Chapitres

Résumé

Drame en deux actes écrit par Jean Giraudoux, créé en 1935.

L’auteur cherche à déchiffrer les motivations fratricides de
la Seconde Guerre mondiale, comme un avertissement. Il y met en relief le cynisme
des politiques ainsi que leur manipulation des symboles et de la notion de droit.
La pièce met en lumière le pacifisme de Giraudoux qui avait vaillamment
combattu en France et aux Dardanelles. Mais aussi sa lucidité devant
« deux bêtises, celle des hommes et celle des éléments » (I,1).

Acte I
«La guerre de Troie
n'aura pas lieu, Cassandre!
» affirme Andromaque, femme d'Hector, à la
prophétesse alors qu'elles attendent sur les remparts de Troie le retour
d'Hector et de l'armée victorieuse de la dernière guerre. En effet, Pâris,
frère d'Hector et fils du roi Priam, est revenu de Grèce en ramenant dans ses
bagages la belle Hélène, épouse légitime du roi de Sparte Ménélas, ce qui, on
s'en doute, constitue un incident diplomatique de première grandeur, et les
Grecs indignés vont venir en réclamer la restitution. La pessimiste Cassandre
prédit, elle, que la guerre aura bien lieu.

Hector arrive. C'est un héros, mais un héros fatigué :
«Tous ceux des Troyens qui ont fait et
peuvent faire la guerre ne veulent pas la guerre
». Il se fait fort
d'obliger Pâris à renoncer à Hélène. Mais Pâris, loin d'obéir à son grand frère
Ce que tu es frère aîné!»), lui
répond que seul Priam décidera. Justement, le voilà, entouré de vieillards mais
aussi du poète Démokos et du Géomètre : tous affirment qu'Hélène (pour des
raisons différentes) est devenue leur raison de vivre; seules les femmes,
Hécube (l'épouse de Priam), Andromaque et Polyxène (la petite dernière)
verraient avec plaisir Hélène rendue aux Grecs.

Hector exige de voir Hélène pour connaître son avis et la
convaincre : Hélène est au moins aussi stupide que belle, elle n'a d'autre
avis que celui de l'homme qui lui parle (à ce moment, c'est Hector) et est
prête à faire tout ce qu'on voudra, donc, puisqu'Hector le veut, à retourner en
Grèce, du moins est-ce qu'Hector croit comprendre. Mais dès qu'il annonce son
triomphe à Cassandre, Hélène dément cette interprétation : entrevoyant
l'avenir, elle annonce qu'elle va rester à Troie et toutes ses visions semblent
correspondre aux pires catastrophes envisageables. On annonce l'arrivée des
Grecs, Hector doit aller les accueillir, laissant Hélène et Cassandre comparer
leurs visions. La Paix leur apparaît, bien faible, puis s'efface.

Acte II
Dans un jardin du palais donnant sur les Portes de la Guerre (grandes ouvertes,
ce qui signifie que la cité est en guerre : Giraudoux transfère à Troie
les fameuses portes du temple de Janus à Rome, il aime ce genre de fantaisie
anti-historique et les anachronismes facétieux) et la plage, Hélène s'amuse à
taquiner le jeune Troïlus. Puis Démokos, poète mais aussi chef du sénat, vient
la voir pour trouver l'inspiration de vers à sa gloire. Le Géomètre et des
vieillards les rejoignent et entreprennent d'organiser la guerre car ils se
méfient des militaires : «Braves
devant l'ennemi, lâches devant la guerre, c'est la devise des vrais généraux
».
Aussi décident-ils de composer un chant de guerre et de préparer des insultes à
jeter à l'ennemi car «les armées doivent
partager les haines des civils
». Pâris lui-même trouve qu'ils en font un
peu trop. Alors que les Portes sont prêtes à être fermées, survient Priam qui
hésite à démobiliser les esprits, ne fût-ce qu'une minute.

