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Existe-t-il un gène des maths chez les garçons et les filles ?

Par Simon le 04/03/2016 Blog > Soutien scolaire > Maths > Les Garçons sont-ils Meilleurs en Maths que les Filles ?
Table des matières

Est-ce que les garçons sont meilleurs que les filles en cours de maths ? Pourquoi les filles font-elles moins d’études scientifiques que les hommes ?

Encore de nos jours, cette question de savoir qui est le meilleur entre un garçon et une fille en maths demeure aussi présente, toujours aussi ancrée dans les esprits comme une idée reçue qui aurait la peau dure.

Selon ce cliché, apparemment, les filles seraient dénuées d’esprit pratique et de sens logique par rapports à ces messieurs et n’auraient pas la fameuse « bosse des maths ».

Pourtant, une nouvelle étude provenant de l’Université de Provence Aix-Marseille montre que si les filles réussissent moins facilement dans les disciplines scientifiques, c’est parce qu’elles seraient persuadées de ne pas faire aussi bien que leurs homologues masculins.

Alors, discours sexiste ou non ? Avant d’apprendre les maths aux enfants,  Superprof fait le point pour vous.

Un premier état des lieux

En France

En France, on estime qu’en classe de Troisième, près de 82% des filles maîtrisent les compétences de français contre seulement 68% chez les garçons.

Par contre, ces derniers seraient légèrement meilleurs en mathématiques, puisqu’ils seraient près de 87% à maîtriser toutes les compétences basiques des maths contre 86.8% chez les filles.

Légèrement meilleurs, donc mais pas de quoi pavoiser non plus, n’est-ce pas ?

Les garçons sont cependant plus nombreux à prendre des cours particuliers maths !

Aux Etats-Unis

Une autre étude, américaine celle-ci et parie dans la revue scientifique américaine Science, révèle que contrairement à ce que l’on imagine, l’aptitude dans les maths ne dépend en aucun cas du sexe.

En effet, même chez les enseignants du primaire comme du secondaire ainsi que chez les parents d’élèves, l’idée que les maths seraient réservées aux garçons et les matières littéraires dédiées aux filles est toujours aussi présente.

Les explicationspour comprendre la différence entre les garçons et les filles en maths. Les filles ont-elles les mêmes chances que les garçons en maths ?

Néanmoins, cette assertion n’est en rien basée sur des faits scientifiques et avérés, c’est un préjugé qui ne peut expliquer ni justifier la sous-représentation de la gent féminine dans les écoles d’ingénieur ou dans les cursus scientifiques à l’université.

L’étude réalisée porte sur les résultats récupérés auprès de 7 millions d’élèves dans 10 états des Etats-Unis lors d’évaluations standards qui sont effectués tous les ans dans l’ensemble du pays.

Le verdict est sans appel ; pour ce qui est des mathématiques, il n’y a quasiment aucune différence entre les garçons et les filles, que les élèves soient au collège ou au lycée, qu’ils aient 7, 10 ou 18 ans et quelles que soient leur provenance ethnique.

Alors, est-ce qu’il faut réduire les garçons à la bosse des maths et les filles à la célèbre fibre littéraire ?

Les maths, une question de culture

Le sexe des maths

Un premier constat (édifiant diraient certaines personnes) montre que le choix d’orientation de élèves établit lui-même cette distinction comme quoi les filles sont davantage tournées vers les études littéraires tandis que les garçons seraient déjà des scientifiques en herbe.

Il suffit d’observer les chiffres officiels : les filles sont extrêmement nombreuses dans les filières littéraires ainsi que dans les filières des services mais aussi dans les professions paramédicales et sociales ainsi que dans les IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres).

A côté de cela, les garçons sont surreprésentés dans les filières scientifiques et industrielles, notamment pour les écoles d’ingénieur et les IUT.

Cerveau rose ou cerveau bleu ?

Malgré ces distinctions, il faut souligner que les filles obtiennent de meilleurs résultats scolaires que les garçons, toutes matières confondues.

Dès le départ, les garçons et les files entretiennent une relation singulière vis-à-vis des mathématiques : en classe de CP, même s’ils ont les mêmes compétences initiales, les filles creusent déjà l’écart avec le français et les garçons progressent plus rapidement en maths que les filles.

Comment expliquer les affinités des garçons et des filles envers les maths ? Qui est le plus fort en maths : garçon ou fille ?

Arrivés au lycée, le constat est éloquent : selon le ministère de l’Education nationale, 28% des filles sont en série S contre 41% des garçons tandis que 17% des filles sont en filière L contre 5% des garçons.

Comment expliquer ce mystère ? Comment expliquer cette désamour des cours de maths chez les filles ? Auraient-elles peur des maths ?

Remonter à l’enfance

Ce sont 2 chercheurs du CNRS, Isabelle Régner et Pascal Huguet, qui se sont penchés sur la question en partant du principe de base que la réputation dont souffre la gent féminine en maths a un réel impact sur l’apprentissage des maths aux enfants et leurs résultats scolaires.

Aux Etats-Unis, un psychologue de renom et professeur à Université de Stanford, Claude Steele, s’était interrogé sur le fait que les femmes avaient de moins résultats en mathématiques pour les tests d’admission à la fac que leurs homologues masculins.

