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Élargir son ambitus en chant lyrique

De Philippe, publié le 12/07/2017 Blog > Musique > Chant > Comment Étendre sa Tessiture Vocale ?

Le vocabulaire employé par les musicologues et les mélomanes a parfois de quoi surprendre et désorienter…

Les termes utilisés chez les amateurs d’opéra italien ou encore d’opéras français paraîtront d’un hermétisme impénétrable aux jeunes accros à la musique moderne, et vice versa.

Pourtant, quelques efforts seulement suffiront à travailler sa voix et à saisir les principales notions du chant vocal.

Vaillance, puissance, volume, chaleur, colorature, clarté : autant de termes, parmi d’autres, parfaitement familiers aux choristes de plus d’un chœur ou chorale.

Aujourd’hui, arrêtons-nous sur la notion éminemment importante de tessiture de voix – nous pourrions aussi parler d’ambitus.

Surtout, tâchons de répondre à deux questions que se pose toute diva en herbe : peut-on agrandir le champ de sa tessiture et, si oui, comment ?

Interrogations d’autant plus importantes qu’elles ont également toute leur place dans le domaine de la variété ou de la musique moderne.

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Qu’est-ce que la tessiture d’une voix ?

Dans l’univers harmonique, les sons produits par les cordes vocales humaines sont mathématiquement classés en fonction de leur fréquence.

Naturellement, toute voix humaine est limitée et répond en grande partie à des critères innés : la chirurgie ne saurait produire chez n’importe quel néophyte, d’un claquement de doigts, une phonation digne d’un Luciano Pavarotti.

La tessiture renvoie tout simplement à l’amplitude des octaves ou, plus précisément, des notes que l’on peut émettre en chantant.

Avant de gagner en virtuosité ou en agilité vocale, il convient donc de connaître les rudiments du solfège, comme si l’on voulait faire du violoncelle, du hautbois, du cor, de la contrebasse, de l’accordéon, de la clarinette basse, de la trompette, de la guitare électrique, du trombone ou du saxophone alto.

Un déchiffrage agile vous sera utile plus d’une fois pour savoir comment chanter tel ou tel morceau.

Ce sera déjà bien d’être irréprochable côté tempo avant de se la jouer Kaufmann dans les Contes d’Hoffmann

Vocalement, une école de musique permet de perfectionner son éveil musical puis sa formation musicale. Technique vocale | Pas d’improvisation pour le coaching vocal : le travail régulier de la technique de chant avant tout | source : visualhunt.com

À partir de là, l’expérience mélodique nous montre qu’une voix évolue au cours d’une vie, et ce spécialement à certains moments phares de l’existence : mue de la puberté à l’origine de toute voix grave, ménopause coupant le vibrato du suraigu (c’est probablement la raison pour laquelle Natalie Dessay a abandonné plus d’un rôle-titre), etc.

À l’apogée d’une carrière (souvent entre 25 et 45 ans), trouver sa voix puis travailler sa voix sont deux gestes permettant de percer dans le milieu de l’opéra comique en agrandissant son ambitus pour jouer des rôles inédits.

La reine de la nuit dans La Flûte enchantée exige une maîtrise totale de la clef de fa, de même que seuls les ténors célèbres peuvent briller dans le Trouvère de Giuseppe Verdi ou les Noces de Figaro de Mozart.

Les principaux types de tessitures

Logiquement, le genre humain étant complémentairement partagé entre Mesdames et Messieurs, la musicologie distingue les voix de femmes de la voix rauque des hommes.

On distingue encore plusieurs catégories parmi ces deux voix.

Du très grave au plus aigu, les mâles se différencient par leur timbre de voix et par leur tessiture (l’étendue donnée est celle de base, admettant une infinité d’exceptions) :

  • la voix basse, du do1 au mi3 environ, essentielle à la polyphonie, illustreé par Don Pasquale de Gaetano Donizetti ;
  • le baryton, du la1 au la3, comme Marcello dans La Bohème de Puccini ;
  • le ténor, du do2 au ré4, au centre des principaux rôles de la rythmique symphonique (cf. Almaviva dans Le Barbier de Séville de Rossini) ;
  • le contre-ténor, au plus haut, comme dans plus d’un oratorio de Haendel et dans la musique baroque de Purcell (il y a quelque chose des voix de castrat).

Le sifflet de cette petite cage thoracique est souvent à couper le souffle, à l'opposé d'une basse-taille. Résonance | L’oiseau, ce soprano au naturel dont la voix de tête nous fait envie… | source : visualhunt.com

Chacun de ces groupes se subdivise lui-même en sous-familles spécifiques (baryton-basse, haute-contre, etc.), tandis que des Roberto Alagna et autres sont capables de jouer sur plusieurs tableaux sans la moindre fausse note.

Dans le même ordre, nous trouvons chez la femme (et les castrats ou enfants) :

  • l’alto ou contralto, cette voix allant du fa2 au fa4, à l’instar d’Erda dans L’Or du Rhin de Richard Wagner ;
  • le mezzo-soprano, pupitre sol2-si4, façon Carmen chez Bizet ;
  • la soprano, du do3 au do5, comme Brünnhilde dans le cycle wagnérien.

