Le magazine qui aime les profs, les élèves, les cours particuliers et le partage de connaissances

Comment Maitriser ses Gammes et l’Harmonie au Piano ?

Par Simon le 01/12/2015 Blog > Musique > Piano > Les Meilleurs Astuces pour Improviser au Piano
Table des matières

L’improvisation exerce son pouvoir de séduction sur tous les musiciens. Pouvoir se libérer du « carcan » des partitions pour laisser libre cours à sa créativité. Pouvoir exprimer des émotions personnelles à travers le piano.

Qui n’en a pas déjà rêvé ? Débuter le piano, c’est aussi savoir improviser !

La question centrale, en matière d’improvisation au piano, est celle du « comment ». Comment apprendre l’improvisation au piano ?

Oui, l’improvisation aussi est affaire d’apprentissage comme nous allons le voir.

Apprendre le piano et l’improvisation demande de l’entrainement !

L’improvisation au piano au cœur de la musique

L’improvisation est plus importante que la composition, sur un plan à la fois « logique » et « historique ».

Tous les compositeurs de morceaux de piano, et de musique en générale, sont avant tout des improvisateurs. Le développement de la musique jazz depuis plus d’un siècle rappelle cette essence de la musique comme résultat du jeu d’improvisation.

Mais l’improvisation est tout aussi importante dans la musique dite « classique ». Il faut d’abord se rappeler que le système de notation musicale actuel est relativement récent.

Il date de la fin du Moyen Age.

Lorsque la notation musicale n’était pas encore aussi développée et précise qu’elle ne l’est aujourd’hui, l’improvisation était par nécessité centrale dans le processus de création et de reproduction de la musique.

Comment apprendre l'improvisation au piano ?

Mais l’improvisation a perduré même après la fixation du système de notation musicale classique. Bach était un improvisateur avant d’être le compositeur que l’on connaît.

Dans certaines compositions de l’époque, une grande liberté était laissée à l’interprète, par l’intermédiaire de la technique de la basse continue et du chiffrage d’intervalles, puis d’accords. Vouloir s’initier à l’improvisation au piano, c’est en quelque sorte revenir aux sources vitales de la musique.

L’état d’esprit pour apprendre l’improvisation au piano

L’improvisation est le fruit d’une technique, d’une connaissance intime de la musique et de son langage. On y reviendra tout à l’heure en rappelant les bases de l’harmonie musicale. Impossible d’improviser sans connaître les bases de l’harmonie.

Mais, avant cela, il faut être conscient que l’improvisation renvoie d’abord à un état d’esprit. Pour être capable d’improviser, pour apprendre rapidement le piano, il faut d’abord travailler sur ce point, se « forger » un état d’esprit propice à l’improvisation.

Dans les faits, les pianistes doivent souvent faire face à de nombreux blocages psychologiques.

L’improvisation suppose une certaine confiance en soi. Improviser, c’est sortir des sentiers battus, de ses cours de piano détourner les yeux de la partition et exprimer des émotions personnelles et des sentiments parfois intimes qu’on n’ose pas extérioriser dans des cours de piano débutant.

Improviser, c’est sortir des sentiers battus, détourner les yeux de la partition et exprimer des émotions personnelles et des sentiments parfois intimes qu’on n’ose pas extérioriser. Osez l’improvisation !

Oser improviser est la première étape pour quiconque souhaite apprendre l’improvisation au piano. Ne pas avoir peur du ridicule et du regard des autres, surtout au début, se faire plaisir, suivre son instinct, se relaxer, se décrisper, bref se lâcher. Vous étonnerez votre prof de piano.

Écouter de la musique

Pour improviser, il est nécessaire d’avoir une sensibilité musicale déjà bien développée.

Normalement, c’est le cas. Car si vous souhaitez apprendre l’improvisation au piano, c’est que vous aimez déjà beaucoup la musique, que vous êtes un passionné. Mais il est bon de le rappeler : plus vous écouterez de musique, plus vous progresserez dans l’improvisation. Car l’improvisation n’est pas seulement une affaire de spontanéité.

L’inspiration ne vient pas seulement du dedans, des sentiments, des émotions internes, elle est le produit de ce que l’on écoute.

La musique des autres est la principale source, le principal matériau de l’inspiration et donc de l’improvisation.

Improviser, c’est en grande partie reprendre, consciemment ou inconsciemment, des motifs, des phrases musicales ou des ritournelles déjà entendus.

Connaître les bases de l’harmonie musicale

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on n’improvise pas au hasard. L’improvisation est un mixte entre liberté et contraintes.

