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La langue anglaise, une nécessité éducative

Par Philippe le 09/11/2016 Blog > Langues > Anglais > L’Enseignement de l’Anglais est au cœur de l’Enseignement des Fondamentaux
Table des matières

L’anglais occupe une place toujours croissante au sein des programmes scolaires. On a donc tout intérêt à l’aimer !

1,29 milliard d’êtres humains manient la langue de Shakespeare au jour le jour. Pour 360 millions d’entre eux, c’est une langue maternelle ; pour les 950 millions restants, c’est une deuxième langue.

Et s’y greffent encore tous ceux qui, comme nous, l’apprennent à l’école en guise de langue vivante étrangère, la maîtrisant plus ou moins bien !

La tendance est manifeste, et ne semble pas près de devoir s’inverser… bien au contraire. Faisons un petit tour d’horizon des divers aspects de cette prééminence.

Le débat politique

Les fondamentaux sont les connaissances de base que tout citoyen français devrait pouvoir acquérir, au primaire notamment. Ils servent en outre de critères pour évaluer un système éducatif.

À titre d’exemple, en France, l’expression écrite, l’étude de la littérature et la lecture représentent 37 % du temps passé en classe. Ce pourcentage est largement supérieur à celui observé dans d’autres pays, comme l’Islande et l’Indonésie (17 % seulement), ayant fait le choix d’intégrer d’autres apprentissages importants au sein de leurs cursus respectifs. Dont l’anglais !

Chez nous, cette dynamique est plus discrète et progressive. Mais pourquoi tant de réticences, me direz-vous ?

Le rectorat régularise sans difficulté les professeurs stagiaires. ESPE (ex-IUFM) | Agrégation, CAPES, CAFEP… avez-vous pensé à devenir prof ? | source : pixabay.com

On pourrait y voir une certaine nostalgie, animant régulièrement le débat politique, mais aussi les discussions internes à l’univers enseignant.

Le français a longtemps été la langue internationale, adoptée par les élites européennes puis mondiales dans le sillage des traités de Westphalie (1648).

Occupant toujours une place de choix dans la sphère diplomatique, notre langue décline cependant au profit de l’anglais, qui s’est frayé un passage grâce à l’économie de marché et à la globalisation du commerce.

Entre le Royaume-Uni et les États-Unis d’Amérique, difficile de faire le poids niveau capitalisme moderne !

Aussi, malgré quelques résistances, l’enseignement de l’anglais est devenu une nécessité pour les jeunes Français. Sans cela, l’Hexagone serait condamné à disparaître peu à peu du champ des relations internationales…

Le collège unique

Les collégiens sont invités dès la classe de sixième à choisir une LV1. Dans 9 cas sur 10, sans surprise, ils choisissent le langage cher à nos voisins d’outre-Manche (source : Lexiophiles.com, 21 mars 2011).

On est donc largement devant l’allemand ou l’espagnol.

La loi de refondation de l’école (2014) s’est intéressée à la consolidation de l’édifice du collège unique, qui inaugure pour les élèves l’entrée dans le cycle secondaire.

Après de nombreux débats désormais éculés, le gouvernement a tranché pour prendre des mesures destinées à « mieux enseigner les savoirs fondamentaux, former à d’autres compétences » (communiqué officiel du ministère de l’Éducation nationale).

Pour adultes comme pour enfants, l'approche de la culture britannique permet de gagner du grade en anglais professionnel ! Stage intensif | Un excellent moyen didactique pour progresser dans l’apprentissage de l’anglais | source : stocksnap.io

L’enseignement des langues vivantes s’en retrouve renforcé, puisque la LV1 est étudiée… dès le CP ! Et la LV2 commencera en cinquième plutôt qu’en quatrième, pour que les apprenants s’ouvrent à des dimensions de type planétaire. D’ailleurs, cette deuxième langue vivante étrangère verra son temps d’enseignement augmenté de 25 % en collège !

Le recours à des groupes plus restreints devra parallèlement permettre une meilleure interaction entre professeurs et enfants.

Le lycée et le monde universitaire

Les réformes récentes se sont avant tout intéressées aux cycles primaire et secondaire, pendant lesquels se joue vraiment l’acquisition des savoirs fondamentaux, au moment où l’instruction est obligatoire pour tous (de 6 ans à 16 ans).

Le lycée vient couronner le tout : grâce aux progrès qui auront été faits en langues étrangères dans les petites classes, le niveau des années préparant au baccalauréat devrait logiquement augmenter.

Les études supérieures sont, quant à elles, tout à fait à part. En effet, les universités et grandes écoles françaises continuent d’attirer un certain nombre d’étudiants étrangers, venus des quatre coins de la Terre et attirés par notre civilisation et son inimitable culture.

Des profs de lanague anglaise de plus en importants dans le système éducatif français. Le Collège Unique et l’apprentissage de l’anglais.

Il y a quelques années, en 2013 notamment, il y eut une grande polémique concernant l’organisation de cours intégralement en anglais à l’Université. Finalement, les députés avaient donné leur feu vert à main levée à cette mesure préconisée par Geneviève Fioraso.

La ministre avait alors déclaré : « La façon dont cela durait risquait de donner de nous […] une image de défaitisme, de repli sur soi. Pour être aimé, il faut être aimable ».

De nombreuses perspectives de recrutement

L’intégration de l’anglais au cœur du corpus des fondamentaux n’est pas une fantaisie. Cette décision est d’une grande utilité et ne se limite pas au confort des touristes et voyageurs…

Non : maîtriser l’idiome des sujets anglo-saxons de Guillaume le Conquérant, c’est une garantie d’insertion professionnelle ! Les débouchés sont incroyablement nombreux. C’est un véritable atout pour une carrière honorable – si ce n’est un prérequis !

