échapper; des fourgons culbutés les quatre roues en l'air entravent la route et sont des occasions de massacre. On s'écrase, on se foule, on marche sur les morts et sur les vivants. Les bras sont éperdus. Une multitude vertigineuse emplit les routes, les sentiers, les ponts, les plaines, les collines, les vallées, les bois, encombrés par cette évasion de quarante mille hommes. Cris, désespoir, sacs et fusils jetés dans les seigles, passages frayés à coups d'épée, plus de camarades, plus d'officiers, plus de généraux, une inexprimable épouvante. Zieten sabrant la France à son aise. Les lions devenus chevreuils. Telle fut cette fuite.

Le texte étant à la fin de l'expérience mis en voix collectivement, la longueur de l'extrait n'est pas excessive pour des enfants de CM2 puisque chaque enfant ne mémorisera qu'une partie, tout en ayant entendu de nombreuses fois la totalité de l'extrait, ce qui permet une imprégnation de syntaxe et de vocabulaire.

Le texte est d'abord lu silencieusement par les enfants de la classe de cm2 , puis le sens du texte est travaillé collectivement à l'oral phrase par phrase, de façon à ce que le sens ne fasse pas obstacle à la suite du travail.

On ne peut pas attendre à ce stade là que chaque enfant d'une classe de cm2 ait une compréhension parfaite de toutes les subtilités de texte. Cette compréhension viendra avec la mise en voix et nécessitera à nouveau des explications.

Nous avons ensuite alterné des jeux de voix  ans l'espace et des recherches par petits groupes pour réutiliser ces recherches dans la mise en voix du texte.

Nous avons travaillé l'intensité, la hauteur, l'attaque la tenue et la chute des sons, la durée.

Nous avons également marqué dans les textes les temps de respiration et les temps de silence.

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !