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La langue japonaise est-elle dure à assimiler quand on est débutant ?

Par Avner le 13/12/2016 Blog > Langues > Japonais > Apprendre le Japonais, c’est Difficile ?
Table des matières

Peu commun, comparé à l’enseignement des langues vivantes comme l’anglais et l’espagnol : l’apprentissage de la langue japonaise séduit de plus en plus d’étudiants.

Une forte curiosité a grandi dans les récentes années autour de la culture nippone et nombreuses sont les écoles de langues qui ont vu leurs salles de cours se remplir d’élèves animés par l’envie de découvrir.

Ainsi, malgré la supposée difficulté d’apprentissage que cette langue vivante traîne derrière elle, la culture manga, l’histoire du Japon et ses traditions ancestrales ont changé la donne.

Toujours curieux ?

Débutants ou non, gardez cette curiosité idéale pour apprendre une nouvelle langue vivante et allons découvrir pourquoi le japonais est en réalité une langue plutôt facile

Langue japonaise : ses ressemblances avec certains mots anglais…

La conjugaison en japonais est très facile pour les natifs de langues latines. Dans la langue du pays du Soleil levant, il n’y a pas besoin de conjuguer les verbes pour qu’ils s’accordent avec le sujet respectif.

Contrairement à ce que l’on peut penser, la langue japonaise contient beaucoup de mots anglais !

Une chose que vous apprendrez certainement très rapidement en prenant des cours de japonais au collège ou plus tard, en prenant des cours de japonais au lycée

Si vous possédez l’anglais dans votre bagage linguistique, vous pouvez d’ores et déjà préparer vos valises pour apprendre le japonais après le Bac à Tokyo !

Dès votre premier contact avec la langue des samouraïs, vous prendrez conscience que – grâce à l’anglais – vous possédez déjà un riche vocabulaire. En effet, beaucoup de mots anglais ont été absorbés par la langue japonaise d’aujourd’hui – notamment chez les jeunes – et ne demandent qu’à être utilisés.

Ces mots étrangers ou gairaigo (外来語) vous donnent un avantage considérable à côté de vos autres camarades français qui ne parlent pas l’anglais. Profitez-en ! Sans même maîtriser la grammaire ou une quelconque connaissance du Kanji (caractères chinois), vous allez pouvoir vous faire comprendre et vous exprimer en japonais sur une large palette de sujets.

Comment dit-on “Elle est pas belle la vie” en japonais ?

Sans plus tarder, jetons un œil sur quelques mots qui composent cette palette à disposition de tous les Français parlant déjà anglais :

  • “ending” → endingu
  • “soccer” → sakkaa
  • “half-time” → haafu taimu
  • “referee” → « refurii »
  • “mic” → maiku (マイク)
  • “table” → teeburu (テーブル)
  • “Internet” → intaanetto (インターネット)
  • “romantic” → romanchikku (ロマンチック)
  • “driveshaft” → doraibushafuto (ドライブシャフト)

Évidemment, chaque étudiant est invité à apprendre la version “japonaise” de ces mots de vocabulaire adoptés de l’anglais pour parfaire leur prononciation !

Toutefois, les schémas phonétiques auxquels vous allez être confrontés seront hautement prévisibles, cohérents et faciles à maîtriser.

La seule chose qui vous reste à faire c’est d’apprendre le Katakana, (élément de l’écriture japonaise), et vous familiariser avec la façon dont les intonations anglaises sont traduites en japonais.

Il n’y a pas de genre en japonais !

Obtenir son visa pour travailler au Japon. Où vivre lorsque l’on s’installe au Japon en tant qu’expatrié ?

Alors que la théorie du genre fait débat en France, il n’en est rien dans la langue japonaise ! 

Contrairement aux langues latines, dont l’appréhension est parfois rendue difficile par les concordances de genres, le japonais n’a pas de noms “masculins”, “féminins” ou encore “neutres”.

Délivrance ! Vous pouvez parler japonais sans vous soucier de savoir si le nom que vous devriez utiliser est masculin ou féminin.

Le verbe et les adjectifs invariables en genre vont faciliter votre assimilation de la langue japonaise notamment si vous voulez voyager ou vivre au Japon.

Imaginez-vous un rendez-vous d’affaire… Le dirigeant européen s’apprête à commander du saké, devant ses potentiels collaborateurs japonais, pour finaliser la signature de son contrat international. Il s’élance sans stress, sachant bien qu’il ne sera pas ici question d’accorder le genre quel que soit le spiritueux japonais qu’il commande.

Ouf, il peut trinquer (kampaï), son business au Japon est une affaire qui roule !

Pas d’accord sujet-verbe en langue japonaise ?

