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Précisions linguistiques sur le monde arabo-musulman

De Samuel, publié le 22/02/2017 Blog > Langues > Arabe > Les Questions Fréquentes Sur La Langue Arabe

Une enquête OpinionWay réalisée en octobre 2015 révèle que pour 97 % des parents d’élèves interrogé(e)s, la maîtrise d’une langue étrangère est un atout dans la vie professionnelle ainsi qu’une chance.

Apprendre la langue arabe, la culture des pays arabes, l’alphabet arabe et sa construction grammaticale, la richesse de la civilisation islamique ou encore apprendre l’arabe littéraire et l’arabe dialectal, constituent un atout majeur parmi les locuteurs d’autres langues vivantes.

Et oui !

Avec plus de 350 millions d’arabophones natifs ou locuteurs en langue seconde dans tout le Monde Arabe, savoir parler arabe et écrire en arabe sont désormais autant utiles que l’anglais ou l’espagnol.

Cependant, de nombreux préjugés rôdent autour de la langue arabe et l’on méconnaît bien souvent les coulisses de cet idiome qui exalte les passions et magnifie les sentiments, que ceux-ci évoquent l’attraction, l’adoration et la fascination ou le dégoût, le rejet, voire l’allergie et la révulsion viscérales.

Empreinte de religion musulmane, la langue arabe peut en effet attirer ou repousser.

Toujours est-il que beaucoup de choses restent méconnues du grand public.

Superprof s’est intéressé à quatre grandes questions que l’on se pose souvent sur la langue arabe.

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Pourquoi l’arabe est-elle la plus belle langue du monde ?

Tout d’abord, l’arabe est pour ses adorateurs LA plus belle langue du monde.

Pour ne pas contrarier les locuteurs des autres langues du monde, nuançons quelque peu : c’est l’une des plus belles langues du monde.

La boisson fétiche des peuples arabo-musulmans ! De nombreuses personnes n’aiment pas les Arabes et boivent pourtant du café tous les jours…

C’est un idiome d’érudition, qui a inventé de nombreuses choses dans toutes les disciplines artistiques et scientifiques :

  • Médecine,
  • Mathématiques : les Arabes améliorent l’algèbre, la géométrie. Ils traduisirent d’ailleurs les manuels d’Aristote, d’Archimède, Pythagore et Thalès,
  • Physique,
  • Astronomie,
  • Architecture,
  • Histoire et Géographie,
  • Droit et jurisprudence,
  • Philosophie,
  • Dessin et peinture,
  • Poésie et littérature, etc.

La belle langue arabe est une langue sémitique qui, apparue dès le second siècle de notre ère, s’est affichée par l’art poétique et littéraire.

La littérature fut pour les Berbères et les Arabes un véhicule de propagation de langue et culture arabe.

Par la poésie arabe et la chanson, les auteurs vantaient les louanges des religions polythéistes préislamiques en employant deux genres récurrents de versification dans cette langue à tradition orale : le lyrisme et la description.

La poésie arabe s’efface ensuite peu à peu après l’hégire et l’hégémonie du prophète Mahomet, qui devient la figure centrale de la littérature arabe, par l’entremise du livre sacré, le Saint Coran.

Les Arabes avaient des connaissances d’une société très avancée pour l’époque.

Les illustres penseurs et artistes Arabes et Persans sont en effet nombreux :

  • Al Farabi (872-950),
  • Abu Al-Qasim (940-1013),
  • Avicenne (980-1037),
  • Ibn Hazm (994-1064),
  • El Ghazali (1058-1111),
  • Averroès (1126-1198),
  • Ibn Khaldoun (1332-1406),
  • Ahmad Amine (1886-1954),
  • Abbas Mahmoud Al Akkad (1889-1964),
  • Naguib Mahfouz (1911-2006), et tant d’autres.

La calligraphie arabe tient elle aussi une part importante dans l’écriture arabe : art d’écrire correctement la langue, la technique calligraphique serait l’art arabe le plus noble.

Elle met en lumière la civilisation islamique. Elle permet d’écrire les versets du Saint Coran et faire des éloges panégyriques à la gloire d’Allah, de Mahomet, du Salut, de la liturgie islamique.

Apprendre la calligraphie arabe donne à l’apprenant un « coup de patte » graphique, l’attention portée aux belles courbes et aux formes arrondies apporte une recherche stylistique à l’écriture arabe.

De surcroît, cela permet d’apprendre l’alphabet arabe – les 27 lettres arabes et la hamza, les 117 formes de lettres selon leur position dans les mots arabes (forme isolée, initiale, médiane ou finale) – et de porter un regard sur une langue d’une grande richesse linguistique :

  • Plus de 60 000 mots de vocabulaire,
  • 6 000 racines verbales d’où dérivent les adjectifs,
  • Des quantités inestimables de circonlocutions (synonymes) différentes.

