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Chine : quel est le langage le plus pertinent à apprendre ?

De Avner, publié le 26/01/2017 Blog > Langues > Chinois > Quelle Langue Chinoise Faut-il Privilégier Dans L’apprentissage ?

A la mode, tendance et important pour le CV, l’apprentissage du chinois mandarin semble aujourd’hui la clé qui ouvre toutes les portes d’un avenir économique radieux.

Là où le Japon et l’Allemagne ont échoué à imposer leur langue comme référence dans nos écoles occidentales, le chinois mandarin s’installe convenablement dans nos salles de classes promulguant sa culture millénaire à coût d’attrait économique et de puissance financière.

Aussi difficile soit-elle, la langue de Confucius n’en finit plus d’attirer les étrangers en soif de connaissances des caractères chinois et des tons. Pourtant, au pays du Kung-fu, du temple de Shaolin et du yin et yang, des dizaines de langues et dialectes composent la carte linguistique.

Découvrons donc quelle langue est la plus pertinente à privilégier pour intégrer la Chine moderne lors d’un voyage en immersion comme pour s’y installer…?

L’incontournable apprentissage du mandarin

L'uniformisation de la langue est reconnue par les instances de l’État comme un moyen nécessaire à la réussite de la Chine. Le mandarin est la langue des échanges commerciaux par excellence avec la Chine. Elle est l’une des plus plus prisée dans le monde des affaires.

Première langue parlée au monde avec 20 % de la population mondiale, il est difficile de faire abstraction du mandarin chinois standard lors de l’apprentissage d’une langue chinoise…

Vous vous demandez : quelles langues parlent les Chinois ?

Aujourd’hui, on estime à plus de 30 millions de personnes les étudiants qui apprennent le mandarin. Certaines études vont jusqu’à affirmer que d’ici quelques décennies le chinois sera la langue la plus enseignée au monde.

C’est dans le contexte économique actuel que les instituts Confucius -l’équivalent de l’Alliance Française-  ont vu leur salles de classe se remplir au niveau international.

En France, l’effet est le même et on ne s’étonnera pas de voir l’apprentissage du chinois se démocratiser.

Cette discipline a vu sa cote de popularité faire un bond comme celles de Benoît Hamon et François Fillon respectivement aux élections PS et Républicains.

Ainsi, si le mandarin n’est enseigné qu’à moins de 1 % des élèves au sein de l’enseignement secondaire français, on compte plus de 45 000 étudiants aujourd’hui contre 2 500 apprenants il y a 15 ans.

2ème économie mondiale, voire première, (pour ceux qui se fient encore aux sondages… Enfin je dis ça…), la Chine est désormais la seconde destination commerciale de l’Europe, juste après les États-Unis, avec un marché évalué à plus  de 160 milliards d’euros.

Passé du statut de langue originale, lointaine, difficile, à celui de langue incontournable pour les entrepreneurs internationaux, le chinois mandarin n’en est qu’à ses débuts poussé par une économie qui ne cesse de lui faire honneur.

Découvrez par exemple l’influence du chinois en Asie

Le cantonais par opposition au mandarin ?

Le cantonais étant une langue uniquement orale, elle est associé aux caractères chinois traditionnels. Le cantonais est la seconde langue la plus entendue par les chinois. On la retrouve dans les chansons populaires et les grandes productions hong-kongaises.

Comme dans toutes les histoires, il y a le leader et son acolyte, celui qui reste un peu dans l’ombre, moins populaire. Batman et Robin, Walker Texas Rangers et Trivette et dans une moindre mesure Astérix et Obélix.

En terre du milieu, depuis l’avènement du mandarin standard comme langue officielle du pays en 1956, le cantonais est relégué à un rôle de seconde langue sans grand intérêt pour de nombreux Chinois comme pour les étrangers.