L'art du kimono est issu d'une tradition ancestrale. Le savoir vivre au Japon est particulier. Comment peut-on s’y former ?

Cauchemar des élèves français de la primaire jusqu’à la remise de diplôme, l’accord sujet-verbe a détruit les rêves de bonnes notes en dictée pour bon nombre d’entre nous…

Hourra ! En Japonais il n’en est rien !

Dans la langue du pays du Soleil levant, il n’y a pas besoin de conjuguer les verbes pour qu’ils s’accordent avec le sujet respectif.

Autrement dit, on aura affaire à une conjugaison inexistante (du point de vue français) et qui ne sollicitera qui ne sollicitera ni votre jugeote ni votre mémoire.

Le rêve pour tous ceux qui peinent à apprendre les langues latines.

Utilisons le verbe « to eat » / « Manger » comme exemple. En français, on a dû apprendre 6 différentes conjugaisons juste pour le présent (une pour chaque pronom), sans compter les contextes particuliers. En japonais, vous ne devez apprendre qu’une seule forme de conjugaison pour chaque temps.

Peu importe le sujet qui est en train de manger, le verbe “taberu” (食べる, “eat”) reste le même…

Petite démonstration :

“I eat.” → Je mange → Taberu.
“You eat.” → Tu manges. → Taberu.
“He / She eats.” → IL/Elle mange → Taberu.
“We eat” → Nous mangeons → Taberu.
“You (pl., fam.) eat” → Vous mangez → Taberu.
“You (pl.) / They eat.” → Ils/Elles mangent → Taberu.

Il n’est pas obligatoire de toujours prononcer le sujet et l’objet

« Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?« 

Cette phrase prend tout son sens dans la langue japonaise.

Ainsi, en japonais, on évite de prononcer les sujets et objets s’ils ne sont pas nécessaires. Le japonais s’inscrit donc dans la lignée des langues vivantes “pro-drop. Comprenez : qui n’utilisent pas le pronom si le “qui” et le “quoi” sont évidents pour la personne qui écoute et qui parle.

Par exemple, si quelqu’un vous demande si vous avez déjà dîné, vous pouvez tout simplement répondre “tabeta” (食べた, “ate”), la version passée de taberu (食べる).

Sachant que les parties sont conscientes du sujet (Je) et de l’objet (“dîner”), tout ce dont vous avez besoin c’est ce bon vieux verbe !

C’est donc clairement un autre avantage, notamment car c’est une structure que l’on peut retrouver dans la forme parlée et familière du français avec des expressions comme « sais pas« , « m’en fous » lorsqu’on s’exprime à la première personne.

Les syllabes de la langue japonaise se prononcent d’une seule façon !

Trouver les bonnes adresses pour faire la fête au Japon. 'Archipel japonaise. Où faire la fête pour le nouvel an au Japon ?

A l’inverse du portugais, de l’italien ou de l’espagnol, la langue japonaise est composée de syllabes et non de lettres : ce qui rend le nombre de sons limité.

C’est une langue syllabique !

Constituée de 45 syllabes basiques, la langue nippone semble plus compliquée à maîtriser que l’anglais qui n’en possède que 26.

Il n’en est rien !

En prenant en compte le fait que chaque syllabe ne peut-être prononcée que d’une seule manière, avec la même intensité et la même durée… On peut se remettre à rêver.

Qui plus est, 90% des sons émis lors de la pratique de la langue japonaise se retrouvent en langue française ! (comment dit-on “béni” en japonais ?)

Cette différence dans la prononciation s’inscrit comme une bénédiction linguistique. Notamment pour nous les Français, pour qui il est si difficile de maîtriser la prononciation en anglais – du moins sans sonner “frenchie” -.

Rappelez-vous l’appréhension de l’anglais… Prenons comme témoin la lettre “e” :

  • Elle peut-être prononcée comme un court “e” (ĕ or /ɛ/) comme dans “empty”.
  • Elle peut-être prononcée  comme un  long “e” (ē or /i/) comme dans “key”.
  • Elle peut-être prononcée comme un long “a” (ā or /ei/) comme dans “resume”.
  • Elle peut-être prononcée comme “schwa” (/ɘ/) comme dans “taken”.
  • Elle peut-être silencieuse (surtout a la fin des mots) comme dans “axe”.

Plutôt compliqué tout ça !

La langue japonaise, quant à elle, nous facilite la tâche. Prenez n’importe quelle lettre du Kana Japonais, la phrase dans laquelle elle se situe n’a aucune importance. Cette lettre ne sera prononcée que d’une seule façon.

Prenons cette fois la version japonaise de la lettre “e” (qu’on écrit え en Hiragana) :

Vous pouvez placer la lettre en début, au milieu ou encore en fin d’un mot cela ne changera rien quant à sa prononciation.

