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Le système éducatif français face à la question du redoublement

De Simon, publié le 27/06/2016 Blog > Cours particuliers > Prendre des Cours Particuliers > Les Chiffres du Redoublement en France en 2016

Si tu ne travailles pas bien à l’école, tu vas redoubler !

Cette phrase, tout le monde l’a déjà entendue.

La peur d’être séparé de ses amis à la prochaine rentrée scolaire est censée motiver les élèves à se concentrer sur leurs lacunes en perspective du conseil de classe décisif du troisième trimestre.

Le débat sur l’efficacité du redoublement pour lutter contre le décrochage et l’échec scolaire revient pourtant régulièrement sur le devant de la scène et divise enseignants comme parents d’élèves.

Une étude récente menée par l’OCDE et le Pisa fait ainsi preuve d’un certain retard de l’Hexagone sur l’approche du système éducatif.

Un état des lieux sur les chiffres du redoublement en France atteste pourtant d’un réel effort. Mais le pays reste à la traîne concernant la manière dont l’école aborde le problème des difficultés scolaires.

Toutefois, des alternatives comme la mise en place de cours de soutien personnalisés et cours particuliers restent envisageables.

Le redoublement en France : une tendance à la baisse

Sur les trente dernières années, le taux d’élèves ayant redoublé au cours de leur scolarité à fortement diminué. En 1993, quasiment un élève de troisième sur deux accusait un an de retard. En 2014, cela ne concernait déjà plus qu’un élève sur quatre au même stade d’études, selon les chiffres du Ministère de l’Éducation Nationale.

Les élèves français redoublent de moins en moins, aussi bien au primaire que dans le secondaire. L’évolution des taux de redoublement en France depuis 1970 atteste des efforts fournis par l’Education Nationale (source : CNESCO)

Initiée dans les années 80, la baisse du taux de redoublement s’intensifie depuis le milieu des années 2000. Une évolution qui concerne en priorité les classes du secondaire, aussi bien dans l’enseignement général que technologique. Le recul est moins important pour les classes de primaire, qui bénéficient encore de la forte baisse initiée entre les années 70 et 90.

Le redoublement précoce est tout de même de moins en moins utilisé. On note que parmi les classes de l’enseignement primaire, 7 % des élèves avaient redoublé les classes de cours préparatoire ou de CE1.

Une forte disparité entre les voies d’enseignement existe. Celle-ci s’explique par les orientations effectuées dans les classes “charnières” que sont la troisième et la seconde. On parle alors de redoublement stratégique. Ainsi, en 2012, 19% d’élèves de seconde générale et technologique avaient déjà redoublé, contre 52% en seconde professionnelle et 82% en première année de CAP.

Les établissements du secteur privé ont pour leur part moins recours au redoublement. La baisse de cette pratique suit un rythme similaire à celle constatée dans l’enseignement public.

Ces statistiques révèlent également que les garçons sont plus concernés par le redoublement que les filles, avec une probabilité d’avoir redoublé supérieure de 48%. Un phénomène qui est cependant moins important qu’auparavant, puisque ce chiffre était de 83% en 2003.

Pourquoi faut-il parfois accepter le redoublement ? Ou se battre en engageant un prof spécialiste des cours particuliers ?

L’approche éducative française, mauvaise élève de l’OCDE

La France est le cinquième pays de l’OCDE ayant le plus recours au redoublement.

Selon cette même enquête, 28 % des élèves Français âgés de 15 ans déclarent avoir déjà redoublé au moins une fois. Un score loin de pays comme la Suède (4%) ou la Finlande (3,8%), souvent mis en avant pour la qualité et le taux de réussite de leurs systèmes éducatifs.

Le manque de souplesse de la France face au redoublement. Le pourcentage d’élèves ayant déjà redoublé à l’âge de 15 ans montre les limites du système scolaire français (source : Pisa)

La France est la championne du monde des cours particuliers (avec le Japon).

Les effets pervers du redoublement

L’attitude de la France vis-à-vis du redoublement n’aurait rien d’inquiétante si l’efficacité de la méthode était prouvée.

Seulement, d’après une étude Pisa antérieure, les pays qui affichent un faible taux de redoublement obtiennent également de meilleurs résultats en matière de réussite scolaire.

Au niveau économique, le coût du redoublement est estimé à près de deux milliards d’euros (dont un milliard pour les classes du lycée). La pratique augmente en effet le nombre d’années passées par un élève dans le système éducatif. De ce fait, elle retarde également son entrée sur le marché du travail.

Mais quel coût représente un redoublement ?

A titre d’exemple, une année scolaire supplémentaire pour un élève du primaire coûte 5500 euros. Un chiffre qui grimpe à 8000 euros pour un collégien.

L’école de l’inégalité sociale

En regardant les données de plus près, on constate aussi une disparité entre les milieux sociaux. Ainsi, le taux de redoublement est nettement plus élevé dans les établissement où les familles défavorisées sont sur-représentées.

Dans le même temps, les élèves issus de catégories socio-professionnelles plus favorisées redoublent beaucoup moins que les autres. Par exemple, un enfant dont le père est au chômage ou à temps partiel a deux fois plus de chance d’être concerné par le redoublement au cours de sa scolarité que si son père travaillait à plein temps.

Autre donnée : un enfant élevé au sein d’une famille monoparentale a une probabilité de redoubler 37 % plus forte que celle d’un enfant vivant avec ses deux parents.