On pourrait en dire de même pour toutes les formes de création. On ne crée jamais à partir de rien. Pour peindre un tableau original, il ne suffit pas d’être inspiré ou de laisser libre cours à son imagination. Si vous ne savez pas peindre, vous n’arriverez à pas grand-chose (vous pouvez quand même essayer).

Un peintre original est avant tout un peintre qui sait peindre, c’est-à-dire qui maîtrise la technique de la peinture. Au piano, c’est la même chose.

Si vous n’avez jamais pratiqué le piano ou que vous n’avez pas un minimum de bases en harmonie, le résultat de votre improvisation risque de n’avoir aucun intérêt. Il ne s’agit pas ici de faire un cours de piano complet sur l’harmonie musicale, mais simplement de rappeler les bases qui vous serviront à improviser. Vous pourrez demander de l’aide à votre professeur de piano !

Si vous débutez dans l’improvisation au piano, votre objectif consistera dans un premier temps à improviser en jouant une mélodie à la main droite et des accords à la main gauche.

La répartition Main droite/Mélodie et Main gauche/Accords n’est jamais aussi stricte que cela dans la musique. Plus vous progresserez, plus vous pourrez vous libérer de cette répartition très rigide des rôles.

Nous allons aborder successivement deux points :

  • Comment inventer une mélodie (sous-entendu : à la main droite) ?
  • Comment générer des accords qui « vont bien » avec la mélodie (sous-entendu à la main gauche) ?

Créer une mélodie au piano : principes de base

Il n’y a pas de recette magique pour créer une mélodie au piano. La mélodie est l’élément de la musique le plus libre, qui est le moins soumis à des contraintes. On verra tout à l’heure que les contraintes sont bien plus importantes quand il s’agit des accords (de la main gauche).

L’inspiration a la première place dans la création des mélodies. Comme nous le rappelions tout à l’heure, les mélodies ont deux sources :

Laissez place à l'improvisation en jouant du piano.

  • Votre état intérieur, vos affects, vos émotions, vos sentiments à un instant T. La mélodie, plus que tout autre élément musical, exprime l’âme de celui qui joue.
  • Les mélodies inventées par les compositeurs que vous écoutez. L’inspiration ne vient jamais de rien. Elle est produite par une sensibilité musicale qui découle elle-même d’une écoute attentive et récurrente de la musique (pas forcément de la musique pour piano d’ailleurs).

Pour inventer des mélodies au piano, le seul « prérequis » nécessaire, la seule connaissance à avoir est celle de la gamme.

Pour improviser une mélodie, il faut connaître la structure de la gamme dans laquelle vous improvisez et savoir comment jouer du piano. Une gamme est une suite consécutive de sept notes, séparées par des demi-tons (mi-fa par exemple) ou des tons (do-ré par exemple). Si vous êtes en Do majeur, la gamme sera : do – ré –mi –fa- sol – la- si – (do). Si vous êtes en Mi Majeur, la gamme sera : mi – fa# -sol# – la – si –do# – ré# – (mi).

Il existe au total douze gammes majeures et douze gammes mineures. Une mélodie utilise les notes de la gamme pour se déployer. Si vous improvisez une mélodie en Do majeur, vous pouvez utiliser les notes de la gamme de Do majeur : c’est-à-dire toutes les notes blanches, mais aucunes touches noires. Pour commencer, vous pouvez travailler l’improvisation sur la gamme de Do majeur uniquement.

La règle est la suivante : une mélodie est toujours rattachée à une gamme donnée, c’est-à-dire à un ensemble de 7 notes. Bien sûr, en Do majeur, il est possible d’utiliser des notes étrangères à la gamme de Do majeur, mais pour commencer il est préférable de n’utiliser que les notes de la gamme. Un conseil : une mélodie, en général, ne fait pas de grands-écarts. Si vous jouez : Do – Sol – Si – Ré – Fa – Si, la mélodie obtenue n’est pas très « belle », elle manque de cohérence, elle fait un peu « décousue ».

Dans une mélodie, la note qui suit ne doit pas être séparé de plus de trois ou quatre notes de la précédente. Bien sûr, là encore, il s’agit d’une règle qui peut être utile pour commencer mais qui, par la suite, pourra être transgressée. Pour pouvoir se libérer des contraintes musicales, il faut d’abord bien les comprendre et s’y plier.

Les accords de la main gauche : fondamentaux

Comment accompagner une mélodie (jouée par hypothèse par la main droite) avec la main gauche ? En utilisant des accords bien sûr. Les accords permettent d’enrichir la mélodie qui, seule, est un peu pauvre. Mais quels accords choisirent ? Plus précisément :

  • Comment faire pour que l’accord joué à la main gauche « aille bien » avec la mélodie à la main droite ?
  • Comment faire pour que les accords entre eux « s’accordent » entre eux (c’est le cas de le dire) ?

