Antoine WATTEAU [1684-1721],

Le Peintre des Fêtes Galantes,

Youri Zolotov, Vera Alexeïeva, Tatiana Kamenskaïa.

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C'est parti

Commentaire

Dans ses œuvres, ce moi se manifeste en tout : du caractère autobiographique de nombreux tableaux jusqu’au rythme de ses dessins, rythme tantôt ralenti comme dans un moment de réflexion et de recueillement, tantôt inquiet, nerveux. Toute la gamme des sensations que le peintre a fixée dans ses tableaux se transmet facilement au spectateur. Pour percevoir tout cela, le spectateur ne doit pas connaître grand-chose dans le domaine des allégories et des symboles. Il doit savoir ressentir, qualité qui à cette époque était le critère de la grandeur de l’homme.
Le maître des maîtres serait pour Watteau, la nature.

Pour Watteau ce n’est pas le récit en lui-même, la fable, l’intrigue qui sont importants, mais le message émotionnel, la « mélodie interne » du tableau ; son monde imagé est adressé non pas à l’amateur de récits distrayants ou moralisateurs, mais à l’homme sensible à la poésie. Le petit Savoyard et Pierrot (Gilles) sont inactifs, mais ils touchent inconsciemment l’âme du spectateur. Les qualités lyriques des personnages de Watteau se révèlent non pas dans l’action, mais dans le monde secret des sentiments, lorsqu’ils sont sous l’effet d’impulsions poétiques.
Ainsi pour Watteau, la vie n’était qu’une tromperie au goût amer, alors que dès sa jeunesse, le théâtre était pour lui une réalité incontestable et vivante. Tel était le contexte de l’époque qui donna naissance aux idéaux poétiques de Watteau. C’est pourquoi il ne faudrait pas voir dans l’engouement du peintre pour le théâtre quelque chose qui s’éloigne de la vraie nature humaine, de la tradition humanitaire de l’art.

Ces œuvres permettent de comprendre combien naïve est l’interprétation moderniste que donnent certains auteurs à la contradiction qu’ils voient entre l’esprit inventif et le don d’observation de Watteau, en considérant l’artiste comme deux peintres différents sans cesse en lutte, dans un dédoublement de personnalité typique de héros de romans du XXème siècle.

Les tableaux de Watteau renferment peut-être des sentiments contraires, mais non des collisions dramatiques. L’essentiel est dans le lien entre ces états émotionnels qui constituent le contexte lyrique de l’œuvre. Ce n’est pas sans raison que cette communion d’états d’âme riches en contrastes de gaieté et de tristesse, de mélancolie et de malice, apparaît dans une monde hors du quotidien où résonne la musique, où les mouvements d’une danse varient au gré d’un rythme lent ; analogue est le rôle que jouent les mises en scène théâtrales transformant de façon magique le commun des mortels.

Tantôt ces états d’âme rapprochent les personnages, tantôt ils les séparent, les plongeant dans la réflexion, ce qui les éloigne du monde environnant.

On voit très bien comment Watteau transforme l’exubérance sensuelle de Rubens en des images fragiles et frémissantes, comment la puissante polyphonie des apothéoses flamandes cède sa place aux intonations de musique de chambre propres au talent de Watteau. Les tableaux du maître français expriment dans toutes leurs nuances les états d’âme traduits non seulement dans le récit lui-même, mais aussi à travers les rapports spatiaux entre personnages et groupes, dans les répétitions rythmiques donnant l’impression non pas d’un développement temporel, mais d’une modulation infinie du thème émotionnel. Dans un certain nombre d’œuvres le paysage s’inscrit dans cette unité complexe ; le motif de l’écho, des sons étouffés, est propre à la structure musicale des compositions de Watteau. L’air profondément recueilli de tel personnage qui se tient debout contraste avec les attitudes affectées des autres protagonistes. Pris séparément les personnages semblent esquissés, recelant une attente de mouvement, et c’est seulement dans une action réciproque qu’ils acquièrent un sens. La composition n’est pas une ordonnance stricte ni un système, c’est un processus qui se déroule sous nos yeux comme le développement d’une mélodie (écho d’un regard vers un autre, une oreille qui écoute…). Le regard du spectateur est attiré par un groupe en action qui mène vers un autre groupe lui aussi dans cette action, et le spectateur est ainsi conduit à embrasser et vivre l’ensemble du processus comme un mouvement de vie. Il est facile de voir combien est important dans cette structure le système des mouvements qui s’amorcent et ne s’achèvent pas et dont le caractère est déterminé par des sentiments, des émotions fragiles et éphémères. Le geste, l’inclinaison de la tête ou le regard reflètent tout un monde de sentiments complexes et délicats d’une immense richesse. On voit que le principe académique traditionnel de l’invention d’un tableau a cédé sa place au travail de l’imagination.

