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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour devenir chanteur lyrique

De Philippe, publié le 12/07/2017 Blog > Musique > Chant > Comment Avoir une Voix d’Opéra ?

« La langue dans laquelle un opéra est chanté m’importe peu tant que je ne la comprends pas. » Sir Edward Appleton

Nous sommes nombreux à aimer telle ou telle chanteuse « à texte » ou autre auteur-interprète-compositeur prodiguant de douces mélodies…

C’est notre plus grand droit ! Mais, dans l’univers de la musique, du chant lyrique et du grandiose, rien n’égale le côté monumental de ces chanteurs qui, s’inscrivant dans une longue succession de siècles, montent sur les planches pour couvrir de leur organe les plaintes d’un orchestre symphonique – rien que ça !

Cette incroyable vigueur, si elle n’était qu’une prouesse physique de type sportif, aurait de quoi nous ébahir. Mais c’est bien plus que cela : un art à part entière, où des mélodies impossibles à fredonner pour le profane ou le néophyte viennent charmer les oreilles des auditeurs mélomanes.

Jeunes gens, nous avons pris plaisir à caricaturer l’opéra-bouffe, un peu à la façon d’Omar Sy dans Intouchables, s’étonnant de voir un arbre chanter… en allemand.

Oui, même en français on ne comprend pas grand-chose aux parties chantées de Carmen, ce qui vaut aussi pour les parlers dès lors que les interprètes sont étrangers… Et les Italiens en diraient autant pour les Giuseppe Verdi et Puccini composés dans leur langue.

Pourtant, il faut bien avouer qu’il s’agit d’un art total, pour le moins fascinant. Qui ne rêverait d’avoir un instrument vocal aussi formidable et élégant que le timbre d’un Luciano Pavarotti ou d’un Roberto Alagna ?

Voici, modestement, quelques pistes pour se mettre dans leurs pas…

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Les grandes étapes pour percer dans la tragédie lyrique

Nous pouvons d’ores et déjà récapituler en dix points les différents éléments qui doivent occuper votre esprit si vous voulez percer dans la musique baroque ou dans l’opéra classique.

L'opéra italien aussi bien que l'opéra-bouffe français n'existeraient pas sans le concours d'un orchestre symphonique. Le chant lyrique | La voix humaine pour nous faire vibrer et rendre les mêmes émotions que certains instruments à cordes, comme la triste mélancolie du violon ou alto | source : stocksnap.io

  1. Exercez votre oreille (connaissez les chefs-d’œuvre de Haydn, Mendelssohn, Rachmaninov, Schumann, Bellini, Mahler, Britten, Brahms, Offenbach, Beethoven, Rameau, Franz Schubert, Haendel, Gluck, Debussy, Gounod, Strauss, Vivaldi, Massenet…).
  2. Apprenez à chanter juste grâce à des vidéos et à un prof particulier (en parallèle, solfège et instrument de musique vous seront un renfort non négligeable).
  3. Familiarisez-vous avec l’italien, mais aussi avec l’allemand, l’anglais et l’espagnol pour pouvoir lire n’importe quel livret d’opéra.
  4. L’âge venu, déterminez votre tessiture et travaillez à grappiller quelques notes grâce à du coaching vocal, en vous enregistrant régulièrement.
  5. Passez des concours et intégrez un conservatoire ou un chœur-école.
  6. Ne vous cessez jamais de vous entraîner, mais sans aller jusqu’à l’épuisement de votre pharynx ou de votre glotte (si vous fumez, arrêtez tout de suite !).
  7. Développez avec un maître toutes les subtilités du chant lyrique (vibrato, trille, vocalises, legato…) et apprenez à chanter accompagné d’un orchestre philharmonique ou à deux voix.
  8. Ne négligez pas l’importance du jeu scénique et de votre mise physique.
  9. Ne manquez pas vos premières productions en public.
  10. Soyez persévérant, mais sachez vous ménager une voie de secours.

Obtenir une voix puissante

Ce qui différencie le chanteur à micro de la diva, c’est la puissance de la voix.

Pour faire bref, disons qu’il n’y a pas photo entre les chuchotements de Carla Bruni et les vocalises de Nathalie Dessay, dans Così fan tutte par exemple…

La première caractéristique de cette puissance est la qualité de la respiration, et d’elle dépend la force des tonalités émises par les cordes vocales.

Une cage thoracique agile fait déjà la moitié du grand chanteur…

Le souffle doit être travaillé lorsque l’on chante, exactement comme pour certains coureurs sportifs qui voudraient éviter les points de côté.

Un équilibre de pression doit être conservé au-dessus comme en dessous du larynx, pour apprendre à chanter fort sans effort.

Le débit d’air doit être régulier : il est facile de s’exercer en prenant un son unique, comme celui du sifflet, puis en passant à des exercices plus complexes.

Attention à ne pas trop forcer, sans quoi vous pourriez vous retrouver aphone ! C’est là une des grandes complexités et craintes des métiers de la voix : la perdre…

En fait, mentalement, il ne faut pas essayer de chanter fort, mais se dire qu’il faut être entendu de personnes qui seraient très loin : le déclic sera alors tout proche.

Les différents genres de voix lyrique

Un clavier de piano est partagé en plusieurs octaves, du plus grave vers les aigus.

On peut en dire autant des voix de femmes et d’hommes, classifiées en musique vocale en fonction de l’amplitude des notes qu’elles sont capables d’entonner.