On a encore des lecteurs ? Intéressons-nous maintenant à l’alphabet arabe…

Pourquoi l’arabe s’écrit-il de droite à gauche ?

Pourquoi les Arabes écrivent de droite à gauche et nous, locuteurs de langues indo-européennes, dans un sens inverse ?

Les raisons du sens de lecture des mots arabes. L’écriture arabe résulte en partie de l’Histoire égyptienne.

Rien ne se fait au hasard.

Le sens de l’écriture arabe se comprend par l’Histoire des civilisations antiques.

Né en Mésopotamie durant l’Antiquité au 4ème millénaire avant notre ère, le premier système d’écriture fut inventé sous forme de caractères cunéiformes (au Moyen-Orient) et de hiéroglyphes (en Égypte antique), vers – 3500.

En traversant les âges, de vastes empires consolident leurs frontières et uniformisent leur système de communication orale en créant l’alphabet protosinaïtique vers 1400 avant J-C, dont les premières traces furent découvertes sur une dague à Lakish, en Israël actuel.

Cette alphabet, réplique des hiéroglyphes égyptiens, comportait 23 signes se lisant déjà de droite vers la gauche.

Au 10ème siècle, l’empire Phénicien – vaste empire d’origine Libanaise ayant dominé le bassin méditerranéen pendant près de 1000 ans avant J-C -, répandent le cananéen à travers toute la Méditerranée.

Ils traduisent les phonèmes et les consonnes de leur système d’expression orale en une écriture alphabétique de 22 lettres, dans un sens d’écriture de droite à gauche.

Ce système d’écriture à racines trilitères consonantiques, donnera naissance à tous les autres alphabets connus des langues sémitiques : l’akkadien, le syriaque, l’araméen, l’arabe et l’hébreu, puis se forment le grec et le latin.

L’on ne refera pas toute l’histoire de l’écriture, mais l’on rappellera seulement que le phénicien donne naissance à l’alphabet araméen, la langue maternelle usitée par Jésus Christ, qui dérive sur l’alphabet arabe au second siècle de notre ère.

On sait que l’arabe s’écrit de droite à gauche par héritage linguistique des Araméens.

Ce que l’on sait moins, c’est POURQUOI les peuples de la péninsule arabique se mirent à écrire à partir de la droite.

L’on ne dispose que d’une succession d’hypothèses sur le sens de l’écriture arabe :

  • Le type de matériau employé sous l’Antiquité (roseau, pierre, calame, etc.),
  • La main directrice pour tailler la pierre (il y aurait eu plus de droitiers que de gauchers depuis toujours),
  • Le sens de déroulement des documents en Égypte antique : les scribes Égyptiens eurent déroulé les papyrus de la main gauche pour lire et écrire vers la gauche,
  • Un sens d’écriture imitant celui des anciens, parce que chaque civilisation utilise les savoir-faire de leurs aïeuls.

Une question pour en savoir plus : pourquoi est-ce que nous écrivons de gauche à droite ?

Pourquoi l’arabe est-il important pour la civilisation islamique ?

La civilisation islamique a laissé son lexique en quittant l'Europe. Le Coran condamne la consommation d’alcool. Pourtant, alcool et alambic proviennent de la langue arabe !

On le sait, l’arabe est la langue du Coran.

La langue arabe est aussi un enjeu civilisationnel pour nombre de locuteurs.

D’une part, cet idiome représente l’identité de 220 millions de natifs des pays Arabes dont c’est la langue maternelle.

D’autre part, 40 millions d’arabophones dans le monde sont expatriés.

Rien qu’en France, il y aurait 3,5 millions de personnes d’origine maghrébine depuis deux générations selon une étude de l’INSEE (chiffres de 2008).

Ce chiffre représente 5,7 % de la population française : ce n’est pas énorme ! Mais c’est ce qui fait de la langue arabe la seconde langue la plus usitée en France.

A titre d’anecdote, Jean-Luc Mélenchon, candidat aux élections présidentielles de 2017, déclarait en 2013, lors d’un voyage en Tunisie : « On a une langue en commun, deux ! D’abord, la langue française qui est très répandue, comme vous le savez [dans le monde arabe]. Et puis la deuxième, c’est l’arabe. Parce qu’il y a aussi beaucoup de Français qui parlent arabe. »

Une courte histoire de la naissance de l’islam montre à quel point apprendre à lire l’arabe et à parler arabe sont fondamentaux pour que tout musulman puisse comprendre le Coran.

En effet, le Livre sacré de l’islam – le Saint Coran – est intégralement écrit en langue arabe. Bien qu’il ait été traduit dans diverses langages, c’est la langue de la religion musulmane.

