Nous sommes en 1797, la Révolution Française a éclaté, il y a maintenant 8ans et l’on aperçoit aujourd’hui ses premières conséquences, notamment l’exil des nobles français qui préparent la Restauration. François-René, vicomte de Chateaubriand, l’un de ces nobles, est un préromantique et homme politique français et après s’être exilé vers le Nouveau Monde il est de retour sur le Vieux Continent à Londres d’où il écrit Essai sur les Révolutions. A travers son œuvre, il va étudier la situation française en l’a comparant à celles des autres nations. Ici, nous sommes en présence d’un extrait de la 2e partie du chapitre 8 « Un mot sur les émigrés » dans lequel il défend ses pairs et dénonce le traitement qui leur fut réservé au cours de la Révolution.

Vision de l’émigré français en France

Le premier paragraphe a pour fonction de présenter la situation.

D’un ton presque neutre, Chateaubriand explique que le noble est assimilé à un criminel, au rebut et la honte de leur nation (l.3) et à un scélérat (l.8)

Par ailleurs, nous pouvons remarquer un même racisme, étayé par « Cela rappelle », entre les nobles/paysans (l.1-4) et celui entre chinois/nègres. Mais on observe toujours que cela reste un constat.

Ensuite, on note une anecdote ironique qui montre l'orgueil d'un homme blessé par la révolution (car, même s’il fut gagné aux idées révolutionnaires, il fut persécuté pour être aristocrate). On le juge d’après ses descendants d’il y a plusieurs siècles, Chateaubriand fait référence au roi Dagobert alors roi des Francs au 7e siècle. Il utilise cette phrase ironique pour montrer que le monde à changer à l’inverse des partisans de la Révolution qui n’ont pas évolué de mentalité et continuent de persécuter les nobles pourtant tolérant.

L’auteur continue alors à critiquer l’injustice faite aux nobles dans le deuxième paragraphe.

Critique de l'injustice

L’auteur y dénonce ironiquement par l’usage d’une énumération méliorative (l.12 à 16) le confort d’un étranger qui profite de tout ce dont jouit l'homme étranger aux évènements qui secouèrent la France en 1789. Cette ironie est d’autant plus appuyée par ligne 16-18 « que les émigrés français ont tort, et qu’on ne doit jamais quitter sa patrie : et ce bon étranger raisonne conséquemment. »

Puis ironiquement, l.22 le train de vie de l’étranger est justifié par son nom "le tout parce qu'il s'appelle Jacques et non pas Pierre", à l’époque Jacques était un nom courant chez la paysannerie, tandis que Pierre ne l'était pas. Tout ça pour montrer que les hommes étaient jugés non pas pour leurs caractères ou leurs actes (qu'ils soient bons ou mauvais) mais par le fait qu'ils portaient ou non un nom  noble. Donc, il suffisait de porter une particule et vous étiez mal perçus.

Ensuite, à la ligne26, une fois de plus l’auteur use de l’ironie "Certes, dis-je cet étranger pense qu’on a tort de quitter son pays" pour dénoncer le ridicule de cet homme mais aussi l’incompréhension des raisons pour lesquels les émigrés français ont dû fuir leur terre natale.

Les violences encourues par les nobles en France

Le troisième paragraphe sert de transition entre les propos de l’étranger qui fait l’incrédule devant la fuite des nobles, et les violences qu’ils ont dû subir et/ou fuir, où l’auteur concentre son attention et sa réflexion sur ce qu’il a été fait aux émigrés. Donc, on remarque un raisonnement déductif de Chateaubriand qui passe de la généralité aux détails.

Chateaubriand expose les menaces que vivaient les nobles lors de la Révolution par l’énumération l34 à savoir : la persécution, être brulé ou lanterné, la dévastation de vos propriétés alors même que vous pouviez être acquis à la cause révolutionnaire. Et, il prend l’exemple des Lameth qui étaient 3 frères généraux gagnés aux idées révolutionnaires mais furent toute de même exécuté pour avoir été noble.

Chateaubriand dénonce de façon plus virulente la persécution de ses pairs en utilisant le registre pathétique, avec un champ lexical de la souffrance et de la tristesse comme par exemple l.38 « malheureux » ou encore « effrayés » l.39, « infortunés »l.42. Et les interjections des paysans justement effrayés l.41.

De plus, l’auteur s’attaque à la véritable chasse à l'homme l.37 qui oppose « Des troupes de sauvages, excitées par d’autres sauvages » d’ailleurs on remarque le « s » à troupes, donc ils sont vraiment beaucoup, contre l.38 « Un malheureux gentilhomme » qui est seul contre tous. Et puis, Chateaubriand souligne une fois de plus la cruauté des évènements l.41-42 et l.44. Et l’aspect inintelligible et illégitime de cette chasse à l’homme qui s’attaque également aux femmes et aux enfants.

L’auteur nous fait remarquer que tous les paysans et les domestiques n’étaient pas aussi mauvais puisqu’ils préviennent « tour à tour »l.39 leurs maitres.

Conclusion

En conclusion, Chateaubriand dénonce la facilité avec laquelle on juge les nobles émigrés lorsqu'on n'est pas concerné, ainsi que la violence de la persécution qui s'est généralisé jusqu'à en devenir banale et même un sujet de moquerie perverse "à la lanterne". L'auteur insiste énormément sur le fait que tous les nobles n'étaient pas corrompus et mauvais.
De nos jours, nous assistons malheureusement aux mêmes scènes et en quelque sorte à la même épuration en Tunisie et en Égypte. Comme quoi, il faut véritablement transmettre notre mémoire afin que de telles horreurs ne se reproduisent plus car tant d’innocents ont dû mourir !

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Clément M

Freelancer et pilote, j'espère atteindre la sagesse en partageant le savoir que j'ai acquis lors de mes voyages au volant de ma berline. Curieux scientifique, ma soif de découverte n'a d'égale que la durée de demie-vie du bismuth 209.

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