Il avait ainsi conclu son étude en recréant cette situation en laboratoire en affirmant que si l’on présente les tests de façon neutre, hommes et femmes se montrent aussi performants.

Toutefois, les femmes ont une représentation sociale négative des mathématiques, elles sont persuadées de ne pas être faites pour cela alors qu’il n’existe que des avantages à prendre des cours de maths.

Une nouvelle expérience

C’est en s’inspirant de cette étude et de ces résultats que les deux chercheurs du CNRS ont souhaité mener leurs recherches avec des cas pratiques.

Face à des centaines d’élèves des deux sexes en classes de Sixième et Cinquième (en cours de maths), les chercheurs leur ont demandé de réaliser une figure en présentant l’épreuve comme étant de la géométrie pour un groupe et comme étant du dessin dans un second groupe.

Résultats : les filles du groupe « géométrie » ont fait un score inférieur à ceux des garçons alors que le résultat s’inverse dans le groupe « dessin » où les filles remportent la palme.

En conclusion, on peut dire que la seule idée de devoir mobiliser des compétences mathématiques déstabilise les filles.

Elles ont peur, inconsciemment, de se confronter aux différents stéréotypes qui sont véhiculés par la société.

LE véritable groupe d’enfants en difficulté face maths sont ceux atteints de dyslexie.

Découvrez comment apprendre les maths à un dyslexique !

Une cause culturelle et familiale

En fait, tout vient de notre enfance : l’éducation diffère très tôt que l’on soit une petite fille ou un petit garçon, et l’on comprend l’importance du poids de l’éducation dans l’orientation future des élèves.

Les garçons jouent très tôt à des jeux de construction et à des jeux collectifs qui renforcent leur aptitude à se repérer dans l’espace tandis que les petites filles sont réputées pour jouer davantage en intérieur où elles reproduisent le pus souvent les rôles sociaux traditionnels (jouer à la maman, à la marchande, etc..) qui feraient intervenir plus rapidement le langage.

Et si les maths étaient unisexes ? Réflexion sur le sexe des maths.

Même si ces aptitudes chez les uns et les autres tendent à se réduire avec le temps, cela pourrait constituer une explication dans les divergences qui s’installent socialement par la suite et donc sur les différences de choix dans l’orientation scolaire et professionnelle (quelles études après le Bac S ?).

Les choses peuvent-elles changer ?

Est-ce que les choses peuvent changer ? Est-ce qu’elles doivent changer ?

La réponse est évidemment oui.

Les filles ne sont pas condamnées à occuper des professions moins valorisées.

Comment faire ? Il faut, dès le plus jeune âge dire aux filles et aux garçons qu’une partie de leur choix et de leurs goûts relève de leur éducation, de la reproduction d’un schéma familial mais qu’en matière d’orientation scolaire et professionnelle, c’est à eux de choisir.

Il n’y a aucune fatalité.

Bien sûr, une fille peut devenir médecin, avocate, chercheuse au CNRS, astronome et bien sûr les garçons peuvent s’orienter vers des métiers littéraires ou sociaux comme éditeur ou éducateur pour enfants.

Toutefois, il est nécessaire, pour changer en profondeur les choses, que le travail soit effectué en amont, au sein de la bulle familiale.

Si les enfants voient leurs parents répartir mieux les différentes ménagères, s’ils voient que leurs parents se complètent et n’hésitent pas à mettre la main à la pâte pour une tâche qui en « serait pas pour eux d’ordinaire », il deviendra normal et quasiment évident qu’il n’y a aucun fatalisme dans la distribution des rôles et dans la façon de faire telle ou telle chose.

Pour en revenir aux mathématiques, est-ce que les garçons sont meilleurs que les filles ? La réponse est non.

Si les filles apprennent dès leur plus jeune âge qu’elles peuvent faire des maths, qu’elles peuvent se donner les moyens d’avoir des métiers en lien avec les maths ou une quelconque matière scientifique, alors il n’y a pas de meilleur ou de moins bon.

Comment devenir fort en maths ? Les filles sont aussi fortes que les garçons en mathématiques.

Garçons comme filles peuvent autant réussir en mathématiques, il suffit d’apprendre à se motiver, à se concentrer, à donner tout ce que l’on a pour réussir, lire les bons livres pour mieux comprendre les maths et s’entourer d’un professeur compétent.

Les filles sont meilleures en règle général sur le plan scolaire en considérant l’ensemble des disciplines car elles savent plus facilement s’impliquer et se concentrer.

Il en est de même pour les mathématiques plus particulièrement : le niveau scolaire des garçons n’est pas toujours supérieur à celui des filles.

Les garçons sont peut-être plus forts en géométrie car ils savent plus facilement se repérer dans l’espace mais les filles ont une intelligence plus pragmatique et s’en sortent plus souvent en algèbre par exemple.

Rien n’est définitif, rien n’est immuable.

Une chose est sûre : les enfants préfèrent apprendre les maths à la maison et par des applications concrètes dans leur quotidien !

Les mathématiques servent aussi à prouver que tout est réalisable, alors garçons comme filles, donnez tout ce que vous avez pour réussir dans cette matière, travaillez durement et régulièrement et les portes des études supérieures et des professions à connotation scientifiques s’ouvriront devant vous.

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Simon
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