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Pourquoi un professeur décide-t-il de démissionner de l’Éducation Nationale ?

Par Alexandre le 08/06/2016 Blog > Cours particuliers > Donner des Cours Particuliers > Les Raisons qui Peuvent Pousser un Professeur à Démissionner
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En 2014, l’institut de sondage IFOP dévoilait une étude plutôt préoccupante sur les professeurs.

Celle-ci affirmait en effet que plus de 68% des enseignants du secondaire avaient déjà envisagé de changer de métier.

Et pour être plus précis sur le sujet, on sait officieusement que près de 1000 lettres de démissions sont remises à l’Education Nationale chaque année. A cause d’un désir de reconversion professionnelle par exemple…

Ou pour d’autres raisons que nous avons choisi de vous exposer ici.

Au sein du corps enseignant, on choisit en effet de démissionner de la fonction publique pour un salaire trop bas, un quotidien stressant ou encore un manque de reconnaissance…

Démission Education Nationale : un salaire trop bas en cause ?

Combien gagne un professeur de l'éducation nationale ? Avec une grille de salaires peu évolutive, il est compréhensible que certains enseignants finissent par se tourner vers le privé.

Démissionner de l’Education Nationale n’est pas une décision que l’on prend du jour au lendemain.

Elle est en général nourrie de frustrations et surtout, d’une réflexion poussée depuis plusieurs mois ou années. Ce métier qui au départ provient d’une véritable vocation pour tous, peut progressivement devenir un obstacle. Pour différentes raisons.

D’ailleurs, l’une de ces raisons est financière. Ce n’est un secret pour personne, mais travailler comme professeur pour l’Education Nationale ne promet pas richesse et opulence. C’est un métier digne qui permet à chaque enseignant de faire partie de ce cercle de l’éducation.

Travailler comme professeur, c’est avant tout lancer des jeunes sur le chemin de la vie et vers leurs futurs métiers.

L’importance de la profession n’est plus à faire donc. Mais le salaire peut un jour en freiner plus d’un et donner l’envie de démissionner de la fonction publique.

Il faut savoir qu’avant de se dire « Je veux démissionner », les professeurs sont soumis à un barème de salaire bien précis. Une grille tarifaire qui n’évolue que selon deux critères.

Le statut du professeur tout d’abord :

  • Première les professeurs des écoles, s’occupant d’enfants âgés de 2 à 11 ans. Soit de la maternelle à la primaire.
  • Puis les professeurs certifiés. Nous les retrouvons dans les classes du collège et du lycée. Ceux-ci possèdent un CAPES (enseignements généraux) ou CAPET (techniques).
  • Et enfin, les professeurs agrégés, que l’on retrouve dans les lycées, classes préparatoires et BTS.

Par ailleurs, comme vous le savez certainement, le salaire d’un professeur est aussi régit selon son ancienneté au sein de l’Education Nationale. Selon ces différents paramètres, voici donc la grille tarifaire (en net) pour les professeurs des écoles :

  • 2 ans d’ancienneté : 1666€
  • 10 ans : entre 1805 et 1913€
  • 20 ans : entre 2365 et 2543€
  • 30 ans : entre 2543 et 3026€

Pour professeurs certifiés :

  • 2 ans d’ancienneté : 1666€
  • 10 ans : entre 1805 et 1913€
  • 20 ans : entre 2365 et 2543€
  • 30 ans : entre 2543 et 3026€

Pour professeurs agrégés :

  • 2 ans d’ancienneté : 2032€
  • 10 ans : entre 2292 et 2384€
  • 20 ans : entre 3026 et 3173€
  • 30 ans : entre 3173 et 3722€

Comme on peut le constater, entre un professeur des écoles et un professeur certifié, le salaire suit la même évolution au fil des années. Ce qui, chez certains professionnels de l’enseignement, peut provoquer des frustrations. Ainsi qu’une envie de démissionner. Par ailleurs, au vu de l’importance des professeurs au sein de la société, et la dureté du travail parfois, certains considéreront également que les salaires sont trop bas.

Ils le sont également lorsqu’on les met en perspective avec le coût de la vie aujourd’hui en France.

Autant de raison donc de vouloir démissionner de l’Education Nationale malheureusement. Et quid des primes de départ de professeurs ?

Un manque de reconnaissance professionnelle

Comment rédiger une lettre de démission ? Certains profs ne connaissent malheureusement jamais l’ivresse de la reconnaissance…

L’envie de démissionner de la Fonction Publique peut aussi provenir d’un sentiment de manque de reconnaissance.

Pour certaines personnes, la reconnaissance ne signifie rien. Ceux-ci travaillent avant tout pour eux et pour leurs proches. Pour d’autres en revanche, la reconnaissance est essentielle… Quelle qu’elle soit d’ailleurs. Un enseignant, à l’origine, nourrit une véritable passion pour sa matière. Les maths, l’anglais, l’histoire, la philosophie… Vient ensuite le désir de transmettre cette matière aux prochaines générations d’élèves.

Malheureusement, après la vocation, celle qui transcende durant les études, vient parfois la déception de ne pas rencontrer la pleine attention de ses classes. Le professeur peut alors se sentir trahi par un certain manque de reconnaissance. D’où cette démarche pour démissionner.