Pourtant la langue cantonaise représente l’un des nombreux éléments d’une riche culture qui s’étend sur une région qui dépasse celle de la simple Canton. Loin du simple stéréotype que peut évoquer le mot “cantonais” aux occidentaux (Je sais que vous pensez à votre menu midi à 8 euros) la puissance culturelle du cantonais se rencontre dans le 7ème art, la musique ou encore (vous l’attendiez) la gastronomie.

C’est bien gentil tout ça, mais quel est l’intérêt intrinsèque de l’apprentissage du cantonais (minute jeune scarabée, j’y viens !) ?

Dominé, voire écrasé, par l’aura du chinois mandarin, le cantonais évolue dans la discrétion la plus totale au sein des contrées où il se pratique.

Pourtant son histoire, la force de sa culture qui se propage aisément à l’étranger et la puissance économique des régions dans lesquelles il est encore employé – comme Guangdong, Hong-Kong, Macao et les nombreuses communautés chinoises d’outre mer – le rendent particulièrement attrayant pour ne pas dire sexy.

Une langue pour les linguistes

Amoureux des langues et dialectes, apprendre le cantonais pour eux, c’est savourer de nouveau un bon repas avec une recette totalement différente. L’omniprésence du mandarin officiel dénature le côté original de l’apprentissage de cette langue, ce qui n’est pas le cas du cantonais, moins populaire et moins accessible. Aussi, comprenant 8 tons et de nombreuses similitudes avec le vietnamien c’est un moyen de faire un premier pas vers le pays de la Baie d’Halong.

Découvrez-en plus sur les tons chinois également !

Une langue pour les historiens

Sans pour autant négliger l’histoire du mandarin, la présence du cantonais dans la frise chronologique du monde et de la Chine est assez colorée pour passer à côté.

Guangzhou ou Canton, qui représente la 3ème plus grande ville de Chine, est restée durant plusieurs siècles à l’écart de la politique des différents régimes qui l’ont gouvernée. Ce qui en fait une région dont l’authenticité n’est pas à démontrer.

Elle est surnommée la “cité dès 5 béliers”, en référence à une légende chinoise qui parle de 5 chèvres qui seraient descendues du ciel, entraînant avec elles des immortels. On peut s’aventurer à dire que Canton est bel et bien une ville immortelle qui malgré les siècles de domination subsiste et s’inscrit dans la légende.

Une langue pour les cinéphiles

Populaire au niveau régional, national et international, le cinéma de Hong-Kong met en valeur la particularité de la langue cantonaise. On y retrouve toutes ses caractéristiques avec ses sonorités propres, ses usages particuliers, son emploi de particules renforçant sa vivacité…

La maîtrise de la lecture du mandarin n’est ici qu’anecdotique étant donné que les sous-titres en chinois standard, qui accompagnent les films, ne traduisent que peu ou mal la langue cantonaise parlée par les personnages. Bonjour la réalité des dialogues et la compréhension du long-métrage.

Une langue pour les aspirants à l’expatriation

Belle, moderne et historique, Hong-Kong est – à l’image de Shanghai – une ville qui attire les migrants du monde entier. Bien qu’occidentalisée, la ville mise sous tutelle anglaise pendant de nombreuses années a pourtant su garder sa spécificité chinoise. Et quand on parle de chinois à Hong-Kong… Cela signifie en réalité cantonais.

En effet, adopté par Hong-Kong, qui en a fait sa langue officielle, le cantonais est toujours d’actualité. C’est donc un plus, non négligeable, pour se rapprocher de la population locale et découvrir Hong-Kong sous un autre angle mais aussi, pourquoi pas, développer des relations économiques bénéfiques pour la suite de votre parcours entrepreneurial.

Apprendre le Shanghaien

La ville de Shanghai compte de multiples universités prestigieuses en partenariat avec des établissements français. Jadis Shanghai était un village agricole avant d muter en un port prospère sous la dynastie Qing.

