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La construction et les origines de l’Allemand

De Simon, publié le 01/04/2016 Blog > Langues > Allemand > Découvrez la Fabuleuse Histoire de la Langue Allemande

L’allemand est, aujourd’hui, une langue qui compte dans le monde, avec plus de 100 millions de personnes germanophones. Elle a une place centrale dans l’Union Européenne, en tant que langue la plus parlée en Europe.

En France, la langue allemande est enseignée en 1ère langue ou en 2ème langue dans la plupart des cas et reste une langue importante dans la culture de l’Est de la France.

Découvrir la langue germanique et l’apprendre, comme l’anglais, peut s’avérer difficile pour 5 raisons majeures.

  1. La création de la langue allemande s’est faite autour de diminutifs et de mots composés, ce qui est fait une langue synthétique.
  2. A la manière du latin, l’allemand exige d’avoir de solides bases grammaticales, en raison de la déclinaison qui indique la fonction du mot de la phrase et qui change sa terminaison : nominatif, génitif, datif et accusatif.
  3. L’allemand est une langue dont la compréhension doit se faire de manière globale, en raison du rejet du verbe en fin de phrase, ce qui la rend difficile à traduire.
  4. La présence du genre neutre s’ajoute au masculin et au féminin.
  5. L’accent allemand est difficile à acquérir au début de l’apprentissage de la langue. L’accent tonique est fondé sur le radical alors que dans les langues latines, comme le français, l’intonation se situe souvent à la fin du mot.

Pour comprendre ses fondements, il faut retracer l’histoire de la langue allemande, dont les premières traces remontent à 1200 avant J.-C.

Toutefois, les bases solides de l’allemand datent bien du Moyen-Age.

Ensuite, on distingue le haut allemand et le bas allemand. L’allemand tel que nous le connaissons s’est établi comme langue d’usage dans plusieurs capitales européennes à partir du XIXème siècle.

Les premiers fondements de la langue allemande

Selon l’encyclopédie Universalis, vers 1200 avant J.-C, les ancêtres des Germains occupent la péninsule du Danemark, au Jutland et parlent une langue issue d’un dialecte indo-européen, mêlant le latin, le celtique et le sanskrit.

Cette dernière est la langue des textes religieux hindous et bouddhistes. Ce mélange est le germanique, dont il ne reste aucune trace écrite vu son ancienneté.

L’appartenance aux langues germaniques du Ier au Ve siècle après J.-C

L’histoire de la langue allemande est marquée par 2 mutations consonantiques, qui sont des modifications phonétiques des consonnes.

La première a lieu au cours du Ier siècle avant J.-C et permet la transformation du dialecte indo-européen en germanique commun et en arménien. Un héritage qui fait partie de la culture allemande.

Les Burgondes, comme les Francs ou les Wisigoths, sont un peuple issu de ce que l'on a appelé, à tort, les "invasions barbares" . Vous ne donnerez pas un cours d’allemand à ce Burgondes.

La langue germanique fut composée de plusieurs dialectes :

  • Le gothique dans la catégorie des langues germaniques de l’Est, qui fut la langue des Goths, des Vandales et du peuple Burgonde. C’est une langue morte depuis le IVe siècle.
  • L’anglo-frison, le germano-néerlandais avec le bas allemand, le néerlandais et le flamand, le haut allemand avec le luxembourgeois, le francique mosellan et l’allemand supérieur dans les langues germaniques de l’Ouest.
  • L’islandais, le norvégien, le féroïen, le danois et le suédois pour les langues germaniques du Nord.

Aujourd’hui, parmi la famille des langues germaniques, on compte l’anglais, l’allemand, le néerlandais, très proche de la langue allemande, des dialectes comme le frison et le saxon parlés aux Pays-Bas et en Allemagne, le luxembourgeois, le suédois, le danois, le norvégien, l’islandais et le féroïen.

Plus étonnant, issu du bas allemand, l’afrikaans fait partie de ces langues germaniques parlées en Afrique du Sud et en Namibie.

Il en est de même aux Etats-Unis avec le dialecte pennsylvanien de la communauté amish, fondé sur le bas allemand.

Le vieux haut allemand (Althochdeutsch) de 750 à 1050

La seconde mutation consonantique a eu lieu entre le IV et VIIIème siècle. Elle entraîne une seconde modification phonétique des consonnes de l’ensemble du lexique du vieux haut allemand.

Ces changements ont été expliqués par la loi de Grimm, qui était un philologue allemand qui a réussi à expliquer les évolutions linguistiques. Elle a été complétée par la loi de Verner.

Complexe, cette dernière explique que les consonnes occlusives se transforment en consonnes fricatives, ce qui change la prononciation d’un mot.

Ainsi, on passe d’une prise d’air importante et un rejet immédiat pour une consonne occlusive à un flux d’air inspiré et expiré pour une consonne fricative.

Le mot allemand apparaît pour la première fois dans un document de 786.

Au cours du Moyen-Age, il n’existait pas de code unifié pour l’écriture de la langue, c’est pourquoi on considère le vieux haut allemand, comme un ensemble de dialectes germaniques : vieux franconien occidental, vieux franconien rhénan méridional, vieux bavarois et vieil alémanique.

Les traces écrites sont essentiellement des textes religieux, même s’il y a quelques textes profanes comme des incantations magiques ou les Serments de Strasbourg. Le 1er texte en haut allemand découvert est le codex Abrogans, un glossaire bilingue latin.