Cette envie de démissionner de l’Education Nationale peut sans aucun doute provenir aussi d’un manque de reconnaissance de la fonction publique elle-même. Et cela, il est vrai que les professeurs en parlent souvent. Nous ne parlons pas ici de récompense, de médaille, etc. Mais plutôt des moyens mis à leur disposition. Certains enseignent dans des écoles délabrées, vétustes et dont les bâtiments datent de plusieurs décennies.

D’autres aimeraient que l’Etat mette à leur disposition un budget plus important pour le matériel.

Un matériel qui serait en adéquation avec les outils 2.0 avec lesquels les élèves ont l’habitude de travailler. Malheureusement, la matériel demeure lui aussi vétuste dans certains établissements. Le corps enseignant a beau déployer des trésors d’imagination, si le matériel ne suit pas, la motivation peut chuter à un moment.

Enfin, nous en parlions plus haut, mais il est tout à fait compréhensible qu’un prof, à un moment de sa carrière au sein de l’école française, se dise « je veux démissionner » quand le salaire ne suit pas.

Vous avez compris désormais comment la grille tarifaire fonctionne.

Cela signifie donc que pendant plusieurs années passées dans la fonction publique, la rémunération n’augmentera pas ou quasiment.

Une véritable frustration lorsque d’autres personnes, dans le privé, voient leur salaire régulièrement augmenter. Car la reconnaissance d’un bon travail passe aussi par là. Un employé payé à sa juste valeur, et même plus encore, ressentira toujours cette envie de prouver qu’il est à la hauteur de sa rémunération.

En revanche, un professeur sous-payé pourra perdre en motivation avec le temps. Jusqu’à, pourquoi pas, avoir envie de démissionner de son emploi.

Une profession trop stressante, qui pousse à la démission ?

Dans une société en mouvement, de nombreux corps de métier sont soumis au stress aujourd’hui.

La numérisation et la modernisation de notre environnement socio-professionnel provoque des changements indispensables de nos habitudes de vie.

Comment réduire le stress au travail ? Le stress est évidemment l’une des raisons qui poussent près d’un millier de professeurs à se reconvertir tous les ans.

Nos professions n’y échappent pas non plus. Un grand nombre de métiers ont exigé de la part de leurs acteurs, des changements dans la façon de travailler. Plus en face avec l’économie actuelle et cette société hyperconnectée. C’est ainsi que beaucoup d’entre nous se retrouvent soumis au stress.

Mais le métier d’enseignant demeure malgré tout un symbole (malheureux) du stress au travail. Au point, bien évidemment, de se dire parfois : « Comment démissionner de l’Education Nationale ? ». Un stress quotidien provoqué par plusieurs choses. Des élèves de plus en plus violents dans leurs paroles et leurs actes par exemple. Mais aussi un manque de soutien matériel et financier de l’Education Nationale elle-même.

Les facteurs sont multiples.

Et pour étayer cette triste thèse du stress du corps enseignant, plongeons-nous dans quelques études. Comme celle menée par le Syndicat des Enseignant du Second degré (SNES) en 2002 : 67% des professeurs estimaient alors que le stress au travail était plus important pour eux que pour d’autres professions.

Entre 2008 et 2011, un rapport a conclu que 47% des enseignants souffraient d’épuisement émotionnel et 56% de dépersonnalisation (détérioration de la relation avec les élèves).

Face à de tels niveaux de stress au travail, voire même de troubles psychologiques, mieux vaut parfois céder à son envie de démissionner. Pour, pourquoi pas, préparer sa reconversion dans l’enseignement et devenir professeur particulier ?

Je veux démissionner par manque de mobilité

Comment fonctionne le système de mutation des professeurs ? Quitter sa province tranquille pour se retrouver dans des écoles difficiles peut évidemment démotiver…

C’est un autre problème bien connu des professeurs, et notamment des plus jeunes.

Prenons un exemple au hasard. Après avoir vécu toute sa vie dans le sud de la France, la belle vie en somme, un jeune enseignant qui vient de terminer ses études peut tout à fait se voir réquisitionner par l’Académie de Créteil. En région parisienne.

Parfois (souvent) pour travailler en ZEP. Non pas qu’une telle mission ne soit pas honorable, au contraire. Mais disons que le changement d’ambiance, pour ce profil de prof, est parfois très dur à digérer ! Et si nous ajoutons à cela une vie de famille déjà établie dans cette partie de la France… Il se peut en effet que le professeur doive laisser sa moitié à l’autre bout de la France, pour venir travailler à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile.

La pilule est parfois difficile à avaler. Au point d’abandonner avant même d’avoir essayé. Ou de chercher à démissionner de la fonction publique après quelques mois ou années passées en région parisienne.

Il faut par ailleurs savoir qu’il est très difficile d’obtenir une mutation entre académies. Le système de mutation des professeurs de l’Education Nationale est un système de points. Ainsi, les postes les plus demandés, au soleil et dans des écoles à succès, exigent un maximum de points. Points que l’on acquiert qu’avec l’ancienneté et au sein de ZEP ou écoles difficiles.

C’est aussi pour cela que l’on voit majoritairement des enseignants séniors dans les collèges et lycées des plus belles villes de France.

Bref, un système un peu décourageant pour certaines personnes. La solution pour s’en sortir est donc double :

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Alexandre
Amoureux des langues, j'aime baigner dans les langages français, anglais et espagnols. Par le voyage, le cinéma, la culture ou les rencontres.

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