Introduction

De plus en plus de comiques sont à l’affiche dans les théâtres parisiens ou invités sur les plateaux de télévision. Nombre sont ceux qui disposent de chroniques quotidiennes sur les chaînes de radio. Les Français, en ces temps de crise, semblent redécouvrir le plaisir, le besoin, mais aussi l’urgence de rire.

Document : Article du Parisien du 25 novembre 2010  intitulé « Sur scène, à la radio, les humoristes défient la crise »

Les publicités adoptent un ton décalé pour augmenter les chances de marquer le consommateur et même si les références ne sont pas toujours d’une finesse remarquable, cela semble fonctionner.

Document : La publicité Eram avec le claim suivant : « Aucun corps de femme n’a été exploité dans cette publicité » (2001)

Il faut dire que les circonstances socio-politiques et économiques ne se prêtent pas spécialement à la légèreté et que le rire s’offre comme une soupape en ces temps de crise.

En témoigne la progression d’une radio spécialisée dans le rire : Rire et chansons, la radio du rire ! qui fut créée en 1990 et qui rassemble à ce jour quelque 1,8 millions d’auditeurs quotidiens, avec une part d’audience de 3,4%.

Développement

Les générations de comiques se succèdent mais ne se ressemblent pas. Les sujets abordés, les façons de procéder, les publics visés sont aussi variés que les sons produits par le rire. Même si certaines valeurs semblent pérennes comme c’est le cas pour les Guignols de l’Info, qui sévissent chaque soir depuis plus de 20 ans. Rappelons d’ailleurs que ce divertissement fait suite au JTN, (Journal télévisé Nul) des Nuls.

L’humour n’a pas d’âge et paradoxalement, il est un marqueur de génération ; tout le monde ne rit pas de la même chose. Ce qui faisait rire ou ceux qui faisaient rire hier ne ferai(en)t peut-être plus rire aujourd’hui. Le comique de mots à la façon de Devos, les imitations politiques de Le Luron ou l’humour  cynique de Desproges ont laissé la place à un comique plus accessible, moins acerbe, plus populaire voire farcesque.

Tous les âges enfin sont représentés à travers le rire et si quelques saynètes peuvent fédérer les plus jeunes et les plus âgés, c’est sans doute parce que chaque tranche d’âge y trouve son compte. Le cas des Guignols de l’Info illustre assez bien cette transversalité : les plus jeunes rient du comique de répétition, les plus âgés des travers qui sont critiqués chez les hommes politiques. Rappelons aussi que les petits ont leurs références en matière d’humour ; c’est le cas des marionnettes de Guignol ou plus récemment des Minikeums.

Rappelons enfin que longtemps le comique a souffert d’une image vulgaire (au sens propre du terme de vulgus : la foule). C’était le paysan qui riait à gorge déployée alors que les personnes cultivées se contentaient d’un sourire de l’esprit, voire d’un sourire tout court. La farce était un art des rues, qui ne passait la plupart du temps pas par les mots mais par les gestes : les chutes, les vols et autres mesquineries étaient compréhensibles de tous. Il faut attendre un dramaturge comme Molière pour voir se réconcilier ces deux franges de la population. L’auteur des Fourberies de Scapin relève la gageure d’utiliser au sein d’une même pièce des procédés relevant de la farce (avec les personnages de valets, la plupart du temps parmi lesquels Scapin mais aussi Sganarelle) mais aussi une critique des mœurs des gens de la haute société comme c’est le cas Dom Juan ou Tartuffe.

Cf : Molière, Dom Juan, scène d’exposition dans laquelle Sganarelle se prend pour un bourgeois et feint de fumer en dissertant sur le monde.

Le rire est donc protéiforme : c’est une chose complexe, dont les ressorts sont multiples et qui ne se laisse pas apprivoiser facilement, tant il est évolutif. En témoignent les nombreuses expressions autour du rire (des larmes à la mort, de la gorge déployée à la bouche en coin).

Par ailleurs, analyser le rire n’est paradoxalement pas une chose drôle. Cela implique d’en décomposer les mécanismes et cela rompt avec la logique de spontanéité qui accompagne en général le rire. Les fonctions elles-mêmes sont de plusieurs ordres et la nature du rire leur est souvent propre. Une chose est sûre, tout le monde s’accorde sur le fait qu’il faut rire, que c’est un processus sain, bienfaiteur mais personne (et heureusement) ne nous dit de quoi rire.

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Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

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