Et ce fut par la diffusion du Coran par Mahomet et ses successeurs que l’arabe devint la langue de l’islam, d’importance cruciale pour la civilisation islamique même encore aujourd’hui.

La langue d’Ismaël est par ailleurs un idiome très influent dans le Monde musulman et arabe et dans le reste du monde.

ATTENTION : Rappelons, puisque nous parlons de religion, qu’il faut distinguer Arabe et musulman :

  • Les Arabes sont un peuple, dont la majorité a l’islam pour religion,
  • Mais il existe des Arabes chrétiens et des Arabes juifs,
  • Il y a aussi des musulmans non Arabes (Turcs, Persans (Iraniens), Indonésiens, Pakistanais, etc.).

Seuls 20 % des musulmans sur la planète sont Arabes !

Langue officielle de vingt-deux pays de la Ligue Arabe – bien qu’elle soit quelque peu marginalisée – elle pourrait être une arme stratégique, économique et diplomatique dans les relations internationales et intergouvernementales.

La langue arabe est aussi une des langues officielles des institutions internationales comme l’Organisation des Nations Unies, l’Organisation de la coopération islamique, l’Union du Maghreb Arabe et l’Union africaine.

Une chose est sûre : la civilisation islamique a tellement imprégné notre « vieux continent », que nos langages courants comportent une grande quantité de mots arabes, jusqu’à 270 mots français d’origine arabo-musulmane tous azimuts :

  • Amiral,
  • Aubergine,
  • Azimut,
  • Azur,
  • Barbacane,
  • Benzène,
  • Bougie,
  • Calibre,
  • Café,
  • Camphre,
  • Douane,
  • Fardeau,
  • Épinards,
  • Fennec,
  • Gazelle,
  • Momie,
  • Nuque,
  • Raquette,
  • Sirop,
  • Tasse,
  • Zénith.

Pourquoi Allah a-t-il choisi la langue arabe ?

Alors là ! C’est un mystère ! Il existe Allah ?

D’abord, Allah est une divinité qui, dans la religion musulmane, n’a pas d’image et surpasse l’humain. C’est même son créateur devant lequel il doit se soumettre, se subjuguer (islam, en arabe, signifie la soumission).

La cour intérieure des bâtiments islamiques : un lieu de rassemblement. Au Caire, de nombreux fidèles viennent tous les jours honorer Allah sous les arcades.

En langue arabe, l’écriture de Dieu se compose de l’article « al » – ال -, qui signifie « le », et du mot arabe « ilâh » – إِلَاه -, signifiant dieu.

Le Coran rappelle la stricte unicité du dieu musulman, la suprématie du monothéisme (le Tawid) mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Au risque d’en fâcher quelques-uns, le terme ne se rattache pas qu’à l’islam : il fut employé par les Akkadiens (par « Ilu »), les Arabes chrétiens (par « Allaha »), les Arabes polythéistes préislamiques et par les juifs (par « Elohim »).

Il n’y a donc pas UN dieu par religion, mais une racine sémitique commune aux divinités islamique, hébraïque, et chrétienne !

Surprenant, non ?

On dit qu’Allah a choisit la langue arabe pour faire raisonner les croyants et les fidèles. Traditions et légendes n’engagent que ceux qui y croient.

Si l’on prend une maxime de Achafi’i (772-826), un célèbre penseur musulman :  

« La langue qu’Allah a choisie est la langue arabe. Il a fait descendre son précieux livre (le Coran) en arabe, et en a fait la langue du dernier des prophètes. Et pour cela, on dit qu’il est du devoir de chacun capable d’apprendre l’arabe de l’apprendre, car elle est la première langue ».

C’est sans doute donc parce que le prophète Mahomet était lui-même d’origine Arabe et arabophone que le Coran fut rédigé en langue arabe.

Cela d’une part pour réunir tous les musulmans de la péninsule arabique autour d’un même chef spirituel – Allah – et pour que tous puissent comprendre la parole de Mahomet.

D’autre part, il était nécessaire à l’époque de faire se convertir les polythéistes qui vénéraient des dieux associés à Allah. C’est par ce médium de prosélytisme que la langue arabe a servi de véhicule d’expansion de l’islam.

Apprendre la langue arabe pour comprendre le Coran est alors une étape clé de la formation islamique.

Les cours de langue et d’arabe coranique – un arabe littéraire classique – vont former les apprenants à la science du Coran mais aussi à la grammaire arabe, au vocabulaire arabe.

Tout ce qu’il faut pour pratiquer l’islam !

Ils découvriront que l’arabe ne comporte que quatre voyelles (A, E, I et U) et 24 consonnes et qu’avec 3 consonnes, on fabrique un verbe et plusieurs adjectifs !

Finalement l’arabe, c’est facile !

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