Chez la femme, ce sont, des graves à l’aigu :

Soliste et choristes nous font vibrer par la cavité de leur phonation de la musique ancienne ou de la musique religieuse. Résonance instrumentale | Ne pas confondre clef de fa et de sol est un prérequis de la symphonie… | source : visualhunt.com

Côté masculin, nous trouverons :

  • basse ;
  • baryton ;
  • ténor (ou haute-contre) ;
  • contre-ténor.

Chacune de ces grandes catégories est elle-même, le plus souvent, subdivisée en sous-classes.

Pour compliquer le tout, certains compositeurs se sont en plus amusés à écrire des partitions particulièrement difficiles, à cheval sur ténor et baryton par exemple, histoire d’écrémer encore plus les prétendants possibles…

Rassurez-vous : si les ténors et les sopranos semblent jouir d’une aura toute particulière, il existe des rôles-titres pour tous les genres de voix !

Gagner des aigus (Messieurs) ou des graves (Mesdames)

Plus d’un Dictionnaire de la musique de jadis, comme l’histoire de Lucien Rebatet, est impitoyable avec certains interprètes ou compositeurs ne correspondant pas aux goûts personnels de l’auteur…

Autres temps, autres mœurs : notre époque semble beaucoup plus conciliante et bienveillante, mais, pour éviter couacs et canards, autant se donner les moyens de ne se produire qu’en virtuose, en abattant une à une les faiblesses de la technique vocale de sa voix.

Que dirait-on en effet d’un pianiste donnant un concerto de Berlioz à l’opéra de Paris en n’ayant jamais fait de gammes… ? Les tomates lui seraient assurées, et non une retransmission sur France Musique…

Ce qui différencie les ténors entre eux, c’est souvent leur ambitus : certains peuvent chanter plus de notes que d’autres, et par là même assumer davantage de rôles différents.

La règle veut que l’on maîtrise d’abord parfaitement les médiums avant de gagner des aigus (pour les hommes), en voix de fausset ou de tête d’abord, puis en voix de poitrine – laquelle est beaucoup plus puissante.

Cet élément illustre la longueur du travail à entreprendre avant de maîtriser les rôles principaux…

Mais tout vient à point à qui sait attendre : Le Barbier de SévilleLohengrin, Hamlet, Les Contes d’HoffmannLes Noces de Figaro, le Requiem et Le Trouvère finiront par vous ouvrir les bras !

Le parcours du chanteur lyrique professionnel

Le chant lyrique est avant tout une passion : on aime la musique, grâce à une oreille musicale peut-être absolue, puis on découvre avec joie les œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart (La Flûte enchantée par exemple, avec la formidable reine de la nuit), Bizet, Gaetano Donizetti, Richard Wagner, Rossini…

Le b.a.-ba, c’est d’apprendre à chanter juste, ce qui s’acquiert dès le plus jeune âge pour éviter d’avoir trop de lacunes à corriger par des exercices souvent difficiles et rébarbatifs – avis aux parents : ne tardez pas à inscrire vos enfants au solfège, au piano et à des cours de chant.

On trouve d’excellentes pièces pour les jeunes chez des Français tels que Poulenc et Saint-Saëns : autant en profiter.

Nous ne sommes cependant pas tous égaux devant la colorature que nous avons en chantant : tout le monde n’a pas une belle voix, ni le vibrato naturel permettant d’espérer un jour endosser un rôle-titre.

Pareillement, même en ayant un timbre de voix digne de ténors célèbres, il ne servira à rien de persévérer si l’on a pas le goût de bien chanter, en prenant par exemple plaisir au sein d’une chorale.

Afin de former vos connaissances, fréquentez les places fortes de l’opéra français : le théâtre du Capitole à Toulouse (où, il n’y a pas si longtemps, le public aussi connaisseur qu’exigeant sifflait le moindre à peu près), le théâtre du Châtelet, l’opéra Bastille, le théâtre des Champs-Élysées ou encore l’opéra national de Paris (palais Garnier).

Le voile du palais glottique fait acoustiquement la différence, même dans un banal récitatif à voix basse. Opera house | Jonas Kauffmann : chez Bizet, le ténor n’est pas toréador !

Des connaissances de musicologue seront un énième plus, de même que de compter parmi les instrumentistes : trombone, cor, trompette, hautbois, saxophone baryton, harpe, accordéon, clavecin, violoncelle, clarinette, contrebasse, etc.

L’idéal est de pouvoir dès son enfance ou, à défaut, son adolescence compter sur un professeur de chant incollable dans le domaine de la voix humaine.

La mue de la puberté peut être une rude épreuve, car terriblement déstabilisante : il faut réapprendre à placer sa voix, mais cette voix ne repart heureusement pas de zéro.

Ici, l’aide d’un coach vocal sera d’une grande aide. C’est à partir des 16 ans, et même plus tard pour les garçons, que se positionne la tessiture définitive.

L’apprentissage est extrêmement long et, comme le métier lui-même, il exige confiance en soi, sérieux, persévérance et endurance physique. Physiologiquement, les chanteurs sont en quelque sorte des sportifs de haut niveau.

Avec force travail, si la qualité est au rendez-vous, ce sera le moment de passer un ou plusieurs concours de chant pour intégrer une école prestigieuse, qui à Salzbourg, qui à la Scala, qui dans un conservatoire français de renom.

De premières productions modestes vous mettront peu à peu sur la voie du professionnalisme et la pratique de grands opus, comme plus d’un oratorio de Purcell, la Tétralogie de l’univers wagnérien ou La Damnation de Faust !

Puis les contrats pleuvront, les tournées en Europe et, qui sait, la célébrité internationale ?

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