Le paysage n’est pas là simplement pour caractériser le lieu de l’action, tel un être vivant il se laisse envahir par la rêverie et la tendresse langoureuse de la scène.

Lorsque le tableau découvre de larges horizons, à travers des rangées d’arbres on aperçoit des lointains pénétrés d’une douce lumière et tout vibrants d’une poésie mélancolique. Watteau a recours dans ses paysages à des couleurs fondues et éteintes, évitant les contrastes d’ombre et de lumière et ce n’est pas par hasard que le ciel dans ses œuvres est couvert d’un voile de nuages roses, filtrants les rayons aveuglants du soleil.
Toute œuvre semble fixer sur la toile des images du monde. Dans celles de Watteau on ne peut dire qu’il en est toujours ainsi. La vie de la nature toute palpitante et changeante est rendue dans ses tableaux par des tons dégradés, des ombres colorées et surtout par des nuances de couleurs recherchées. Celui qui regarde attentivement les paysages de notre peintre peut entendre le murmure du feuillage parce qu’il semble continuellement frémir. Cette impression de mouvement est accentuée par la lumière scintillant à la cimes des arbres.

L’extraordinaire richesse des nuances de couleurs est la découverte la plus importante faite par Watteau. Il est presque impossible de définir avec des mots la nuance d’une des robes dans Voulez-vous triompher des belles ? Elle est manifestement jaune, mais tissée de fil jaune citron, vert feuille et rose clair et toutes ces teintes légères et transparentes se fondent et chatoient dans une douce lumière diffuse, voile vaporeux qui estompe les contours de la forme plastique. L’essentiel ici n’est pas dans la motivation réelle des rapports de couleurs entre les objets peints, mais dans le chatoiement des nuances.

Expressive est sa touche : tantôt en pâte épaisse, elle crée un riche jeu d’ombres et de lumières, tantôt, longue et fine, elle crée l’impression d’un mouvement accéléré. Parfois elle devient transparente et semble se fondre dans la brume légère.

La création de ce maître a proposé une nouvelle façon de percevoir le monde, différente dans son essence, des principaux systèmes figuratifs du XVIIème siècle avec leur universalité et leur puissance tragique. Il ne s’agit pas seulement de l’intimisme de ses œuvres qui découle du caractère aigu de sa sensibilité envers les aspects lyriques de la vie. Ce maître se montra attentif à exprimer dans sa peinture le caractère éphémère des états d’âme. Il fut le premier à montrer combien de choses renferment « l’infiniment petit » et cette grandeur artistique indispensable qu’est la nuance émotionnelle.

Watteau cherche dans ses œuvres à exprimer son rêve d’un monde merveilleux, sensible et empreint de poésie. Mais l’époque qui engendra l’art de ce grand peintre était une époque de crise, d’incroyance, de cynisme et d’apathie. Le rêve de Watteau entrait inévitablement en conflit avec la perversité de la nature humaine dans cette société de caste.

Ce conflit rappelle en quelque sorte le désaccord entre le rêve et la réalité que ressentirent les peintres du XIXème siècle, et c’est pourquoi on parle parfois du romantisme de Watteau. Mais la ressemblance ici est très générale et l’esprit de cette époque trop divergent. Dans les créations du peintre de l’époque de la Régence, le sentiment d’incompatibilité entre le rêve et la réalité était inconscient et caché. A la différence de la « bataille romantique », la révolte romantique du XIXème siècle, ce sentiment fit naître, dans les limites du thème lyrique, cette note mélancolique qui distingue l’œuvre mûre de Watteau.

Le caractère particulier de sa structuration imagée, où domine la fantaisie poétique, demandait des sujets métaphoriques qui devaient agir par leur sens indirect. L’élément émotionnel est la qualité la plus importante de la poétique de Watteau. Ses fonds de paysages sont un exemple significatif ; les uns y voient un décor de théâtre, les autres un coin de nature réelle, mais l’essentiel est que le paysage dans sa peinture remplit une fonction poétique : il donne au tableau son harmonie rythmique et c’est à travers lui que le peintre s’exprime.

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Agathe

Professeur de langues dans le secondaire, je partage avec vous mes cours de linguistique !