Roman écrit par Marivaux, qui a la particularité d'avoir été écrit en plusieurs parties, parues de 1731 à 1745 et d'une suite et fin apocryphe, une Continuation inachevée, composée par Marie-Jeanne Riccoboni, ayant partiellement paru. Le roman dans son entier se compose de onze parties authentiques.

Première partie

Marianne a été élevée par un curé de village et sa sœur après le meurtre de sa mère par des voleurs de grand chemin. Après le décès de la sœur du curé avec qui elle était montée à Paris, Marianne se retrouve seule dans une auberge. Le père Saint-Vincent, un religieux dont elle a sollicité l'aide, la recommande à la bienveillance d'une de ses ouailles, Monsieur de Climal, qui la place chez Madame Dutour, une lingère. Il devient rapidement évident que Monsieur de Climal a sur sa protégée des vues bien plus amoureuses que charitables. Il lui offre de beaux habits que Marianne ne se sent pas l'envie de refuser, avant de finir par lui faire des aveux qu'elle refuse d'entendre. Elle a une altercation avec sa logeuse lorsque cette dernière s'aperçoit Monsieur de Climal l'a fournie en linge qu'il a acheté ailleurs que chez elle. Craignant de perdre la pension de Marianne, Madame Dutour se réconcilie avec Marianne, allant jusqu'à l'inciter à tirer le maximum de Monsieur de Climal.

Deuxième partie

Marianne, parée de ses habits neufs, se rend à la messe où elle fait grand effet. Elle attire notamment l'attention d'un jeune homme, Valville qui, au sortir de la messe, manquera la renverser avec sa voiture. Emmené chez Valville pour y recevoir des soins, celui-ci refuse de lui avouer où elle habite de peur d'être humiliée. Monsieur de Climal, qui n'est autre que l'oncle de Valville, arrive sur ces entrefaites et apprend la relation qui commence à s'ébaucher entre son neveu et sa protégée. Marianne retournera chez Madame Dutour en carrosse, mais Valville a pris soin de le faire suivre par un domestique.

Troisième partie

Monsieur de Climal, venu rendre visite à Marianne chez Dutour, tente de discréditer son neveu avant de finir par lui proposer de l'installer comme sa maîtresse. Valville survient justement à ce moment pour trouver Monsieur de Climal à ses genoux. Croyant qu'elle est sa maîtresse, Valville se retire laissant Marianne plus en colère que jamais contre Monsieur de Climal qui finit, lui aussi, par s'aller en déclarant qu'il l'abandonne à son sort. Marianne décide de retourner solliciter l'aide du père Saint-Vincent, toujours parée de ses habits neufs, pour lui montrer l'hypocrisie des desseins de Monsieur de Climal. Elle y trouve ce dernier déjà en train de plaider sa propre cause auprès du religieux et ne le convainc qu'à grand peine de sa bonne foi. Entrée, sur le chemin du retour chez Madame Dutour, dans une église pour prier, elle attire l'attention d'une religieuse qui l'amène à la prieure du couvent à qui elle fait le récit de ses malheurs. Une visiteuse de la prieure prend cœur à ses malheurs et s'engage à payer sa pension au couvent. Marianne fait envoyer tous ses vêtements à Monsieur de Climal par l'intermédiaire de Valville auquel elle envoie un billet avant de retourner au couvent où elle va désormais demeurer. Valville, qui a fini par retrouver sa trace, vient lui rendre visite.

Quatrième partie

Rendant visite à Marianne avec une de ses amies, Madame Dorsin, la bienfaitrice de Marianne, qui s'appelle Madame de Miran, évoque son fils qui ne veut plus se marier depuis qu'il a rencontré une jeune fille. Comprenant que le fils de Madame de Miran n'est autre que Valville, Marianne avoue toute la vérité à sa bienfaitrice qui lui demande de l'aider à convaincre son fils de se marier. Marianne s'exécute, lors d'une visite de Valville, qui consent à ce qu'on lui demande, mais Madame de Miran, toujours plus séduite par Marianne, comprend l'inutilité de ses efforts et finit par agréer les sentiments que son fils porte à la jeune orpheline.