C’est l’harmonie musicale qui répond à ces questions. L’harmonie musicale désigne la science des accords et de leur enchaînement. L’harmonie musicale est assez récente. Au Moyen-Age, les musiciens avaient une vision surtout mélodique de la musique. Une musique comportait soit une seule voix (le chant grégorien), soit plusieurs voix, mais toutes mélodiques. La « science » qui étudiait la coexistence des lignes mélodiques dans un morceau donné était appelée le contrepoint.

Le contrepoint répondait à la question : comment faire en sorte que les différentes voix mélodiques dans un morceau aillent bien ensemble ? On ne parlait pas d’harmonie. La musique a ensuite évolué (à La Renaissance) : la voix supérieure (le soprano) est devenue indépendante des autres et la seule voix mélodique. Et l’harmonie musicale est née.

La place étant limitée dans cet article, on se limitera à rappeler quelques idées de base relatives à l’harmonie. Dans une gamme, on compte sept notes différentes, appelées aussi « degrés ». Si l’on prend la gamme de Do majeur, on a : do – ré –mi –fa- sol – la- si – (do). Sur chacune de ces notes, on peut construire un accord. Un accord est une combinaison de deux intervalles : une tierce et une quinte. L’accord de do par exemple est : do –mi – sol. L’intervalle do-mi est l’intervalle de tierce et l’intervalle do-sol est l’intervalle de quinte. L’accord de sol est : sol –si – ré.

Dans une gamme donnée, il y a sept accords différents, mais tous les accords n’ont pas la même importance. Les accords les plus importants sont ceux construits sur les degrés I, IV et V. C’est-à-dire, dans la gamme de Do majeur :

  • L’accord de Do majeur I: do-mi-sol (on parle d’accord de « tonique »).
  • L’accord de Sol majeur V : sol-si-ré (on parle d’accord de « dominante »).
  • L’accord de Fa majeur IV : fa – la –do (on parle d’accord de « sous-dominante »).

Vous pouvez commencer, pour vous initier à l’improvisation, par n’utiliser que ces trois accords à l’état fondamental. Alternez ces trois accords à la main gauche pendant que vous jouez une mélodie improvisée à la main droite. Essayez de trouver les combinaisons qui s’accordent le mieux entre elles. Vous verrez qu’en utilisant ces trois accords, votre improvisation ne sonnera jamais « faux ».

Ensuite, à mesure que vous vous familiarisez avec l’improvisation au piano, vous pourrez :

  • Utiliser les autres accords, en sachant que : l’accord II (ré-fa-la) est très proche de l’accord IV (deux notes communes). Il permet de varier l’accord IV. L’accord VII (si-ré-fa) est un accord diminué qui est très proche de l’accord V. L’accord VI a deux notes communes avec l’accord IV et l’accord I. Il peut donc servir à remplacer ces accords. Très important : l’accord III (en Do majeur : mi – sol-si) est très peu utilisé de manière générale. Il faut mieux éviter de l’utiliser.
  • Vous pourrez ajouter l’improvisation dans vos méthodes pour apprendre à jouer du piano.
  • Utiliser les accords à l’état renversé. Par exemple jouer : mi – sol –do à la place de do – mi –sol.
  • Utiliser une autre gamme que celle de Do majeur.
  • Moduler en passant, dans une même improvisation, d’une gamme à l’autre. La modulation a ses règles, mais malheureusement nous n’avons pas le temps de les aborder.

En conclusion, l’improvisation est une des meilleures façons d’apprendre à jouer du piano.

Et rappelez-vous, il n’y a pas d’âge pour commencer le piano !

 

Nos précédents lecteurs ont apprécié cet article

Cet article vous a-t-il apporté les informations que vous cherchiez ?

Aucune information ? Sérieusement ?Ok, nous tacherons de faire mieux pour le prochainLa moyenne, ouf ! Pas mieux ?Merci. Posez vos questions dans les commentaires.Un plaisir de vous aider ! :) (moyenne de 4,33 sur 5 pour 9 votes)
Loading...
Simon
SuperPROF et Digital Addict ♥ Véritable passionné du partage de connaissances et militant pour une meilleure transmission des savoirs !

Commentez cet article

avatar
Ordre:   Les plus récents | Les plus anciens | Les plus populaires
Guillaume
Invité
Guillaume

Super cet article. Du coup je suis curieux de lire un article sur les règles de modulations ! :)

wpDiscuz