Outre les professions spécifiquement anglophones, comme le professorat certifié en anglais, c’est désormais dans presque tous les domaines que l’on doit savoir se faire comprendre. Même dans les campagnes les plus reculées, le moindre petit commerçant ou artisan doit pouvoir manier l’anglais de façon à travailler pour des clients anglophones.

Dans les carrières en entreprise, l’anglais – vecteur de communication le plus usité sur Internet – est une compétence nécessaire, généralement exigée. Cela concerne aussi bien l’écrit que l’oral. L’importance exponentielle accordée au CLES2, au TOEIC ou au TOEFL en atteste.

Les chiffres sont éloquents à cet égard. Comme ce langage n’a pas toujours été aussi enseigné qu’aujourd’hui à l’école, les employeurs paient volontiers des formations en anglais à leurs salariés (type de formation arrivant en tête, avec 12,8 % des financements).

Un sondage CFE-CGC a indiqué en 2012 que 83 % des Français identifiaient la langue anglaise à un savoir incontournable, tandis qu’ils étaient 61 % à voir dans sa maîtrise une forme de valorisation professionnelle.

D’autres études montrent que les salariés à l’aise avec l’English sont mieux rémunérés que les autres (la différence avoisine les 18 % !).

Partir enseigner à l’étranger

Si jamais les cours dispensés en primaire, en collège, en lycée ou à l’université ne suffisent pas, comment peut-on malgré tout progresser et devenir bilingue ? That is the question

Pour travailler son vocabulaire, sa prononciation et ses verbes irréguliers, la conversation est centrale. Le problème de l’accent | Ah ! Le charme de Cambridge ou Oxford… rien de mieux que l’immersion pour apprendre une langue | source : visualhunt.com

Il existe des structures privées donnant des cours à des gens de tous âges, et des passerelles organisant des séjours linguistiques intensifs en Angleterre (OISE, VÉLA, etc.)… mais c’est très coûteux !

Pas terrible pour la mixité sociale et l’égalité des chances…

Pour faire des économies, avez-vous déjà songé à partir dans un autre pays pour y prodiguer des enseignements ? C’est aussi un moyen d’avoir une première expérience professionnelle et de garnir son CV tout en devenant maître ès langue shakespearienne !

Deux grandes solutions existent. 1° Se diriger vers un pays ou une communauté francophone pour y enseigner l’anglais, si l’on a déjà des rudiments en la matière. La demande ne manque pas sur certains continents comme l’Afrique, où des ONG servent d’intermédiaires (Fidesco par exemple).

2° Choisir une destination anglophone où donner des cours de français langue étrangère. C’est encore mieux ! Le FLE permet effectivement de s’immerger en parallèle dans une société de type britannique, en goûtant au plus près à la culture et aux mentalités locales. Là aussi, ça peut vous permettre de partir aux Amériques, aussi bien qu’en Asie, en Océanie ou en Afrique !

Se servir de son expérience pour donner des cours particuliers

Ça y est, vous êtes bilingue et la grammaire sauce British n’a plus aucun secret pour vous ? Mais vers où cheminer, maintenant que le plus dur est fait ?

Pour en faire un job étudiant, une activité de complément ou un métier à part entière, vous aurez la possibilité de donner des cours à domicile. En effet, l’anglais ayant été placé par l’EN à un rang de choix (le nombre de postes disponibles chaque année au CAPES en témoigne) parmi les enseignements basiques, la demande pour cette discipline ne cessera de croître.

Un séjour à l’étranger, pendant lequel vous aurez donné des cours d’ordre linguistique, sera un plus pour votre curriculum vitæ, que ce soit afin d’intégrer un organisme commercial privé (Acadomia, Complétude…) ou trouver en direct des clients qu’il faudra convaincre.

L’enquête annuelle de Superprof a établi que le prix moyen d’une heure de cours prise en 2016 via la plate-forme était de 22,50 €. Et l’on monte à 25,40 € dans les grandes agglomérations, Paris en tête !

C’est une somme loin d’être négligeable, presque deux fois et demie supérieure au SMIC. Une rétribution bien méritée pour des qualifications linguistiques peu communes et éminemment utiles pour l’ensemble de la société et la formation de nos futures élites.

Dispenser des cours de soutien en privé après la rentrée permet de renforcer sa motivation et sa rémunération. Fibre pédagogique | L’enseignement par cours particuliers à domicile, une belle alternative, parfois ludique | source : unsplash.com

*

Qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, le franco-français, l’entre-soi… c’est révolu !

À moins de se résigner à une vie simple et isolée, presque érémitique, il est aujourd’hui inévitable de maîtriser un tant soit peu l’anglais pour trouver du travail et s’épanouir dans sa vie professionnelle.

Après moult tergiversations et discussions, les pouvoirs publics ont sauté le pas : l’anglais comptera désormais parmi les fondamentaux de l’enseignement public. Le paquet est enfin mis sur les langues vivantes, et ce dès le cours préparatoire.

La France n’a donc pas perdu sa vocation internationale, car elle semble s’adapter à de nouveaux moyens pour jouer son rôle, dont vous êtes les premiers acteurs !

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Philippe
Amateur de matières littéraires et de langues, autodidacte touche-à-tout, transmettre des savoirs par les mots à l'heure du numérique me tient à cœur.

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