1 - Histoire de la comédie

- Dans sa Poétique, Aristote oppose la comédie au genre noble de la tragédie. Pourtant, la comédie s’inscrit dans une longue tradition provenant de l’Antiquité gréco-latine (Aristophane, Térence ou Plaute). Elle suscite le rire, par opposition à la tragédie qui doit susciter la terreur et la pitié.
- L’héritage de la farce. Au Moyen Âge, la farce des tréteaux et les différents spectacles de foire utilisent des procédés comiques simples, grossiers, destinés à faire rire le public. La farce est construite sur un rythme soutenu qui favorise les situations imprévues (multiplication des coups de théâtre et des quiproquos), et adopte une gestuelle bouffonne célèbre pour ses scènes de coups de bâton. Les noms des personnages sont ridicules, et les situations souvent absurdes (La Farce de Maître Pathelin, XVe siècle).
- L’héritage de la commedia dell’arte. Venue d’Italie, cette forme théâtrale se développe dans toute l’Europe, grâce au prestige de ses comédiens, dès la fin du XVe siècle. Les acteurs improvisent souvent à partir d’un canevas initial où ils incarnent des personnages stéréotypés.
- L’héritage de Molière. Il retient de l’héritage italien les lazzi, bouffonneries et prouesses verbales, et fait de ses comédies un spectacle d’agilité physique. Il donne plus d’épaisseur aux personnages stéréotypés et étoffe les intrigues traditionnelles. Le rire devient l’instrument privilégié d’une critique lucide de la société.

2 - Les différentes formes de la comédie

- La comédie classique. On la trouve aux XVIIe et XVIIIe siècles. Elle se distingue par :
• Un sujet emprunté à la vie quotidienne.
• Des personnages ordinaires.
• Une action vive et rythmée aux nombreuses péripéties.
• Une structure classique : trois ou cinq actes ; exposition, nœud, dénouement.
• Une attention portée aux jeux de scènes comiques.
• Elle se donne pour but de divertir par la peinture de la société, et de dénoncer les vices et corriger les mœurs (castigat ridendo mores, le rire corrige les mœurs). Les Femmes savantes (1672) de Molière sont une satire des milieux intellectuels féminins et de la préciosité. Le Misanthrope (1664) aborde la question de la sincérité de la cour.

- La comédie d’intrigue. À l’aide de leurs valets, des jeunes gens cherchent à surmonter l’opposition de parents tyranniques. Cette comédie repose sur :
• Un très grand nombre de péripéties et de rebondissements.
• L’utilisation de procédés romanesques (reconnaissance d’un enfant).
• Le recours à la théâtralité, c’est-à-dire au théâtre dans le théâtre.
• Les personnages types : le barbon, le fanfaron, le valet fourbe.

- La comédie de caractère. Elle est centrée sur un personnage dont elle veut dénoncer les défauts. C’est le cas d’Harpagon dans L’Avare de Molière (1668).

- La comédie-ballet. Répandue surtout au XVIIe siècle, elle fait intervenir des ballets au cours de l’action ou durant l’entracte qui peuvent contribuer à l’intrigue. C’est le cas du Bourgeois gentilhomme (1670) de Molière.

- Le vaudeville. Cette forme de comédie, née au XIXe siècle, est agrémentée d’intermèdes chantés. C’est un genre proche de l’opéra qui se nourrit de jeux de mots et de situations cocasses telles que la scène devenue célèbre de l’amant dans le placard. Eugène Labiche (Un chapeau de paille d’Italie, 1851) apporte au genre un sens de l’absurde, caricaturant le bourgeois stupide, et Georges Feydeau réussit à maintenir un suspens comique tout au long de la pièce par une série interminable de péripéties qui s’enchaînent sans défaillir (Un fil à la patte, 1894 ; La Dame de chez Maxim, 1899).

3 - Les procédés comiques

• Le comique de situation : ce sont les quiproquos, les coups de théâtre, l’intervention inattendue d’un personnage, et de façon générale, il s’agit de tous les signes qui créent un décalage entre ce que le spectateur sait et ce que savent les personnages.
• Le comique de caractères : il est créé à l’aide de personnages stéréotypés, comme par exemple Arlequin que l’on retrouve chez Molière et Marivaux.
• Le comique de gestes : Arlequin fait des mimiques pour imiter ses maîtres, gesticule dans tous les sens en effectuant des cabrioles. On peut également évoquer les pantomimes et les coups de bâton.
• Le comique de mots : on trouve des jeux sur les mots, des paroles à double sens, un mélange des niveaux de langue, des interruptions volontaires, des impertinences dans le langage, des insultes.

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Mathieu

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