Le magazine qui aime les profs, les élèves, les cours particuliers et le partage de connaissances

L’enjeu des cours de soutien pour les élèves asiatiques !

Par Matthieu le 30/12/2016 Blog > Cours particuliers > Soutien scolaire > Asie : l’Omniprésence du Soutien Scolaire dans la Réussite des Enfants
Table des matières

Japon, Singapour, Corée du Sud.

3 pays asiatiques, pour ne citer qu’eux, sont parmi les meilleurs au monde pour le niveau académique de leurs enfants.

Mais quels sont les facteurs qui expliquent une telle réussite ?

Quelle place occupe le soutien scolaire dans ce constat d’excellence ? 

Superprof vous explique le rôle important joué par les cours de soutien dans le modèle d’éducation asiatique…

L’Asie : le culte de la performance et des cours de soutien scolaire

Le programme PISA (Program for International Student Assessment) est un programme international de suivi des acquis des élèves sous l’égide de l’OCDE, visant à mesurer les performances des systèmes éducatifs des pays membres et non-membres.

Chaque année, depuis l’année 2000, un classement des principales nations est établi.

La dernière enquête, menée en 2015, a été publiée le 6 décembre 2016 et donne le classement des différents pays, sur 3 champs éducatifs : les mathématiques, la lecture et les sciences. Voici les palmarès :

  • En mathématiques, Singapour occupe la première place avec 564 points, devant Hong-Kong (548 points) et Macao (544 points),
  • En sciences, nouvelle médaille d’or pour Singapour (556 points) devant le Japon (538 points) et l’Estonie (534 points),
  • Enfin, en lecture, hat trick pour Singapour qui décroche la palme avec 535 points, devant Hong-Kong, de nouveau, ex-aequo avec le Canada (527 points). La Finlande est 4e.

A titre informatif, la France est respectivement 26e sur les 2 premières matières et 19e sur la lecture. Pas de quoi pérorer.

Si on regarde de plus près les classements, on constate que le Japon, comme la Corée du Sud, est toujours dans le Top 10 des meilleures nations (hormis sur les sciences où la Corée est 11e).

Qu’est ce qui explique de telles performances ?

Si on creuse un peu plus, on se rend compte que le soutien scolaire, sous toutes ses formes : cours de soutien, soutien scolaire à domicile, cours particuliers, aide aux devoirs,…est un facteur clé de la réussite scolaire dans les pays asiatiques.

Au prix souvent d’efforts acharnés et de bien des sacrifices, humains et financiers, vous le verrez plus loin dans l’article…

Le Japon, un ralentissement du soutien scolaire et des cours particuliers à domicile ?

Comment les Japonais ont ils acquis cette réputation de travailler très dur ? En apprenant dès leur plus jeune âge ! L’aide aux devoirs a toujours été un marché très développé au Japon, dans les « juku ».

Au pays du soleil levant, les « Juku » sont des entreprises privées assurant des cours de soutien scolaire (remise à niveau) ou de perfectionnement pour les élèves souhaitant préparer de manière optimale les examens d’entrée à l’université.

D’après l’article intitulé « Soutien Scolaire et concours d’entrée dans les collèges privés au Japon », le marché du soutien scolaire au Japon s’est fortement développé durant les années 1980, puis a légèrement baissé depuis 2002.

« L’industrie du soutien scolaire, dont le chiffre d’affaires était estimé en 2011 à 899 milliards de yens, soit environ 8,6 milliards d’euros, est toutefois particulièrement disparate et regroupe des établissements de tailles très variées, allant de l’entreprise individuelle accueillant quelques élèves, aux franchises de juku regroupant plusieurs dizaines de milliers d’élèves. »

La majorité des enfants et des adolescents japonais suivent aujourd’hui une double scolarité :

  1. dans les établissements publics agréés par le Ministère de l’Education
  2. et dans les juku, où ils vont approfondir leurs connaissances et notamment préparer les concours d’entrée aux collèges privés.

Cette voie reste privilégiée pour accéder ensuite aux meilleurs lycées, puis aux meilleures universités du pays !

Singapour, le champion des cours privés

Le constat est édifiant.

A Singapour, plus de 90 % des élèves scolarisés en école primaire suivent des cours de soutien scolaire et autres cours particuliers.

Dans ce pays de seulement 5,5 millions d’habitants, il est estimé que les parents dépensent près de 680 millions de dollars pour assurer des cours de soutien scolaire à leur progéniture !

D’autres sources estiment que le marché des cours particuliers pèse plus d’un milliard de dollars par an.

Si on compare ce chiffre à celui du Japon, rapporté à la population du pays, on peut affirmer que le marché du cours particulier pèse deux fois plus lourd à Singapour qu’au Japon.

Pourquoi ne pas réduire le nombre d'heures obligatoires à l'école publique ? Les étudiants coréens étudient 15 h par jour, entre cours « classiques » et cours de soutien dans les « hagwons ».

Conséquence de cet accompagnement scolaire intensif : la première place dans les 3 catégories examinées au concours PISA, faisant de Singapour le pays le mieux éduqué au monde selon l’OCDE (voir ci-dessus) !

L’un des examens les plus importants du pays est le PSLE (Primary School Leaving Examination), qui se passe à l’âge de 12 ans. Plus que le taux de réussite, obtenir un score élevé à ce test est indispensable pour accéder aux meilleures écoles du pays, notamment la formule « express stream » qui permettra de réaliser le programme secondaire en 3 ans au lieu de 4, assurant au passage une belle économie financière pour les parents.

Citons l’anecdote d’Antony Folk, professeur d’économie dans une école publique singapourienne qui a quitté l’enseignement classique pour fonder sa propre structure de cours particuliers, en raison du succès de ces derniers.