Plaque tournante de l’économie mondiale, abritant le 2ème plus haut gratte-ciel du monde avec la Shanghai Tower, la ville la plus peuplée de Chine n’en finit plus de faire parler d’elle et cela dans toutes les langues.

Évidemment en tant que centre économique et financier de l’Asie, on s’imagine bien que Shanghai emploie le chinois mandarin et l’anglais pour prospecter et “closer les deals”.

Cette évidence, que l’on ne peut contredire, doit tout de même être mise en perspective. En effet, le mandarin standard n’est pas la langue maternelle de la ville aux 20 millions d’habitants. En réalité, il s’agit du dialecte “Shanghaïen”.

Ainsi, bien que le chinois mandarin soit enseigné dans les écoles de la République Populaire de Chine dès l’âge de 6 ans chez les enfants, le dialecte local n’en reste pas moins une langue qui subsiste et se pratique dans les conversations de la vie quotidienne de la ville aux nombreux grattes-ciel.

Je sais… Quelle utilité d’apprendre un “dialecte” local plutôt que de se conforter dans l’apprentissage du mandarin standard ?

On ne va pas se mentir… Cette question a totalement lieu d’exister. On sait de source sûre que toute la population vivant à Shanghai parle le mandarin chinois. Aussi, Shanghai est l’une des villes asiatiques qui abrite le plus de migrants qui, jusqu’à preuve du contraire, ne sont pas familiers avec le dialecte de la population locale.

Toutefois que vous soyez un étudiant en échange universitaire en Chine, un “expat” qui tente de faire fleurir son business, ou encore un simple touriste en voyage à Shanghai, savoir communiquer en Shanghaien est un avantage considérable.

Les Shanghaiens – tout comme les Français – préfèrent rester entre-eux, à l’écart des autres Chinois et perpétuent l’usage de leur dialecte.

Ainsi, se socialiser à Shanghai avec des membres de la population locale et ne pas se contraindre à errer dans les zones marquées “expats” passe évidemment par l’apprentissage de leur langue.

Appartenant au groupe linguistique du “Wu”, deuxième plus grand groupe linguistique en Chine, on peut clairement percevoir l’intérêt économique et financier de maîtriser ce dialecte.

Enfin, l’un ne va pas s’en l’autre : le shanghaïen est d’une certaine façon calqué sur le mandarin, et ne varie que dans l’emploi de sa tonalité. Par conséquent, une bonne connaissance du mandarin chinois facilitera l’apprentissage du shanghaien et permettra ainsi d’éviter tous conflits linguistiques.

Dialectes chinois

Avant la dynastie Han, soit près de 206 avant JC, c'est le chinois archaïque ou chinois ancien qui était pratiqué pour communiquer. Selon les historiens, le chinois archaïque était plus proche du tibétain que des dialectes chinois contemporains.

Refusé catégoriquement par les linguistes, le terme de “dialecte” pour les langues comme le Min (langue du Fujian et de Taïwan), le Xiang (dans le Hunan) ou encore le Mandchou, suscite le débat notamment dans le fait qu’il pourrait servir à légitimer le mandarin comme langue officielle en Chine.

Loin de la langue Putōnghuà ou Hànyu (langue des Hans) parlée à Pékin, la Chine regorge de « Langues locales” qui la composent et en font sa richesse.

Son histoire millénaire, illustrée par la succession des dynasties, peut-être mise en relief via l’apprentissage ou tout simplement l’étude des dialectes qui ont survécu au temps qui passe et à l’uniformisation ou la standardisation du langage.

La plupart des régions ont leur propre langue locale encore utilisée à l’heure actuelle par les minorités ethniques aussi !

Privilégier l’apprentissage d’une de ces “langues locales” relève ici des personnes spécialisés dans les langues, l’anthropologie ou encore l’histoire des langues chinoises et qui voient dans ces dialectes l’occasion d’enrichir leur connaissance ou de faire avancer la recherche universitaire.

Découvrez également ce qu’est le pinyin !

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