Cinquième partie

À l'article de la mort, Monsieur de Climal réhabilite Marianne en se livrant à des aveux complets sur sa tentative de séduction de Marianne. Il lui lègue une rente de douze cents livres. Deux parentes de Madame de Miran venues pour l'occasion, Madame de Fare et sa fille Mademoiselle de Fare, apprennent, à cette occasion, les projets de mariage entre Valville et Marianne. Madame de Fare emmène Marianne, accompagnée de Valville, à la campagne où elle tombe par hasard sur Madame Dutour venue montrer de la toile à ces dames. Celle-ci révèle avec bonne foi et naïveté tout ce que Marianne, Madame de Miran et Valville n'avaient pas envie que la famille apprenne sur les origines de Marianne. Bien que Mademoiselle de Fare s'empresse de faire jurer à Favier de ne rien révéler de ce qu'elle a entendu, le mal est déjà fait.

Sixième partie

Favier a tout révélé de l'histoire de Marianne à Madame de Fare. De retour au couvent, Marianne avoue tout à Madame de Miran et reçoit une visite singulière d'une personne, qui se dit la parente de cette dernière, et lui demande de confirmer son histoire avant de s'en aller aussi curieusement. Marianne rapporte, dans un billet, l'incident à Miran qui l'envoie, le lendemain, chercher par une femme de chambre. En réalité, il s'agit d'un enlèvement orchestré par la famille de Madame de Miran s'opposant à la mésalliance de Valville avec Marianne. Cette dernière est emmenée dans un autre couvent où elle raconte ses malheurs à la supérieure qui prend son parti. La famille donne à Marianne un après-midi pour décider entre épouser Monsieur Villot, leur protégé, et prendre le voile. Pour gagner du temps, Marianne accepte de considérer l'idée du mariage et rencontre son promis qui s'avère être un lourd benêt imbu de sa personne. Marianne rencontre la famille assemblée autour de l'un de ses membres les plus éminents qui est ministre. Pendant que celui-ci parle, Madame de Miran et Valville arrivent soudainement.

Septième partie

À l'issue d'un long débat, le ministre se rend aux vertus de Marianne et tout s'arrange. Madame de Miran emmène Marianne dîner chez elle où elle lui montre son futur appartement. Lors du retour de Marianne à son couvent, ils assistent à l'évanouissement d'une belle pensionnaire du nom de Varthon. Marianne prend Varthon en amitié et commence à lui raconter son histoire, mais sans lui révéler que Valville est l'homme qui lui est promis. En réalité, ce dernier est tombé amoureux de Varthon lorsqu'elle s'est évanouie comme il était tombé amoureux de Marianne lors de sa chute devant son carrosse. Lorsque Marianne tombe malade, Valville vient rendre visite à Varthon qui, lorsqu'elle se plaint que son fiancé ne lui a écrit aucun billet, lui avoue avoir reçu de nombreuses visites de Valville et qu'elle l'aime. Elle lui montre, à l'appui de ceci, le billet que lui a adressé Valville après son évanouissement.

Huitième partie

Après avoir d'abord refusé de revoir Valville, Varthon finit par le rencontrer et lui pardonner, ne le trouvant plus si coupable et comprenant même la difficulté qu'il y a pour lui à aimer une fille « qui n'est rien et qui n'a rien ». Marianne se met en colère contre Varthon et, peu de temps après, reçoit une visite inattendue de Valville qui tente de dissimuler son désintérêt pour elle. Alors qu'elle est chez Madame de Miran, elle éloigne Valville à l'écart et lui montre la lettre à Varthon après que celui-ci a fort maladroitement tenté de justifier les soi-disant retards dans leur mariage. Revenus en compagnie des autres, Valville est décontenancé lorsque sa mère évoque son mariage prochain et, lorsque Marianne demande l'abandon de ce projet, Madame de Miran s'emporte. L'embarras croissant de Varthon apprend bientôt à cette dernière et à Madame Dorsin qu'elle est la raison de la désaffection de Valville. Un riche officier qui a entendu parler des malheurs de Marianne s'en émeut et la demande en mariage, mais celle-ci commence à considérer l'idée d'entrer en religion. Marianne confie ce dilemme à Tervire, une religieuse devenue son amie et qui veut lui raconter sa propre histoire.

Dans les neuvième, dixième et onzième parties, Tervire raconte à Marianne l'histoire de Monsieur de Tervire, son père et Madame de Tresles, sa mère. Cette histoire en incise n'est aucunement reliée à celle de Marianne et le roman se termine sans que l'histoire soit jamais revenue à l'héroïne principale dont le titre apprend au lecteur qu'elle est comtesse, mais sans qu'on sache jamais si ce titre lui a été restitué à l'issue d'une reconnaissance ou si elle l'a acquis grâce à un mariage.

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Mathieu

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