La prononciation du « r » japonais : facile pour des francophones !

Est-il plus simple d'apprendre le japonais lorsqu'on est encore enfant ? Savoir s’exprimer en japonais dès le plus jeune age grâce aux jeux-videos.

Dans la famille des stéréotypes tenaces concernant la langue japonaise, je demande la “prononciation”.

Considérée comme trop difficile, voire impossible à apprendre pendant des années, il est temps que Superprof rétablisse quelques vérités !

Les sons nécessaires à la pratique orale du japonais sont quasiment tous accessibles aux francophones et cela dans l’immédiat sans susciter d’effort colossaux.

Le son japonais ‘r’ : ra (ら), ri (り), ru (る), re (れ), and ro (ろ) par exemple qui nous fait tant défaut lors de la pratique de l’espagnol, est ici facilité puisqu’il se prononce de manière roulé UNE SEULE FOIS.

Particularité à retrouver notamment lors d’un séjour linguistique au Japon

Pour trouver une prononciation “particulière” pour les francophones, il faudra chercher du côté du “n” en fin de syllabe. Parfois prononcé “m ” ou “n” suivant ce qu’il précède ou devance, il peut être déformé lorsqu’on tente de l’utiliser.

Petite astuce, pensez à vous émanciper de votre conditionnement de la langue française afin d’approcher le japonais avec plus de facilité.

Contrairement au chinois, l’intonation ne peut pas changer le sens du mot

Comment effacer son accent français lorsqu'on parle en japonais ? Adaptez votre discours en fonction de votre interlocuteur en japonais.

A l’inverse des langues comme le mandarin, le cantonais, le vietnamien et le thaïlandais, le japonais n’est pas une langue tonale et sa prononciation en est donc facilitée pour des élèves parlant des langues latines.

De quoi sauver les meubles pas vrai ?

On peut parfois entendre un japonais chercher à faire une différence en utilisant une distinction dans sa voix (souvent appelée “pitch accent” chez les linguistes), mais c’est un épiphénomène qu’il n’est pas nécessaire de prendre en compte.

La seule chose que vous devez retenir, c’est que vous ne serez pas soumis à l’appréhension d’une série de tons comme vous auriez eu à le faire pour chaque syllabe dans des langues comme le mandarin.

Et pour les cas particuliers dans lesquels il serait nécessaire d’utiliser un ton spécifique, le contexte vous mâchera le travail en vous le faisant savoir d’emblée.

Par exemple, bien que le mot “hashi” peut s’utiliser pour dire “baguettes” (箸), “pont” (橋), ou “bord” (端) en fonction de l’intonation (high-low, low-high, and flat in this case), vous allez vite comprendre de quoi il s’agit grâce au contexte.

Au restaurant si l’on vous dit “hashi” il s’agira probablement d’une personne qui vous demande de lui passer les “baguettes” situées  sur la table plutôt que les deux autres propositions…

La langue japonaise est logique

Quand faut-il employer le mot "sensei" en japonais ? Quels sont les marques de respect à suivre en japonais.

A l’oral, la logique du japonais pourrait faire rager ce petit enfant qui sommeille en vous devant la présentation de son poème à sa classe de CM2.

L’absence de conjugaison, l’évidence qui compose sa prononciation et les déclinaisons si rares qu’elles pourraient ne pas exister en facilite son intégration.

Une fois détaché de votre mode de fonctionnement francophone, et muni d’un peu de volonté, de temps et d’un bon “sensei” (professeur), le japonais pourra être appris sans grands problèmes.

La logique du japonais est orientée vers l’interlocuteur, un des principes de base qui consiste à prendre soin de ne jamais vexer son interlocuteur lors de vos échanges quotidiens.

Cette règle, issue des traditions ancestrales nippones, est une délicatesse ou une marque de politesse respectivement pour les japonais et les européens.

C’est pourquoi un suffixe est systématiquement accolé aux noms propres des personnes avec qui l‘on s’entretient. Le plus courant est « san » que l’on retrouve jusqu’en France avec le nom de scène du rappeur Orelsan. Vous avez aussi sensei et kun, qui s’utilisent respectivement pour un professeur (pourquoi ne pas appeler votre prof particulier de japonais comme ça ?) et pour un élève, et qu’on retrouve dans les mangas voire dans le film Tortue Ninja  (un peu de culture populaire, ça ne fait jamais de mal !) !

Petite astuce de fin : la pratique des jeux vidéos pour apprendre le japonais ou la participation à des chat sous couvert de google traduction est d’une aide non négligeable…

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Avner
Rédacteur Web et Consultant en marketing digital et réseaux sociaux. ✈️Digital Nomad passionné par l'histoire et l'expression culturelle à travers le monde.

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