Démokos fait alors intervenir le juriste international
Busiris dont l'avis «sera demain celui de
toutes les nations
». Busiris énumère quelques insignifiances commises par
les Grecs approchant Troie dans lesquelles on doit voir, grâce aux lois qu'il a
fait adopter par tous les peuples, des outrages intolérables; certes, les cités
qui ont suivi ses jugements ont été anéanties, mais les principes sont saufs,
c'est ce qui compte : «Mon
paragraphe subsiste
». Peu importe d'ailleurs qu'un des Grecs débarqués,
Oïax, soit en train d'approcher Troie en «semant
le scandale et la provocation, et criant qu'il veut tuer Pâris
» car «au point de vue international, ce manquement
est négligeable. C'est un manquement qui n'a pas été fait dans les formes
».
Mais Hector, estimant «que le droit est
la plus puissante des écoles de l'imagination
» et que «jamais poète n'a interprété la nature aussi librement qu'un juriste la
réalité
», lui demande de réinterpréter l'attitude des Grecs. Busiris est
indigné : «C'est contre ma
conscience. [...] - Il y va de la vie de deux peuples. Aide-nous. - Je ne peux
vous donner qu'une aide, la vérité.
», soutenu par Démokos et tous les
assistants. Cependant, quand Hector lui annonce qu'il va le boucler à Troie
pour toute la durée de la guerre, Busiris accepte de soumettre «la question à [son] examen le plus impartial» :
«Évidemment, il y a des recours.». De
fait, les outrages des Grecs deviennent des hommages, au grand dam de
Démokos : «Cela devient impossible
de discuter l'honneur avec ses anciens combattants. Ils abusent vraiment du
fait qu'on ne peut les traiter de lâches
».

Hector prononce, après s'être fait prier, un discours aux
morts imprégné de pacifisme et on ferme les portes. On annonce l'arrivée des
ambassadeurs grecs et la petite Polyxène convainc Hélène de retourner en Grèce
puis, paradoxalement, lui demande de rester. Andromaque essaye de raisonner
Hélène mais celle-ci se révèle beaucoup plus dure que prévu et tient tête avec
avantage.

Le premier Grec arrivant à Hector est le brutal Oïax. Il
insulte le chef troyen et même le gifle, ce qu'Hector endure patiemment.
Démokos, surgissant à ce moment, devine ce qui s'est passé (Oïax s'en vante)
mais ne réussit qu'à se faire gifler par Oïax puis par Hector. Les autres Grecs
se présentent devant Hector, menés par Ulysse qui énonce l'ultimatum : «Qu'Hélène nous soit donc rendue dans l'heure
même. Ou c'est la guerre
». Hector annonce qu'il est prêt à rendre Hélène,
ce qui calme instantanément Oïax (qui s'est pris d'estime pour Hector depuis sa
gifle à Démokos) mais c'est Ulysse qui commence à pinailler sous prétexte du
tort causé à la réputation de Ménélas : «Un mari est subtil quand un scandale mondial l'a averti». Ulysse
s'amuse à obliger Hélène, Paris et Hector à soutenir que rien d'inconvenant ne
s'est passé, contre toute vraisemblance, ce qui fait enrager les bellicistes
troyens. Au moment où les choses vont mal tourner, Iris, la messagère des
dieux, vient donner l'avis de ceux qui se sentent concernés par
l'affaire : Aphrodite, la déesse de l'amour, fait savoir qu'il y aura la
guerre si on sépare Hélène de Paris; Pallas, la déesse du foyer conjugal,
promet qu'il y aura la guerre si on ne sépare pas Hélène de Pâris. Priam en
appelle à Zeus qui ordonne de laisser discuter Hector et Ulysse «pour que l'on sépare Hélène et Pâris tout en
ne les séparant pas
» : «que
ceux-là s'arrangent pour qu'il n'y ait pas la guerre. Ou alors [...] il y aura
la guerre
».

C'est donc à Hector et Ulysse de décider du destin. Ulysse
n'est pas un belliciste enragé, mais d'une part il est relativement pessimiste
l'univers le sait, nous allons nous
battre.
») et, d'autre part, il n'ignore pas que les Grecs ont d'autres
motifs qu'Hélène pour attaquer l'opulente Troie : «Il n'est pas trop prudent d'avoir des dieux et des légumes trop dorés».
Hector proteste, Troie n'a rien fait pour mériter ça; à quoi le cynique Ulysse
répond par une phrase d'une grande portée historique : «Ce n'est pas par des crimes qu'un peuple se
met en situation fausse avec son destin, mais par des fautes
». Hector est
désespéré et accepte la guerre mais Ulysse décide malgré tout de servir la
paix : il va regagner son bateau avec Hélène et se fait fort de convaincre
Ménélas et donc tous les Grecs.

Pendant qu'Ulysse marche vers son bateau, Oïax arrive,
complètement ivre (il fêtait déjà la réconciliation), et importune Andromaque
mais finit par se retirer pour rejoindre Ulysse. Surgit Démokos, qui a appris
la capitulation d'Hector et veut ameuter le peuple. Pour éviter l'incident,
Hector le transperce de sa lance mais, dans un dernier effort, Démokos proclame
qu'il meurt frappé par Oïax. Le peuple furieux rattrape Oïax et le tue.
Cassandre ne peut que constater : «Le
poète troyen est mort... La parole est au poète grec
». Quant à la guerre de
Troie, «Elle aura lieu» et les Portes
de la Guerre s'ouvrent.

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