Quelques préalables dans l’art du chant…

Musicalement, pour réussir, et ce même en tant que chanteur moderne, mieux vaut avoir une belle voix – ce qui ne s’apprend guère.

De là, prendre des cours de solfège pour apprendre la musique est conseillé : d’abord parmi les instrumentistes, puis dans le chant choral, avec un coach vocal.

Son oreille musicale doit être travaillée sans relâche, parallèlement à l’étude des grands compositeurs de musique vocale : Beethoven, Britten, Gluck, Gounod, Rameau, Vivaldi…

Vous pouvez allumer votre autoradio sur France Musique, ou frapper à la porte des maîtrises de nos cathédrales si vous aimez la musique religieuse !

Les tablatures d'orchestration des basses électriques en polyphonique intéressent au premier chef et de façon homogène la vocalique des instruments transpositeurs. Plácido Domingo à Salzbourg | Caruso et Bartoli sont d’autres chanteurs de renom à connaître | source : Christian Michelides (commons.wikimedia.org)

Chanter juste est une condition sine qua non à remplir avant de songer à changer sa voix.

Cela passe aussi par une diction, une déclamation, une élocution sans faille, apte à faire vibrer, et à associer avec une respiration abdominale acoustiquement et physiologiquement maîtrisée pour une voix de poitrine en bonne et due forme.

S’entraîner à bien articuler, sans forçage, est aussi important pour la tragédie lyrique qu’une expiration parfaite.

La musculature des abdominaux et la justesse des fosses nasales (ayez une alimentation respectant leur cartilage) valent côté physiologie ce que peut être l’oreille absolue pour le virtuose du saxophone soprano.

En outre, il faut apprendre à avoir une présence scénique digne de ce nom en plus de sa tonalité chantante de même qualité.

Ce n’est qu’à partir de là que vous pourrez quitter l’atelier du chanteur pour entonner en public différents motets sous la direction d’un chef d’orchestre renommé au théâtre du Capitole, à l’Opéra national de Paris ou au théâtre des Champs-Élysées.

Il y a un fossé entre chanter do, ré, mi dans une opérette où le récitatif occupe une place de choix et se lancer dans le Requiem ou Lohengrin. Au milieu, nous trouverons l’opéra-bouffe, façon Orphée.

Savoir chanter plus bas

Dans tout art, il faut pouvoir procéder avec ordre.

Avant de chercher à gagner en hauteur, il faut asseoir ses bases : les graves, les médiums. Sans cela, ce sera la catastrophe : avis aux impatients, car il ne faut pas confondre progression et précipitation !

En allant trop vite, les aigus seront plutôt laids et fragiles, et votre voix ne cessera de bouger, pour le pire et jamais pour le meilleur…

Il faut en effet partir des « notes-mères » pour élargir sa gamme vocale de chaque côté et devenir peu à peu capable de prendre part à une représentation de la célèbre Tétralogie.

Ces acquis progressifs viennent en complément des exercices plus classiques. Un stage de chant peut être utile pour vous les révéler.

Le préalable, avant toute production musicale, reste l’échauffement vocal : échauffer le pharynx, la cavité buccale et tutti quanti vous évitera bien des désagréments, de modulation de la glotte aussi bien que de tendances à devenir aphone.

Il convient de boire beaucoup d’eau et d’éviter les produits laitiers, pour ne pas mettre en péril son milieu glottique.

Des exercices pour acquérir de l’aigu

Cours de musique, métronome, connaissance de la clé de fa et de la clé de sol : autant de prérequis à assimiler parmi bien d’autres pour corriger ses mauvaises habitudes et décrocher le prix d’un concours de chant.

L’amplitude vocale est commandée par le larynx, lequel doit toujours rester bas, ce qui est rendu possible grâce à un peu de décontraction.

Surtout, n’avancez jamais la mâchoire, ce qui équivaudrait à forcer. Chantez en restant détendu, y compris et surtout en clef de sol !

Parallèlement, la respiration intercostale basse et un corps bien droit sont le gage de sonorités aiguës réussies, sans bémol.

Travailler l’univers de la voyelle est nécessaire, autour des phonèmes de la devise impériale des Habsbourg : A.E.I.O.U. (« Austria est imperare orbi universo »).

C’est en fait aux cordes vocales de s’allonger et de s’étirer sans vraiment se séparer : il faut donc les muscler et les assouplir.

L’exo phare est d’imiter une vocalise « u » ou  bien « ou » en partant de votre registre grave et en remontant de demi-ton en demi-ton, en reproduisant toujours une fois la note précédente – aidez-vous éventuellement d’un clavier, à la manière d’un pianiste.

Il est important de chercher à mieux sentir ses cordes vocales, le phénomène vibratoire des nodules étant au cœur de l’intonation propre à la voce des stars.

Une variante, notamment préconisée par Inga Cvetinskay, est l’« exercice de l’ascenseur » : ici, le son retenu est celui d’un r roulé, et on monte en gamme d’un seul coup de manière continue, avant de redescendre, histoire de rester au diapason.

Cet exercice vocal contribue à l’allègement de votre ensemble vocal et permet de poser sa voix sans avoir recours à un orthophoniste.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert des résonateurs vocaux que sont les cordes vocales et la tête pour ne pas perdre votre temps et atteindre le do que vous désirez… !

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