Récit d'une existence

Céline : 1894-1861

 Céline est né à Courbevoie, Seine. Issu d'une famille d'origine noble son père etait employé d'assurances et sa mère commerçante en dentelles, il reçoit une instruction sommaire. Il occupe de petits emplois durant son adolescence, notamment dans des bijouteries, et s'engage dans l'armée française en 1912 par devancement d'appel.

Son régiment participe aux combats de la Première Guerre mondiale. mais lors d'une mission il est blessé au bras droit et non à la tête, contrairement à une légende tenace, il sera décoré de la Médaille militaire, ce qui lui conférera la Croix de guerre avec étoile d'argent. Il est d'abord affecté comme auxiliaire au service des visas du consulat français à Londres  puis réformé à 70% en raison des séquelles de sa blessure. Il contracte alors un engagement avec une compagnie de traite qui l'envoie en Afrique.

L'expérience de la guerre jouera un rôle décisif dans la formation de son pacifisme et de son pessimisme.

Après la guerre, il se fixe à Rennes. Ayant épousé Edith Follet la fille du directeur de l'École de médecine de Rennes, il prépare le baccalauréat, qu'il obtiendra en 1919, puis poursuit des études de médecine de 1920 à 1924 en bénéficiant des programmes allégés réservés aux anciens combattants. Après son doctorat, il est embauché à Genève par la fondation Rockefeller qui subventionne un poste de l'Institut d'hygiène de la SDN, fondé et dirigé par le Dr Rachjman. Sa famille ne l'accompagne pas. Habillé en dandy, aux yeux bleus clairs, il séduit une jeune danseuse américaine, Elizabeth Craig. Il accompagnera plusieurs voyages de médecins en Afrique et en Amérique.

Céline, habilement, a su, comme beaucoup d'écrivains, bâtir toute une série de mythes sur sa personnalité. En même temps que Voyage au bout de la nuit, Céline écrivait des articles pour une revue médicale (La Presse médicale) qui ne correspondent pas à l'image de libertaire qu'on s'est faite de lui

 Céline révolutionne le récit romanesque traditionnel, jouant avec les rythmes et les sonorités, dans ce qu'il appelle sa « petite musique ». Le vocabulaire à la fois argotique et scientifique, familier et recherché, est au service d'une terrible lucidité, oscillant entre désespoir et humour, violence et tendresse. Révolution stylistique et réelle révolte (le critique littéraire Gaétan Picon est allé jusqu'à définir le Voyage comme « l'un des cris les plus insoutenables que l'homme ait jamais poussé »).

La violente critique du militarisme, du colonialisme et du capitalisme qui s'exprime dans ses livres fait apparaitre Céline comme un écrivain proche des idées de la gauche. En 1936, il est invité en URSS, notamment sous l'influence d'Elsa Triolet, à valider ses droits d'auteurs pour Voyage au bout de la nuit (en Union Soviétique les droits d'auteurs étaient bloqués sur un compte en banque qu'on ne pouvait utiliser que dans le pays même). Il écrit à son retour son premier pamphlet, Mea culpa, charge impitoyable contre une Russie soviétique bureaucratique et barbare, la même année que Retour de l'URSS d'André Gide.

Céline s'exprime alors par une série de pamphlets violemment antisémites. En 1937, parait Bagatelles pour un massacre puis, en 1938, L'École des cadavres. Ces livres connaissent un grand succès : il y étale un racisme et un antisémitisme radicaux.

Après la défaite et l'occupation de la France, Céline rédige un troisième pamphlet Les beaux draps, où il dénonce non seulement les Juifs et les francs-maçons mais aussi la majorité des Français, soupçonnés de métissage ; le pamphlétaire demande également, entre autres considérations, une réduction du temps de travail (pour commencer à 37 heures) et prédit un avenir noir à l'Allemagne et à la collaboration, cela déplaît tant au régime de Vichy (critiqué dans l'ouvrage) qu'il met le livre à l'index. L'écrivain adresse ensuite une quarantaine de lettres ouvertes publiées par les organes les plus virulents de la collaboration tout en restant en marge. Dans ces lettres il se présente comme le pape du racisme, déplore l'insuffisance de la répression contre les Juifs, les francs-maçons, les communistes et les gaullistes. Il publie en 1944Guignol's band, récit de son séjour de 1915 en Angleterre.

