PREPARER LE BREVET DE FRANCAIS

Exemple d’épreuve de français au BREVET  (2008)

PARTIE I

QUESTIONS (15 points)

Toutes vos réponses devront être rédigées.

I – Une scène décisive (5 points)

1. Relevez précisément dans le début du texte les éléments qui indiquent où et quand se déroule la scène. (1 point)

2. Lignes 32-33 : « Je me souviens… menace. »

a) Identifiez le temps de chacun des verbes (0,5 point)
b) Donnez-en la valeur. (1 point)
c) A quelles époques de la vie du narrateur renvoient-ils ? (1 point)3. Lignes 18-19 : « Il m’initia… confiance. »

a) Dans le contexte de la phrase, expliquez le sens du verbe « initier ». (0,5 point)
b) Quelle figure de style est utilisée dans cette phrase ? (0,5 point)
c) Expliquez le rapport qu’elle établit entre les deux personnages. (0,5 point)

II – Le grand Michu et le narrateur (5,5 points)

1. Dans l’ensemble du texte, relevez quatre mots ou expressions qui permettent de dresser un
portrait physique de Michu. (1 point)

2. Lignes 2 à 5 : « Il avait un air grave… avoir pour ennemi. »

Relevez les deux propositions subordonnées. Précisez leur classe grammaticale. (1,5 point)

3. D’après vos réponses aux questions 1 et 2, précisez le sentiment que Michu inspire au
narrateur. (0,5 point)

4. Quel autre effet Michu produit-il sur le narrateur ?
Relevez, dans la suite du texte, deux mots ou expressions qui justifient votre réponse. (1,5 point)

5. Lignes 32-33 : « Je me souviens encore du singulier effet que me produisit cette menace. Elle
me donna un courage énorme. »

a) Donnez le sens de « singulier » dans le contexte de la phrase. (0,5 point)
b) En quoi cet adjectif est-il approprié pour évoquer la réaction du narrateur ? (0,5 point)

III – Un sujet bien mystérieux (4,5 points)

1. Ligne 7 : « Veux-tu en être ? »
a) Quelle est la classe grammaticale de « en » ? (0,5 point)
b) Que représente ce mot ? (0,5 point)

2. Dans l’ensemble du texte, citez quatre indices qui soulignent le caractère mystérieux du projet
de Michu. (1 point)

3. Lignes 33 à 35 : « Bast ! me disais-je…Michu ! »

a) Comment les paroles sont-elles rapportées ? (0,5 point)
b) Que révèlent-elles sur l’état d’esprit du narrateur ? (0,5 point)

4. D’après l’ensemble des questions et votre lecture du texte, dites en quoi cet épisode a été
déterminant dans la vie du narrateur. (1,5 point)

REECRITURE (4 points)

Lignes 17 à 22 : vous réécrirez ce paragraphe en mettant les verbes au présent de l’indicatif, et en remplaçant « le Grand Michu » par les « deux garçons ».

PARTIE II (1h30)

REDACTION (15 points)

La révolte a lieu. Le narrateur est puni. Il écrit à sa mère pour raconter les faits et justifier sa participation au complot.
Rédigez cette lettre, qui comportera une partie narrative et développera les arguments avancés par le narrateur pour expliquer son adhésion au projet de Michu.

Critères de réussite :

– Respect des codes de la lettre.
– Respect de la situation d’énonciation.
– Cohérence par rapport au texte de départ.
– Utilisation des discours narratif et argumentatif (présence de plusieurs arguments).
– Correction de la langue : Respect de la construction des phrase, Précision du vocabulaire, Respect de l’orthographe

TEXTE

Une après-midi, à la récréation de quatre heures, le grand
Michu me prit à part, dans un coin de la cour. Il avait un air
grave qui me frappa d’une certaine crainte ; car le grand Michu
était un gaillard, aux poings énormes, que, pour rien au monde, je
5 n’aurais voulu avoir pour ennemi.
– Écoute, me dit-il de sa voix grasse de paysan à peine
dégrossi1, écoute, veux-tu en être ?
Je répondis carrément : « Oui ! » flatté d’être de quelque
chose avec le grand Michu. Alors, il m’expliqua qu’il s’agissait
10 d’un complot. Les confidences qu’il me fit, me causèrent une
sensation délicieuse, que je n’ai jamais peut-être éprouvée
depuis. Enfin, j’entrais dans les folles aventures de la vie, j’allais
avoir un secret à garder, une bataille à livrer. Et, certes, l’effroi
inavoué que je ressentais à l’idée de me compromettre de la sorte
15 comptait pour une bonne moitié dans les joies cuisantes de mon
nouveau rôle de complice.
Aussi, pendant que le grand Michu parlait, étais-je en
admiration devant lui. Il m’initia d’un ton un peu rude, comme
un conscrit2 dans l’énergie duquel on a une médiocre confiance.
20 Cependant, le frémissement d’aise, l’air d’extase enthousiaste
que je devais avoir en l’écoutant finirent par lui donner une
meilleure opinion de moi.
Comme la cloche sonnait le second coup, en allant tous
deux prendre nos rangs pour rentrer à l’étude :
25 – C’est entendu, n’est-ce pas ? me dit-il à voix basse. Tu es
des nôtres… Tu n’auras pas peur, au moins ; tu ne trahiras pas ?
– Oh ! non, tu verras… C’est juré.
Il me regarda de ses yeux gris, bien en face, avec une vraie
dignité d’homme mûr, et me dit encore :
30 – Autrement, tu sais, je ne te battrai pas, mais je dirai
partout que tu es un traître, et personne ne te parlera plus.
Je me souviens encore du singulier effet que me produisit
cette menace. Elle me donna un courage énorme. « Bast ! me
disais-je, ils peuvent bien me donner deux mille vers3 ; du diable
35 si je trahis Michu ! » J’attendis avec une impatience fébrile
l’heure du dîner. La révolte devait éclater au réfectoire.

Emile Zola, « Le grand Michu » (1874)

Nouvelle extraite des Nouveaux contes à Ninon
Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard

1 Encore rude et rustre
2 Soldat débutant
3 Punition consistant à copier deux mille vers

La correction

QUESTIONS (15 points)

Toutes vos réponses devront être rédigées.

I – Une scène décisive (5 points)

1. Les éléments qui précisent le moment et le lieu de l’action sont: « récréation de quatre heures », « dans un coin de la cour ». On comprend donc qu’il s’agit d’une cour de récréation, pendant la pause de l’après-midi.

 

2. Lignes 32-33 : « Je me souviens… menace. » a) les verbes de cette phrase sont conjugués à deux temps différents: « je me souviens » est au présent de l’indicatif; « produisit » est au passé simple.

 

b) Le présent est un présent d’énonciation. Le passé simple renvoie à un moment passé, de durée brève.
c) Le premier renvoie au moment présent où le narrateur raconte l’histoire. Le second renvoie au moment pendant lequel se déroule l’action, l’enfance du narrateur.

 

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