Le lien entre le milieu socio-économique des parents d’élèves et la performance de leurs enfants sur le plan scolaire est encore plus fort au sein des pays où le taux de redoublement est élevé. D’après les chiffres de l’OCDE, les systèmes éducatifs ayant le plus recours à l’option du redoublement accentuent les inégalités.

La politique française concernant le redoublement accentue les inégalités. En France, on estime à 122 000 le nombre de jeunes sortant du système éducatif sans diplôme chaque année (source : Ministère de l’Éducation Nationale)

La durée de la scolarité en école maternelle paraît jouer un rôle crucial dans l’avenir éducatif. En effet, à profil similaire, un élève ayant été scolarisé en classe de maternelle pendant au mieux une année aura deux fois plus de chance de redoubler qu’un élève y ayant été plus longtemps.

Enfin, plus surprenant, le mois de naissance d’un élève semble avoir un impact sur les probabilités qu’il redouble. Plus un enfant est né tard dans l’année, plus ses chances de redoubler sont importantes. Ce facteur est notamment le sujet d’études psychologiques et sociologiques.

Que font les autres pays  en matière de redoublement ?

Pour lutter contre le décrochage scolaire, l’Italie a mis en place des écoles d’été pour ses élèves en difficultés, afin de les accompagner dans leur apprentissage. Le passage en classe supérieure est alors conditionné par la réussite à un examen. 

D’après les experts, cette approche éducative serait particulièrement adaptée pour les classes de l’école primaire. La mise en place de classes à effectif réduit apparaît également être une bonne option.

D’autres pays, comme l’Allemagne ou l’Espagne, ont mis sur pied un programme de formation similaire. En fin d’année scolaire, les élèves faisant preuve de lacunes dans certaines matières doivent suivre des cours de rattrapage pour pouvoir valider leurs acquis et accéder au niveau supérieur. 

Pour lutter contre l'échec scolaire, certains pays organisent des classes d'été. La réussite éducative de ces pays passe par un suivi et un accompagnement des élèves.

Plus radicaux, le Japon et la Norvège ont tout simplement interdit la pratique du redoublement. Cette mesure est le fruit d’une révolution pédagogique de leurs systèmes scolaires. Elle s’accompagne de la mise en place d’un suivi personnalisé des élèves afin de faciliter l’apprentissage et prévenir l’échec scolaire.

Cette « promotion automatique » est également utilisée par un tiers des pays européens lors des premières années de l’école primaire. Un moyen d’éviter le redoublement précoce.

Du redoublement à l’accompagnement

Pour Najat Vallaud Belkacem, le redoublement doit rester une “exception”, limitée à “certaines circonstances particulières qui le justifient absolument”.

Lors de la refondation de l’école, la ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avait par ailleurs déclaré que le redoublement était de moins en moins utilisé car de nombreuses études montraient son inefficacité.

Une efficacité fortement remise en question

Du point de vue psychologique, le redoublement peut avoir des effets néfastes sur un élève, notamment chez l’adolescent.

Les principales critiques à son égard lui reprochent de favoriser le décrochage scolaire en faisant perdre la motivation des élèves concernés et en détériorant l’estime de soi.

Le retard de ces élèves peut alors se creuser et être à la source d’une souffrance ainsi que de problèmes de discipline. Souvent vécu comme une punition, le redoublement est accusé d’être inefficace, injuste, voire contre-productif en entretenant les inégalités sociales.

Longtemps perçu comme un remède à l’échec scolaire, les avis sur cette pratique pédagogique sont donc en train d’évoluer.

En règle générale, le redoublement est à l’origine d’un sursaut lors la première année, mais n’a pas d’effet significatif sur le long terme.

De récentes études démontrent même un effet négatif sur les parcours scolaires en comparaison avec des élèves de même niveau ayant poursuivi dans la classe supérieure sans redoubler.

La fin du redoublement en France, parfois évoquée, serait en revanche dangereuse pour la réussite des élèves si elle devait être appliquée brutalement.

Pour le moment, l’accord des parents reste nécessaire et l’avis du professeur principal doit être entendu. Ce dernier dispose d’une bonne connaissance du système éducatif et de l’élève, sur le plan scolaire. La décision finale ne lui appartient pas, mais un rendez-vous offrira une meilleure lecture de la situation.

Les alternatives pour offrir une seconde chance

Si le redoublement est souvent accusé de bien des maux, il constitue pour de nombreux élèves une façon de trouver leur voie.

Le redoublement en vue d’un changement d’orientation a toujours les faveurs des équipes pédagogiques comme des parents d’élèves. Il est alors perçu comme bénéfique, à condition de s’inscrire dans un projet scolaire et professionnel bien défini.

Pour lutter contre l’échec scolaire, de nouvelles formes d’aide aux élèves en difficulté se développent. Ainsi, l’accompagnement individualisé des élèves permet de déconstruire l’idée de classe.

Par exemple, au Japon, des groupes de niveaux scolaires différents sont formés pour faire appel à l’entraide, via un système de tutorat (donner cours particuliers) entre élèves. Ces formules d’enseignement coopératif sont doublées par la mise en place d’une relation développée avec les parents d’élèves.

Les taux de réussite de ces nouvelles méthodes pédagogiques sont très encourageants, aussi bien sur le plan des résultats scolaires que sur celui de l’équité.

Pour les élèves français, ces techniques de pédagogie différenciée peuvent être appliquées via un accompagnement dans des matières particulières (cours d’allemand, cours d’espagnol).

Le soutien scolaire, les cours à domicile ou l’aide aux devoirs sont également des moyens pour mener les élèves vers une amélioration marquée de leurs résultats scolaires.

Au final, qui a le dernier mot sur le redoublement ?

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