Plusieurs interprétations ont été données de l'antisémitisme célinien, qui se déchaîne dans cet extrait d'une lettre à sa secrétaire littéraire :

Après le débarquement du 6 juin 1944, Céline, craignant pour sa vie, quitte la France le 14 juin 1944. Il se retrouve d'abord à Baden-Baden, en Allemagne, avant de partir pour Berlin, puis pour Kraenzlin (le Zornhof de Nord) d'où il ne put rejoindre le Danemark... Apprenant que le gouvernement français se formait à Sigmaringen, Céline proposa alors à Fernand de Brinon, le représentant de Vichy pour la France occupée, d'y exercer la médecine ; celui-ci accepta. Il n'est d'ailleurs pas établi qu'il y ait exercé. Voilà comment Céline gagna par le train Sigmaringen, voyage qu'il relate dans Rigodon ; là-bas, il côtoie le dernier carré des pétainistes et des dignitaires du régime de Vichy (D'un château l'autre). C'est seulement après, le 22 mars 1945, qu'il quitte Sigmaringen pour le Danemark, occupé par les Allemands, afin de récupérer son or qui y était conservé. Chronologiquement, la « trilogie » allemande commence ainsi par Nord, se prolonge par D'un château l'autre, et finit par le livre posthume Rigodon. Céline, dans Nord, fait plusieurs clins d'œil au lecteur censé avoir déjà lu D'un château l'autre. Bref, toute considération littéraire passée, il atteignit enfin le Danemark pour y vivre en captivité : près d'une année et demie de prison, et plus de quatre ans dans une baraque près de la Baltique.

Il vit dans un taudis qu'il ne peut pas chauffer et il est boycotté par le monde littéraire « alors qu'il est le seul écrivain valable et qu'il n'a écrit ses pamphlets que pour empêcher la guerre ». Condamné à une année d'emprisonnement qu'il a déjà effectué au Danemark et à l'indignité nationale, Céline est amnistié en 1951 grâce à son nouvel avocat Tixier-Vignancour. Il signe alors un contrat avec Gallimard. Désireux de bénéficier à 65 ans de la retraite des médecins, il s'inscrit à l'Ordre des médecins, mais demande une dispense de cotisations « car il n'a pas de clientèle ».

L'écrivain retrouve le succès à partir de 1957 avec la « trilogie allemande » dans laquelle il romance son exil. Publiés successivement et séparément, D'un château l'autre (1957), Nord (1960) et Rigodon (1969) sont en réalité les trois volets d'un seul roman. Céline s'y met personnellement en scène comme personnage et comme narrateur.

Louis-Ferdinand Destouches décède en 1961 à Meudon (Hauts-de-Seine), laissant veuve la danseuse Lucette Destouches (ou Almanzor, son nom de jeune fille), pour laquelle il écrivit ses arguments de ballets. Il est enterré au cimetière des Longs Réages, à Meudon.

son style:

style celinien , syntaxe, figure de retissence, beaucoup de rythme et de nombreux mots inventés

ses oeuvres:

Romans

Voyage au bout de la nuit, Denoël & Steele, Paris, 1932

Mort à crédit, Denoël & Steele, Paris, 1936

Guignol's band, Denoël, Paris, 1944

Casse-pipe, F. Chambriand, Paris, 1949

Féerie pour une autre fois, Gallimard, Paris, 1952

Normance : Féerie pour une autre fois II, Gallimard, Paris, 1954

D'un château l'autre, Gallimard, Paris, 1957

Nord, Gallimard, Paris, 1960

Le Pont de Londres : Guignol's band II, Gallimard, Paris, 1964

Rigodon, Gallimard, Paris, 1969

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Mea Culpa, Ed. Denoël & Steele, Paris, 1936

Bagatelles pour un massacre, Ed. Denoël & Steele, Paris, 1937

L'École des cadavres, Ed. Denoël, Paris, 1938

Les Beaux Draps, modifier]

La Vie et l'œuvre de Philippe Ignace Semmelweis, Simon, Rennes, 1924

Entretiens avec le professeur Y, Ed. Gallimard, Paris, 1955

Arletty, jeune fille dauphinoise, La flûte de Pan, Paris, 1983

Préfaces et dédicaces, Du Lérot, Tusson, 1987

Histoire du petit Mouck, Editions du Rocher, 1997

L'Église, Ed. Denoël & Steele, Paris, 1933

Foudres et flèches, Ed. F. Chambriand, Paris, 1948

Scandale aux abysses, Ed. F. Chambriand, Paris, 1950

source : wikipedia

 

 

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !