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Comment Mieux Appréhender l’Italie et son Langage ?

Par Romain le 07/11/2016 Blog > Langues > Italien > L’Histoire de la Langue Italienne
Table des matières

L’italien est considéré comme l’une des langues les plus romantiques et mélodique de l’histoire du monde.

Nombreux sont ceux qui rêvent de parler l’italien et de comprendre cette langue enchanteresse.

L’histoire de la langue italienne illustre réellement l’histoire de l’Italie elle-même, ainsi que l’unification ultime du peuple italien.

19ème langue parlée dans le monde, on la retrouve notamment  en Italie, au Vatican, à Saint-Marin, en Suisse, Slovénie, Croatie,et à Malte.

L’italien est l’une des langues officielles de l’UE.

Les prémices de la langue italienne

Comme toutes les langues, l’italien ne s’est pas créé en un jour.

Grâce à son contexte européen, la langue italienne a connu de nombreux changements, basés sur l’histoire même du pays.

Vous aimez l’histoire internationale ?

Vous souhaitez en savoir plus sur la langue et la culture italienne ? Notre article va vous plaire.

Nous avons beaucoup de choses à dire donc commençons sans attendre.

Les premiers habitants des régions de l’Italie

Notre histoire commence en -800 av. J.-C. À cette époque, la région qui correspond aujourd’hui à l’Italie et la Corse était habitée par de nombreuses peuplades.

Nous y trouvions :

  • Des Étrusques (en Toscane) ;
  • Des Grecs (au sud de la péninsule et en Sicile) ;
  • Des Celtes (dans le nord de l’Italie) ;
  • Des Phéniciens étaient aussi présents, sans être des autochtones ;
  • Ainsi que de nombreuses ethnies italiques.

Cette civilisation n’avait pas de langue unique. Pourtant, malgré leurs différences, ces langues étaient relativement proches. On comptait une quarantaine de langages environ dans la région.

Le latin était seulement parlé par les groupes italiques. Il fallait alors dissocier le latin classique et le latin primitif.

La création de la ville de Rome

De l'ascension à la chute de Rome. La magnifique ville de Rome vue du ciel de nos jours.

La fondation de Rome en -753 par des Étrusques, des Sabins et des Romains changea la donne.

Ainsi, rapidement, de nombreuses guerres de conquête de la région italienne suivirent. Cela donna une Italie unifiée et romanisée sous le règne d’Auguste (entre -27 et -14).

Les Romains se mirent aussi à conquérir un grand nombre de régions adjacentes.

En 200 apr. J.-C., l’Empire romain correspondait à toute l’Europe de l’Ouest actuelle complétée par le nord de l’Afrique, l’Angleterre, l’Arménie et l’Arabie.

Pour en savoir plus, voici une carte de l’Empire romain à cette époque.

Ainsi, le latin s’exporta dans de nombreux pays conquis, sauf ceux aux extrémités de l’empire. Les Romains transmirent aussi leur culture et leur religion : le christianisme.

Le développement du latin au détriment du grec

Comment la langue latine s'est-elle développée ? Le latin : une langue morte mère de nombreux langages contemporains.

En 200 apr. J.-C., grâce à la tradition orale, les deux grandes langues parlées dans l’Empire romain étaient le latin et le grec. Toutes les autres étaient ignorées.

Très rapidement, les dirigeants voulurent imposer la langue latine aux différents peuples. Ils limitèrent donc l’emploi du grec au maximum, en réprimant les gens qui osaient s’exprimer en grec.

Subsistait donc la langue latine, elle-même scindée en deux : le latin littéraire (pour les aristocrates) et le latin vulgaire (parlé par les soldats et les colons).

Avec le temps, c’est le latin vulgaire (ou latin populaire) qui prit le dessus et qui devint le fondement de l’italien, de l’espagnol et du français.

L’italien s’est construit grâce à diverses influences

Petit à petit, l’Empire romain s’affaiblissait. Cela donna des envies de conquêtes aux peuples voisins.

Entre le 4e et le 8e siècle : les invasions germaniques

Les Huns arrivèrent dans l’Empire romain à partir de 375. Originaire de l’Asie centrale, ce peuple dirigé par Attila entraina un véritable bouleversement dans la géographie politique de l’empire.

En arrivant de l’est, les Huns repoussèrent de nombreuses populations vers l’ouest. Ce qui fragilisa l’Empire romain d’occident (et sa capitale Rome).

Seules les murailles de Constantinople permirent à l’Empire romain d’Orient de tenir face aux attaques des Huns.

Parmi les peuples repoussés vers l’ouest, nous trouvions les Wisigoths. Ces derniers assiégèrent Rome qui tomba finalement en 410.

Certains autres peuples germaniques en profitèrent aussi :

  • Les Francs ;
  • Les Burgondes ;
  • Les Ostrogoths ;
  • Les Vandales ;
  • Les Alamans.

À la fin du 5e siècle, les royaumes germaniques prirent la place de l’Empire romain qui avait totalement disparu.

Sur cette carte, nous voyons donc que ce sont les Ostrogoths qui occupèrent le royaume d’Italie.

Entre le 6e siècle et le 8e siècle : les Lombards

En 568, les Lombards vinrent de Scandinavie et prirent Milan, Pavie, la Toscane et la Vénétie. Au fur et à mesure, ils s’emparèrent de toute l’Italie du Nord et d’une partie de l’Italie du sud (alors détenue par les Byzantins qui avaient étendu l’Empire romain d’Orient).

Cette division de l’Italie par les Lombards et les Byzantins dura jusqu’au 8e siècle.

Entre le 8e et le 9e siècle : invasion des Francs et des musulmans

Charlemagne, le roi des Francs de cette époque, profita des nombreuses rivalités des différents duchés lombards pour envahir la Lombardie et l’Italie. Il devint donc Roi des Francs et des Lombards puis empereur du Saint-Empire romain germanique.

L’Italie était donc séparée en deux mondes : un monde roman et un monde germanique.

C’était sans compter sur les musulmans qui s’étaient installés en Sicile.

Après avoir conquis toute l’ile, ils se rendirent sur l’Italie péninsulaire jusqu’à Gênes.

À la fin du 9e siècle, l’Italie était morcelée en plusieurs entités politiques :

  • Le Royaume d’Italie ;
  • Les États de l’Église ;
  • L’Empire romain d’Orient ;
  • Venise ;
  • Les musulmans.

Fin du 10e siècle : arrivée des Normands

En 999, les Normands (peuple tirant son origine de Scandinavie) prirent la mer pour arriver dans le sud de l’Italie. Très vite, ils purent vaincre les Byzantins et les Arabes pour conquérir toute la partie sud de l’Italie.

En 1154, les Normands créèrent le royaume de Sicile. Ce territoire comprenait la Sicile et le sud de l’Italie.

Différentes conquêtes qui entrainèrent une mosaïque linguistique

Avec toutes ces conquêtes, l’Italie connut un véritable panachage de langues (plus de 1000). Toutes issues du latin, nous trouvons différents dialectes qui ne réussirent jamais à s’imposer.

Le latin d’Église était toujours le langage avec la plus forte influence culturelle dans la région.

Pourtant, tous ces peuples amenèrent avec eux des langues étrangères qui influencèrent l’italien tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Cela commença par les peuples germains puis les Lombards sans oublier les Francs ou encore une certaine influence de la langue arabe, des Normands et Siciliens.

De plus, durant le Moyen-Âge, les Italiens empruntèrent aussi certains mots français médiévaux.

La création du royaume d’Italie

Le début d’une unification linguistique par la littérature

À la fin du Moyen-Âge, l’Italie était coupée en deux : les principautés du Nord (comprenant la république de Sienne et la république de Florence) et le royaume de Naples au sud.

À la Renaissance (au 16e siècle précisément), l’Italie connut une grande popularité à de nombreux niveaux (dont les domaines de la culture et de la science).

Surtout, elle obtint une certaine unité linguistique grâce aux écrivains. Ainsi, les grands auteurs de l’époque se mirent tous à écrire en florentin (une forme de la langue toscane parlée à Florence).

Parmi ceux-ci, nous retrouvions le célèbre Dante Alighieri, mais aussi Pétrarque ou Boccace.

Cependant, c’est bien la Divine Comédie de Dante qui favorisa la diffusion et la compréhension du florentin dans l’Italie.

Dante Alighieri : un des auteurs italiens de la Renaissance les plus talentueux. Dante Alighieri et La Divine Comédie ont joué un rôle majeur dans le développement de l’italien moderne.

Cela n’empêcha pas le latin ecclésiastique de résister pendant de nombreuses années. Mais, avec l’arrivée de l’imprimerie et l’autorisation du pape Benoît 14 de lire la Bible en langue vulgaire (le nom du toscan florentin), la langue florentine commença à s’étendre de plus en plus.

Au 16e siècle, l’Italie connut l’influence culturelle de l’Espagne par la personne de Charles Quint. Il était devenu empereur du Saint-Empire romain germanique. Mais aussi roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem.

La langue italienne s’enrichit donc de nombreux mots espagnols et portugais.

La Révolution française et l’influence de la France sur l’Italie

Comment la Révolution française a bouleversé l'histoire italienne ? Peu de personnes le savent mais la Révolution française fut un événement majeur pour toute l’Europe.

Après la Révolution française, Napoléon prit le pouvoir en France. En 1796, le général Bonaparte arriva en Italie.

Cette invasion incita les Italiens à vouloir un pays unifié. C’est pourquoi de nombreux historiens considèrent la période napoléonienne comme le début de l’Italie contemporaine.

Entre 1796 et 1861, l’Italie subit de nombreux bouleversements dont :

  • Un redécoupage territorial en 1815 par le Congrès de Vienne ;
  • Une domination presque totale de l’Autriche sur la péninsule italienne ;
  • La guerre de la France et des Piémontais contre l’Autriche qui entraina un mouvement unitaire dans toute l’Italie.

Au fur et à mesure, le Royaume d’Italie s’agrandit en incorporant et transférant les différentes régions annexes.

En 1861, on parlait donc de nombreux dialectes en Italie. Parmi ceux-ci :

  • Le franco-provençal ;
  • Les dialectes ladins ;
  • Les dialectes gallo-italiques ;
  • Les dialectes sardes ;
  • Les dialectes centraux ;
  • Les dialectes méridionaux ;
  • Le vénitien ;
  • Le corse ;
  • Les dialectes toscans.

En Italie, la langue officielle est l'italien bien qu'il n'existe pas d'article de la Constitution italienne qui le reconnaisse explicitement. Les Dialectes méridionaux et Dialectes médio-italiens.

Pourtant, la langue maternelle toscane (toujours sous sa forme florentine) était vue comme la langue italienne nationale.

La langue italienne contemporaine

Durant la période de 1922 à 1945, le gouvernement et le ministère fasciste de Mussolini imposèrent l’usage de l’italien dans toute l’Italie. Apprendre la langue italienne (et seulement elle) était une priorité en matière d’enseignement et d’éducation.

Toutes les minorités linguistiques furent pourchassées par les commandos formés par Mussolini. L’objectif étant de leur faire peur pour les éradiquer.

Les enseignants durent réaliser l’apprentissage et la transmission de connaissance en italien exclusivement. L’administration fut, elle aussi, entièrement italienne.

Les droits linguistiques des minorités furent supprimés pour renforcer l’italien comme langue officielle.

On retira aussi du vocabulaire italien commun tous les mots dits « exotiques » à connotation étrangère. Ainsi, ce furent des centaines de mots (expression, adjectif, verbe, adverbe, etc.) influencés par le français, l’anglais, l’arabe ou l’allemand qui furent transformés ou qui subirent une traduction.

Il fallut attendre 1948, après la Seconde Guerre Mondiale, pour voir de nouveau apparaitre un véritable soutien culturel aux minorités linguistiques.

Aujourd’hui, l’italien contemporain n’a plus grand-chose à voir avec l’italien florentin exprimé par Dante et ses contemporains. Tout comme le français, l’italien a connu de nombreuses mutations avec le temps.

D’après les données de l’ISAT (Instituto nazional di statistica), entre 1987 et 2000, les personnes qui utilisaient seulement leur dialecte régional pour communiquer à la maison seraient passées de 32 % à 19,1 %.

L’italien oral et écrit est en train de prendre le pas sur toutes les autres langues.

Nous assistons même à la disparition de certaines d’entre elles dans les conversations habituelles.

Dans tous les cas, vous remarquez que la langue italienne moderne possède une histoire d’une grande richesse.

Si vous aimez en savoir plus sur la grammaire, la conjugaison et la structure des phrases apprises lors de vos cours d’italien, l’histoire des langues romanes est une bonne opportunité pour développer votre italien.

C’est aussi une approche intéressante de la culture italienne et européenne.

Pour apprendre l’italien et approfondir vos compétences en dialogue et prononciation de l’accent de la « lingua italia », vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Ensuite, pourquoi ne pas prendre un cours d’italien gratuit, rentrer dans une école de langue payante ou apprendre l’italien en ligne pour vous perfectionner ?

Et un voyage en Italie, ça vous dit ? Idéal pour vous exprimer avec plus d’aisance, apprendre l’italien gratuitement et vous perfectionner dans l’une des langues vivantes les plus parlées en Europe.

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Romain
Tombé dans l'écriture depuis tout petit, je suis aussi rédacteur web de métier. Mes passions : les jeux vidéo, le cinéma et les livres. Curieux de tout, j'ai une soif insatiable de nouvelles connaissances.

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