Certains parents sont aujourd’hui prêts à débourser jusqu’à $30,000 pour obtenir Antony Folk comme professeur particulier !

D’autres profs ont suivi cette voie très lucrative ouverte par Antony Folk et il existe ainsi des professeurs de soutien scolaire qui sont devenus aujourd’hui millionnaires !

Une omniprésence des cours à domicile et en groupe donc, comme ce que l’on peut retrouver avec le soutien scolaire en Europe ou soutien scolaire en Amérique du Nord.

Cours privés en Corée du Sud : la folie des hagwons

La Corée du Sud est un exemple frappant de l’importance de la réussite scolaire…

64 % des jeunes gens âgés de 25-34 ans avaient un diplôme universitaire en poche en 2015, contre 39 % en moyenne dans les autres pays de l’OCDE selon cet article des Echos.

Chaque année, le deuxième jeudi de la semaine de novembre plus précisément, le pays s’arrête littéralement de respirer. Il s’agit en effet du jour le plus important pour plus de 600 000 lycéens coréens qui passent le « suneung », l’équivalent du bac français, sésame indispensable pour intégrer l’une des trois universités les plus prestigieuses du pays :

  • Séoul,
  • Corée
  • ou Yonsei.

Durant l’épreuve de langue, qui nécessite l’écoute d’un enregistrement, le gouvernement oblige même les avions à rester au sol afin de ne pas gêner l’écoute des jeunes tête brunes !

Pour réussir à cette épreuve notée sur 500, un rythme infernal est imposé à l’école et une compétition féroce s’installe entre les étudiants.

« Une quinzaine d’heures d’études quotidiennes, entre cursus normal et leçons dans les souvent onéreux « hagwons », ces cours du soir devenus passage quasi obligé vers le succès », explique cet article en ligne du journal Le Monde.

Pourquoi ne pas intégrer aussi des activités sportives en plus des cours particuliers ? La fatigue chronique touche de nombreux élèves sud-coréens, la faute à des rythmes scolaires infernaux.

Ces instituts privés prennent en charge 80 % des enfants coréens, depuis la maternelle jusqu’à l’université.

Le marché des cours particuliers de soutien scolaire a récemment été évalué par le ministère sud-coréen de l’Education Nationale à 13 milliards d’euros.

Dès la fin des cours à l’école publique (généralement 14h), les « mamans hélicoptères » transportent leurs enfants d’institut de cours particuliers à un autre, réputé pour son expertise dans telle ou telle matière scolaire.

Le gouvernement a même été obligé de légiférer et d’interdire les cours de soutien scolaire après 22h, pour éviter que les enfants scolarisés en primaire n’étudient jusqu’à minuit.

« Des parents et des écoles ont saisi la Cour constitutionnelle criant à la violation des droits à l’éducation. Ils ont perdu », précise encore l’article du Monde.

Des cours de soutien scolaire très onéreux

De nombreuses familles sont obligées de consentir des efforts financiers importants pour les cours de soutien scolaire, cours à domicile et autres cours particuliers.

Plusieurs centaines d’euros par mois par élève et des budgets de près de 1 000 € pour certaines familles nombreuses et aisées.

L’OCDE estime ainsi que les ménages japonais ont dépensé près de 12 milliards de dollars en « juku », le nom donné aux cours privés !

« Dans la seule cité de Hong Kong, ce volume atteignait 255 millions de dollars. D’autres records sont battus à Singapour, où les mères d’origine chinoise, baptisées « Tiger Mom », cultivent une obsession des performances académiques », précise encore l’article du Monde !

Rappelons qu’en France, à titre de comparaison, les cours particuliers avec un prof à domicile vous permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt de 50 %. De quoi envisager déjà plus sereinement une éventuelle remise à niveau…

Excellence scolaire asiatique : le revers de la médaille

La compétition entre les élèves pour parvenir à intégrer les meilleurs lycées ou universités pose parfois de sérieux problèmes :

  • Fatigue chronique pour les élèves sud-coréens en raison de trop nombreuses heures d’études,
  • Délaissement d’activités de loisirs comme le sport ou d’autres activités sociales, pourtant indispensables au bon développement psychique,
  • Sentiment d’isolement,
  • Anxiété,…

La course aux bonnes notes paie un lourd tribu.

Pourquoi ne pas créer une cellule de soutien psychologique obligatoire dans les cursus scolaires asiatiques ? Le modèle d’éducation asiatique fait-il courir un risque à ses jeunes ?

Un article publié sur le site lactualite.com affirme qu’une « étude universitaire sud-coréenne révèle que ses adolescents sont les plus malheureux de tous ceux des pays de l’OCDE. Pas moins de un sur cinq dit d’ailleurs avoir déjà songé au suicide, qui, depuis 2011, est la principale cause de décès chez les jeunes — il est presque deux fois plus meurtrier que les accidents de la route et quatre fois plus fatal que les cancers. »

Le 21 octobre 20106, un jeune garçon singapourien de 11 ans s’est suicidé après avoir raté ses examens, en se jetant du 17e étage de son immeuble.

Un drame qui pourrait se reproduire si les pouvoirs publics ne prennent pas à bras-le-corps le problème du surmenage de ses élèves.

Découvrez le phénomène quasi inverse à propos du soutien scolaire en Afrique et du soutien scolaire en Amérique du Sud.

Nos précédents lecteurs ont apprécié cet article

Cet article vous a-t-il apporté les informations que vous cherchiez ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (moyenne de 5,00 sur 5 pour 1 votes)
Loading...
Matthieu
Journaliste spécialisé dans les sports d'endurance, je suis également passionné par l'automobile, la gastronomie et l'oenologie. J'aime découvrir, partager, rencontrer et transmettre ma passion à travers l'écriture !

Commentez cet article

avatar
wpDiscuz