Le moyen haut allemand de 1050 à 1350 (Mittelhochdeutsch)

Au cours du Xème siècle, la production de textes germanophones diminue sensiblement et ce n’est qu’à partir de 1050, qu’apparaissent de nouveaux écrits en langue allemande.

Ancêtre de la langue allemande actuelle, le moyen haut allemand est composé de multiples dialectes locaux, comme les dialectes souabes et franciques orientaux.

Il y a une vraie césure entre le vieux haut allemand et le moyen haut allemand, pour les écrits, dans le sens où le latin était la langue de l’écrit au Xe et au XIe siècles.

Dans la plupart des traces écrites entre 1150 et 1250, on doit, à la littérature courtoise d’un style chevaleresque, sous le règne des Hohenstaufen, des textes en moyen haut allemand.

l se distingue du groupe bas allemand par le phénomène de la seconde mutation consonantique et en est séparé par la ligne de Benrath. Les cours d'allemand ont donc bien évolué à partir cette période. La naissance du Haut-Allemand.

Le moyen haut allemand va donner naissance au haut allemand précoce (Frühneuhochdeutsch) usité de 1350 à 1650.

Le bas allemand

Si le haut allemand était majoritairement parlé dans le sud de l’Allemagne et considéré comme la langue de l’écrit, Schriftsprache, le bas allemand était la langue du nord du pays. Relégué à une langue des classes populaires, avec un langage moins soutenu, le bas allemand est fait de plusieurs dialectes, le bas francique des Pays-Bas et des Flandres, le néerlandais et le frison qui, repris par les Saxons de Grande-Bretagne au Moyen-Age, va dériver sur la formation de l’anglais.

L’évolution du bas allemand va se mêler au haut allemand durant le Saint Empire romain germanique, puis va basculer au rang de dialecte au XVIIème siècle.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est le bas allemand qui va faire naître le moyen bas allemand, mais le vieux saxon ou bas saxon parlé au nord de l’Allemagne. Parlée du IXème au XIIème siècle, cette langue germanique occidentale sera également à l’origine de l’anglais actuel, avec le vieux frison et le vieil anglais.

Le moyen bas allemand est parlé environ de 1100 à 1500, sur les bords de la mer du Nord et de la mer Baltique. On sait qu’elle fut développée à l’écrit mais il n’y a pas de trace officielle. Le moyen bas allemand est l’ancêtre du bas allemand moderne.

L’allemand standard (Hochdeutsch)

C’est par la religion protestante que l’allemand standard va être utilisé dans les écoles et aider à rendre la population germanophone dans le nord de l’Allemagne.

Entre 1520 et 1535, Martin Luther traduit l’Ancien Testament et le Nouveau Testament en allemand (fait-il partie de nos 10 personnalités historiques allemandes ?). Jusqu’en 1850, dans le sud du territoire allemand, elle était apprise comme une langue étrangère.

Jusque vers 1800, l’allemand standard était presque uniquement une langue écrit. Les cours d'allemand nous apprennent que la prononciation de cet allemand est très différente de l'allemand moyen. Martin Luther, traducteur du nouveau testament en Allemand.

Au XIXème siècle, l’allemand devient la langue du commerce par excellence. Avec le règne de l’Empire austro-hongrois en Europe centrale, l’allemand était parlé en ville : Prague, Budapest, Bratislava, Zagreb et Ljubljana, alors que le milieu rural conserve son dialecte.

C’est le dictionnaire des frères Grimm de 16 tomes entre 1852 et 1860, qui répertorie l’ensemble du vocabulaire allemand.

Les Frères Grimm font-ils partie des grands écrivains allemands d’ailleurs ?

La faible influence du latin sur la langue allemande

Bien qu’elle ne soit pas d’origine latine, l’allemand a été soumis au rayonnement du latin, dominant sur le reste de l’Europe.

Cette influence, bien que minime en comparaison du français, de l’italien ou de l’espagnol, est présente en raison de l’invasion des Romains sur l’ensemble du territoire, pour constituer l’Empire romain, avec le vocabulaire autour de la guerre et des innovations technologiques.

Le latin va avoir son influence grandir avec la multiplication des monastères et la chrétienté. Enfin, le latin va connaître ses heures de gloire au cours de la Renaissance, par le biais d’ouvrages humanistes.

L’impact de la langue allemande en Alsace

L’Alsace, de part son annexion à la France ou à l’Allemagne en fonction des guerres de territoires, est partagée entre 3 langues : le français, l’allemand dialectal d’Alsace « l’elsasserditsch » ou alsacien et l’allemand.

L’alsacien est un dialecte issu du haut allemand. Durant la première et seconde guerre mondiale, en Alsace, l’allemand est la langue dominante puis après les guerres, le français est la seule langue autorisée.

L'alsacien est un dialecte qui provient de l'allemand, langue germanique. Quelles sont les ressemblance entre la langue allemande et l’alsacien ?

L’allemand dialectal d’Alsace connaît aujourd’hui une nette régression linguistique des dialectes.

Curieusement, il est pratiqué dans le cadre privé (cours d’allemand) et maîtrisé par près de 50% des Alsaciens, bien plus que le breton, le corse ou la basque, comme langue régionale.

Toutefois, il a bien des difficultés à retrouver sa place entre le français et l’allemand, parlé couramment par près de la moitié des Alsaciens. Bref, autant de choses à savoir sur la langue de Goethe, et d’autant plus lorsque l’on souhaite devenir citoyen allemand !

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Cindy
Invité
Cindy

Une grande aide pour mon test de demain sur l’évolution de la langue allemande.
Merci beaucoup!

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